« Son rire résonne encore, et la mort n’est rien pour lui. »

Fukushima – Récit d’un désastre de Michaël Ferrier

Herbes de l’été
Des valeureux guerriers
La trace d’un rêve

fukushimaEditions Folio – 6,95€
Février 2013 – 309 Pages

Quatrième de couverture :

« On peut très bien vivre dans des zones contaminées : c’est ce que nous assurent les partisans du nucléaire. Pas tout à fait comme avant, certes. Mais quand même. La demi-vie. Une certaine fraction des élites dirigeantes – avec la complicité ou l’indifférence des autres – est en train d’imposer, de manière si évidente qu’elle en devient aveuglante, une entreprise de domestication comme on en a rarement vu depuis l’avènement de l’humanité. »

Michaël Ferrier était à Tokyo quand tremblements de terre et tsunamis ravagèrent le Japon. Il décrit la peur, le littoral dévasté, recueille le récit des témoins et victimes. Avant de partir vers la zone interdite et de tenter de cerner les causes et les responsabilités de la catastrophe nucléaire.

Avis personnel :

Je tiens tout d’abord à remercier Livraddict et les éditions Folio pour ce partenariat.

Vendredi 11 mars 2011, en début d’après-midi, la vibration des fenêtres. Quelque chose s’ouvre, grogne, frémit, demande à sortir.

Le vendredi 11 mars 2011, un violent séisme de magnitude 8,9 a touché le Japon. Il a provoqué par la suite un puissant tsunami. Les secousses ont ravagé de nombreux bâtiments mais ont aussi détruit des centrales nucléaires. Et surtout, il y a les milliers de blessés, disparus et morts.

En demandant ce partenariat, je voulais avoir une meilleure vision de cet événement à travers quelqu’un qui l’a réellement vécu. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais le récit mêle avec brio style littéraire et données scientifiques pour livrer un puissant témoignage. Malgré ce sujet difficile, j’ai trouvé ce livre passionnant.

Le livre est séparé en trois parties. Dans la première, intitulée Le manche de l’éventail, l’auteur expose ce qu’il a vécu. Le séisme initial qu’il a ressenti puis les répliques infinies qui ont succédé. Dans la deuxième partie, il part avec son amie Jun aider des personnes dont les villages ont quasiment disparu. Ils écoutent aussi ce qu’ils ont vécu ce qui donne son titre à cette partie : Récits sauvés des eaux. Finalement, la dernière partie, La demi-vie, mode d’emploi, évoque le désastre de Fukushima. L’auteur prône un discours anti-nucléaire bien argumenté tout en n’imposant pas son point de vie.

Le récit se construit parfois sous forme de fragments, entre retours en arrière et anticipation. Avec un récit à la première personne, Michaël Ferrier s’attache immédiatement le lecteur. On est accroché à chaque mot, tournant rapidement les pages pour savoir la suite. La narration est efficace tout en étant poétique. L’auteur mêle références classiques françaises et japonaises. Les descriptions sont très précises et les dialogues vivaces. On a l’impression de vivre les événements et de ressentir les sentiments des personnes interrogées même si l’on ne pourra jamais réellement comprendre ce qu’elles ont vécu.

On peut aussi voir la construction du récit sous la forme d’une enquête. Michaël Ferrier par à la recherche des informations et celles-ci sont parfois difficiles à trouver. Il y a le silence du gouvernement qui l’impose aux personnes travaillant dans une centrale nucléaire et risquant leur emploi si elles divulguent un renseignement. Il y a aussi les victimes qu’on met à l’écart. Ces personnes qui se sont retrouvées à portée de radiations que l’on refuse dans des hôpitaux par peur de la contamination. Ces personnes qui ont tout perdu et qui ne reçoivent pour le moment que peu d’aide. Ces personnes qui ne savent pas de quoi leur lendemain sera fait. Mais il y a aussi ceux qui profitent de chaque instant et envisagent l’avenir avec une certaine sérénité. Comme ce vieil homme qui se lève tôt pour admirer le lever du soleil et profiter du calme. Comme cette jeune femme qui nettoie avec application des photos retrouvées dans des décombres. Cette humanité est belle. Malgré toutes les catastrophes, il reste une chose simple mais essentielle : la vie.

En résumé :

A travers un récit très réaliste, Michaël Ferrier fait vivre au lecteur les événements de ce désastre.

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