Erec et Enide de Chrétien de Troyes

Erec et Enide de Chrétien de Troyes

Editions Le livre de Poche – 534 Pages
Traduction de Jean-Marie Fritz

Quatrième de couverture :

Premier roman du premier grand romancier français, Erec et Enide (vers 1170) met pour la première fois en scène le roi Arthur et les chevaliers de la Table Ronde. Cette œuvre si déterminante pour l’évolution du roman médiéval nous étonne par sa diversité : roman d’aventures autant que roman d’amour ; roman merveilleux et roman courtois ; roman enfin de la Joie d’un couple qui devient la Joie de tout un royaume à Brandigan, puis à Nantes.

A partir d’un manuscrit bourguignon, cette édition fait appel à l’ensemble de la tradition manuscrite d’Erec et restitue le texte dans son intégralité.

Avis personnel :

Erec et Enide est le premier roman de Chrétien de Troyes. Il a été rédigé en ancien français et comporte environ 7000 vers. Plusieurs manuscrits existent apportant ainsi de légères différences de transcription. La version rédigée par Jean-Marie Fritz utilise un manuscrit bourguignon, nommé B.N. FR. 1376 (cela signifie qu’il est trouvable à la Bibliothèque nationale de France), tout en s’appuyant sur d’autres manuscrits. J’étudie cette œuvre dans plusieurs cours, certains portant sur la langue (l’ancien français) et d’autres s’intéressant plus à l’histoire même si les deux sont indissociables.

Le texte est divisé différemment selon les critiques. Personnellement, je retiendrai une structure bifide. Erec, fils du roi Lac (possédant un grand royaume), est un chevalier à la cour du roi Arthur. Un jour, alors que le roi Arthur part à la chasse au cerf blanc, Erec tient compagnie à la reine Guenièvre sur le chemin. Ils croisent un groupe composé d’un chevalier, d’une jeune fille et d’un nain. Figure typiquement mauvaise, ce dernier attaque la suivante de la reine ainsi qu’Erec. Souhaitant se venger, Erec se lance à leur poursuite. Après diverses péripéties et affrontements, le chevalier fera la rencontre d’Enide et l’épousera. Tous les deux vivent alors en parfaite harmonie et passant leur temps au lit.

La deuxième partie débute lorsqu’Enide fait part à son époux d’une rumeur circulant. Erec est accusé d’être lâche. Ce dernier, n’acceptant pas ce reproche, décide de partir en quête. Il part seulement avec Enide à qui il interdit de prononcer le moindre mot sans qu’il s’adresse à elle. La jeune femme tente de respecter la décision d’Erec mais ne peut que prévenir son époux des différents ennemis les attaquant. Erec combat vaillamment une multitude d’adversaires et prouve ainsi sa valeur. Des épreuves plus durent que d’autres l’attendent. Et si vous souhaitez savoir si les deux héros se réconcilient, il vous faudra lire ce roman !

Texte datant du Moyen-Age, on n’échappe pas aux multiples répétitions, que ce soit par la narration où une phrase peut être répétée trois fois en seulement quelques vers ou par les aventures du chevalier se reproduisant plusieurs fois. Malgré ça, pour qui aime les textes de ce genre, le texte se lit très facilement. La traduction est fidèle au texte original. Celui-ci est à préférer pour la sonorité des vers et leurs rimes mais difficilement accessible si on n’a pas étudié l’ancien français.

J’ai apprécié de découvrir la plume et l’imagination de Chrétien de Troyes et ce livre ne sera pas le dernier que je lirai de cet auteur. J’apprécie énormément la littérature médiévale, particulièrement tout ce qui est en lien avec le monde arthurien.

En résumé :

Une aventure plaisante qui met en scène un amour idéal tout en gardant des valeurs guerrières sous la figure d’Erec.

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Tristan et Iseult

Tristan et Iseult

Editions Le Livre de Poche – 256 Pages
Version en français moderne de René Louis

 

Quatrième de couverture :

Tristan conduit Iseult la Blonde vers son futur époux, le roi Marc. A bord du navire, avant que les côtes de Cornouaille ne soient en vue, ils boivent un philtre qui les unit l’un à l’autre, pour trois ans, d’un amour indissoluble. Mais les noces d’Iseult et du roi seront célébrées et de l’amour les amants ne connaîtront que la souffrance.

Racontée mille et une fois, cette vieille légende celte s’était déformée. S’inspirant des manuscrits du XIIè et XIIIè siècle, René Louis a rendu à ce conte sauvage, bercé par la mer et le vent de la forêt, la force de ses origines. L’intrépide Iseult n’a jamais été la victime d’un sortilège, elle boit le vin herbé de son plein gré, pour se donner tout entière à l’amour. Et Tristan, « héros invincible et tueur de monstres » est vaincu non par le destin mais par la femme aimée à laquelle il sacrifie sa vie.

Avis personnel :

Qui ne connaît pas la légende de Tristan et Iseult ? Elle a donné lieu à de nombreux écrits tout au long du Moyen-Age. Les différents auteurs réécrivaient cette légende ou plaçaient un épisode au milieu de leurs aventures pendant le règne du roi Arthur.

Tristan et Iseult, c’est en premier lieu un amour tragique. Deux amants s’aimant par dessus tout et finissant par mourir à cause de cet amour. Mais ce n’est pas seulement cela. Leur vie est pleine de joies, de souffrances et de péripéties.

L’édition de René Louis compile toutes ces différentes légendes pour les réunir en une seule histoire. Il y a de multiples répétitions mais ceci est propre à la littérature de cette époque, qui était généralement orale.

Ce roman raconte les aventures de Tristan – et donc d’Iseult. La mère de Tristan, Blanchefleur, meurt après l’avoir mis au monde. Quelques années passent avant que son père Rivalen ne meurt lui aussi, tué à la guerre. Tristan, accompagné de son fidèle Gorneval, s’en va rejoindre le roi Marc, son oncle, et se met à son service. Tristan accomplit divers exploits et sauvegarde le royaume de son oncle en tuant le géant Morholt. Malheureusement, il se fait blesser mortellement par celui-ci. Il sera soigné et donc sauvé par Iseult et sa mère. Après diverses péripéties, il ramène la jeune fille au roi Marc pour que celui-ci l’épouse. Mais pendant la traversée, Tristan et Iseult boivent un filtre magique qui les font tomber amoureux l’un de l’autre pendant trois ans sans qu’il leur soit possible de se séparer. Malgré tout, Iseult se marie au roi Marc. S’ensuit alors une relation secrète – pas tant que ça avec les nombreux jaloux de la cour du roi Marc qui veulent à tout prix faire bannir Tristan à tout jamais. Les deux amants vivent de nombreuses aventures tout au long du récit sans que jamais leur amour ne faiblisse.

C’est une légende que j’apprécie beaucoup et qui est bien retranscrite. La traduction du roman est fidèle au style répétitif et moyenâgeux de l’ancien français mais cela n’enlève rien au charme de ce mythe.

En résumé :

Un couple mythique magnifique conté !

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