Albums

La reine des fourmis a disparu

lareinedesfourmisadisparuAuteur : Fred Bernard
Illustrateur : François Roca
Éditions Albin Michel Jeunesse – 15 €
42 pages – Novembre 2016
Première publication en 1996

Synopsis :

« On a enlevé notre reine ! » Ce cri résonne dans ma tête comme dans celle de milliers de fourmis et dans les galeries de la fourmilière. Notre reine, notre mère à tous, a disparu dans l’épaisse forêt tropicale qui nous entoure. Autant chercher une aiguille dans une meule de foin, dira-t-on ! Et c’est moi, Mandibule de savon, qui suis chargé de l’enquête. Je suis à la fois détective et représentant de la loi de la jungle au sein de la tribu des fourmis rouges. Ma mission : mettre la patte sur celui et celle qui a enlevé notre très chère reine pendant la nuit.

Avis personnel :

La reine des fourmis a disparu ! Ou plutôt, elle a été enlevée ! Mandibule de Savon, en tant que détective et représentant de la loi de la jungle au sein de la tribu des fourmis rouges, est chargé de l’enquête. Secondé par un jeune assistant : Elytre de Lait, surnommé Elie, les voilà partis pour résoudre ce mystère avec un seul indice : un poil long et clair. A qui peut-il bien appartenir ? Ils interrogent divers animaux de la jungle, bravant moult dangers. Mandibule ne recule devant rien pour retrouver la reine, car la vie de la fourmilière en dépend. Elie l’admire beaucoup, un peu trouillard mais très savant, il le prend pour modèle.

Les fourmis travaillent inlassablement sans se poser de questions. Elles accumulent des milliers de vivres dans les réserves et des brindilles pour la construction de la fourmilière. Tout à coup, je remarque que certaines d’entre elles transportent d’étranges choses. Je m’élance et cours le long de la colonne, remontant le courant des ouvrières qui traînent des petits objets inconnus.

A la suite d’un nouvel indice, Mandibule et Elie sont amenés à sortir de la forêt. Ils s’aventurent en terre inconnue et découvrent des choses étranges qu’ils perçoivent comme menaçantes. Le monde des hommes est dépeint de manière effrayante pour les fourmis et il semble inhospitalier. Les marques de la civilisation humaine sont présentes à travers des déchets (mégots de cigarette, canettes jetées…) ou des traces de véhicule comparées à des cicatrices. Les choses nouvelles ressemblent à des monstres morts (un avion froid et menaçant) et le contact des hommes est désastreux pour les animaux.

J’avais complètement oublié qu’au contact des hommes, les animaux perdent peu à peu l’usage de la parole ! J’en profite pour expliquer à Elie comment un animal domestique relâché dans la nature est incapable de communiquer avec les autres animaux. Il se laisse bien souvent mourir de tristesse et de faim.

Les fourmis continuent leur enquête et découvrent des animaux captifs dans l’avion. S’envolant avec lui, ils arrivent dans un musée sinistre où les animaux sont étrangement silencieux. A travers cette enquête, l’album aborde divers sujets tels que la vie des animaux ou l’exploitation humaine. Tout un écosystème est menacé par la cupidité des hommes. Tout en étant critique de la civilisation, l’album met surtout en avant le format enquête qui permet de faire participer le lecteur qui élimine les coupables potentiels en même temps que les deux détectives. La narration est réalisée à la première personne avec Mandibule racontant leurs aventures. Le lexique utilisé est plutôt riche, avec des mots parfois compliqués pour les plus jeunes, et beaucoup de descriptions. Le ton est plutôt distancié, tout en étant humoristique.

Il m’avoue aussi que, sans moi à ses côtés, il serait mort de peur depuis longtemps. Il trouve que je suis un détective formidable. Il est très bien, ce petit !

Les illustrations prennent une page entière, voire une double-page lors de certaines révélations ou moments importants. Elles sont très réalistes, notamment en montrant la taille des fourmis par rapport à leur environnement. Elles ne prennent toujours qu’un petit morceau de l’image. Les points de vue changent aussi selon le propos raconté, avec notamment des plongées et contre-plongées très réussies.

En résumé :

Une enquête palpitante menée tambour battant par deux fourmis rouges que rien n’arrête !

Publicités
Albums

« Ouf, ce n’était qu’un mauvais rêve ! »

Baku le mangeur de rêves de Fabien Doulut

bakouvEditions Picquier Jeunesse – 16 €
40 pages – Octobre 2016

L’auteur :

Fabien Doulut dessine ses œuvres au crayon, plus ou moins gras en fonction de l’intensité voulue, et à la graphite aquarellable. Une fois les images numérisées, il les corrige et les colorise en infographie.

Synopsis :

Baku le mangeur de rêves possède le corps d’un ours, la trompe d’un éléphant, les yeux d’un rhinocéros, la queue d’une vache, les pattes d’un tigre.
C’est un des plus terribles yokaï, ces créatures fantastiques de la tradition japonaise.
Si tu ne veux plus jamais faire de cauchemars, écoute l’histoire de Toyo le petit orphelin qui réussit à apprivoiser Baku le mangeur de rêves.

Avis personnel :

Je regarde assez régulièrement les sorties des éditions Picquier, maison spécialisée dans la littérature asiatique, mais j’avais raté la sortie de cet album jeunesse que j’ai toutefois pu lire grâce à la masse critique de Babelio.

L’histoire de cet album explore la limite entre rêve et réalité. Toyo fait des cauchemars et ne peut dormir à cause d’eux comme de nombreux habitants de son lieu d’habitation. Divers yokaï peuplent leurs rêves, la plupart très effrayants. Toyo se montre courageux et part à la recherche de Baku, ce yokaï qui aspire les cauchemars. Il espère ainsi rétablir les nuits de sommeil pour tous.

Je le donne à Baku. Je le donne à Baku. Je le donne à Baku. Et souffle trois fois…

Le folklore japonais est abordé à travers les yeux d’un petit garçon chétif et sensible mais aussi persévérant. C’est une histoire simple et poétique, dans laquelle le lecteur s’immerge facilement. Il est à regretter un manque d’informations dans l’histoire sur les yokaï dont Baku mais le récit est surtout centré sur l’aventure – le rêve ? – d’un petit garçon.

Les illustrations accompagnent à merveille le texte de l’album. Dans des tons rouges-orangés, elles rappellent le crépuscule. Les yokai peuvent faire peur sauf Baku qui possède des traits doux. Les illustrations fourmillent de détails et prennent des pages entières. Elles correspondent au texte tout en ajoutant parfois quelques détails humoristiques. La couverture est superbe et concorde parfaitement avec l’album.

Pour consulter quelques pages, c’est sur le blog de l’auteur.

En résumé :

Un bel album sur l’aventure d’un petit garçon dans un univers onirique japonais.

Commander cet album ?

Albums

« J’aimerais follement savoir quel goût ça a, le chat ! »

Le tigre et le chat de Eitaro Oshima

tigrechatEditions l’école des loisirs – 13,70 €
34 pages – Mai 2011
Titre original : Mukashi Mukashi Tora To Neko Wa
Traduit du japonais par Nadia Porcar

Synopsis :

Pourquoi les tigres ne savent-ils pas grimper aux arbres ? Pourquoi les tigres et les chats ne s’aiment-ils pas ? Pourquoi les chats préfèrent-ils vivre parmi les hommes plutôt qu’au fin fond des forêts ? Tout cela, et bien d’autres choses encore, vous l’apprendrez dans ce conte traditionnel venu de Chine.
Il était une fois, dans la montagne, un grand tigre bêta et maladroit qui ne savait pas chasser et un petit chat agile, habile, qui capturait beaucoup de gibier. Un beau jour, le tigre alla trouver le chat…

Avis personnel :

Cet album est adapté d’un conte traditionnel chinois. Les deux protagonistes sont des animaux humanisés pour les rendre plus facilement identifiables. Le tigre est un peu bête et il ne sait pas chasser. Au contraire, le chat est un expert dans ce domaine. Le tigre va alors lui demander son aide pour apprendre à devenir un chasseur efficace comme lui. Bien qu’un peu ennuyé par cette demande, le chat accepte de l’aider. Commencer alors un long apprentissage qui nécessitera beaucoup de courage et d’efforts. Si l’album en était resté là, il aurait été seulement axé sur la valeur de l’effort dans l’apprentissage et que si l’on s’entraîne durement, on peut atteindre son objectif. Après cet entraînement intensif, le tigre est devenu un bon chasseur puisque le chat lui a appris toutes ses techniques. Il veut alors le manger mais le chat est plus malin que lui et avait prévu une échappatoire. L’album met alors en avant la ruse.

Le tigre apparaît comme un rustre un peu balourd notamment dans son expression. Il se pense supérieur aux autres et tutoie son maître. Au contraire, le chat fait preuve de respect envers son élève car il le vouvoie. Cela est montré dans la traduction par le tutoiement/vouvoiement alors que le japonais possède plusieurs niveaux de langue. Je ne sais pas quels niveaux sont utilisés dans la version originale mais il est à supposer que la différence est aussi marquée.

Les illustrations sont très belles. Les animaux sont très réalistes et les postures tant animales qu’humaines bien réalisées. Les vêtements semblent toutefois un peu étranges sur eux. Les couleurs sont dans l’ensemble plutôt chaleureuses avec un ton d’ensemble ocre rougeâtre. Les arrières plans sont simples pour mettre en évidence les protagonistes.

En résumé :

Un très bel album tant par son histoire que par ses illustrations.

Commander cet album ?

Albums

« Je connais les chemins qui conduisent là-bas… »

L’arbre farceur de Chae Strathie (auteur) et Poly Bernatene (illustrateur)

arbrefarceurEditions Chocolat ! Jeunesse – 14 €
32 pages – Mai 2014 – 25×25
Titre original : The Tickle Tree
Traduit de l’anglais par Raphaël Baud

Synopsis :

Voilà un nouveau petit voyage dans un monde étrange et magique comme on en traverse en rêve, ou dans certains albums «Chocolat»… Un monde peuplé de géants, d’arbres farceurs, de krakens et de gâteaux grincheux, décrits en vers sous la plume de Chae Strathie, et qui prennent vie sous les pinceaux du talentueux Poly Bernatene. Un monde tout en légèreté et en poésie, pas si inaccessible que ça pour les rêveurs…

Avis personnel :

Ce qui m’a en premier lieu attirée chez cet album, c’est sa couverture. Le mélange des couleurs bleutées et orangées crée un paysage de nuit envoûtant. L’intérieur est tout aussi beau. L’illustrateur semble utiliser des crayons pastels pour réaliser ses dessins. Les teintes sont plus ou moins sombres selon le rendu souhaité. Ainsi les vues de nuit sont réalisées avec des couleurs foncées mais chaudes (bleu/rouge) tandis que d’autres paysages sont très clairs comme celui d’un jardin avec un vert éclatant.

Je vous laisse contempler ces illustrations par vous-même.

l-arbre_farceur_Page_1

l-arbre_farceur_Page_4

Le texte, poétique, m’a toutefois moins charmée. L’auteur joue avec les rimes et des phrases courtes pour plaire à un lectorat enfantin. La première partie du livre pose des questions pour inviter les lecteurs à se questionner sur des lieux fantastiques tandis que la seconde partie révèle ces innombrables lieux.

As-tu déjà sauté d’un bond jusqu’aux étoiles ?

Cet album montre des endroits et des créatures merveilleux accessibles à tous…en rêvant ! Un médium agréable pour appréhender l’heure du coucher.

En résumé :

Un album avec de superbes illustrations et un texte poétique court pour que les enfants découvrent l’univers du rêve.

Commander cet album ?