« Tu es une espionne de l’école ? »

Tonari no Kaibutsu-kun de Robiko

Tonarinokaibutsukun-01-kodanshaTraduction du titre : Le garçon d’à côté
Série terminée – Shôjo
13 tomes parus au Japon
Editeur VO : Kôdansha
Prépublication : Dessert
Publié en France par Pika

Avis personnel :

Alors ce manga, c’est un de mes coups de cœur de 2012 ! [Oui, cette chronique date.] Découvert par hasard, j’ai tout de suite adoré. J’ai tout d’abord commencé de visionner l’anime qui est en cours de production avant de m’intéresser au manga. Les deux supports sont similaires bien que présentant quelques légères différences mais tous les deux sont très réussis. J’aime beaucoup les dessins qui jouent beaucoup sur le contraste blanc/noir. Les traits sont très précis et les expressions bien dessinées.

Shizuku Mizutani est une jeune fille qui ne se préoccupe que de ses études et qui ne s’intéresse pas aux autres. Son voisin de classe est Haru Yoshida mais elle n’a jamais pu le rencontrer puisqu’il s’est fait exclure pour violence dès le premier jour de classe. Un jour, elle est envoyée par son professeur pour lui donner des notes de cours et l’informer qu’il doit impérativement revenir sous peine d’être définitivement exclu. Haru la prend d’abord pour une espionne avant de décider qu’ils sont désormais amis. Voilà Shizuku entraînée malgré elle dans plein d’aventures !

Haru, ah Haru, quel personnage ! Se faisant sans cesse exclure de l’école, il n’a pour le moment quasiment jamais fréquenté une classe et donc des camarades. Se montrant violent, faisant peur avec une expression plutôt glaciale, il ne souhaite en réalité que devenir un adolescent comme les autres. Il est très innocent et il ne connaît pas grand chose à la vie à part ce qu’il a lu dans les livres ou à la TV. Il y a des scènes parfois un peu violentes puisque Haru est un personnage qui s’emporte facilement au début mais qui va apprendre à se contrôler. Shizuku va lui permettre de s’ouvrir aux autres et de se faire des amis. Très intelligent, ayant appris seul au lieu d’aller à l’école, il est largement en avance sur ses camarades ce qui a le donc d’exaspérer Shizuku qui se bat pour la première place. Cette dernière est concentrée uniquement sur ses études mais Haru va lui faire découvrir d’autres choses comme l’amusement, les amis et l’amour. Elle a un avis très tranchant et dit la vérité sans penser que cela peut offenser certaines personnes. Ce couple évolue à son rythme, chacun disant franchement ce qu’il pense mais avançant lentement. Ils sont parfaits l’un pour l’autre, ils découvrent qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre et ils parviennent aussi à s’ouvrir aux autres. Leurs sentiments ne sont pas toujours très clairs (il s’agit plus de dépendance pour Haru) mais ils deviennent de plus en plus forts.

Haru & Shizuku

Haru & Shizuku

Il y a aussi beaucoup de personnages secondaires qui prennent plus d’importance au fur de l’avancée des tomes. Ils sont tous intéressants et apportent quelque chose de différent. Kenji Yamaguchi, dit Yamaken, est un ami d’enfance de Haru mais ils n’ont jamais été très proches. Yamaken profite plus d’Haru qu’il ne le considère comme son ami mais cela va changer lorsque Shizuku l’affrontera. Il a une très haute estime de lui-même, il est intelligent, beau et sa famille est riche. Il traîne avec une bande de garçons peu recommandables en apparence (mais pas trop non plus lorsqu’on les connaît aussi). Il s’éprend de Shizuku mais il ne se montre pas très adroit. Il l’aide souvent dans sa relation avec Haru bien malgré lui. Il a aussi un sens de la direction très mauvais ce qui le met souvent dans des situations comiques. C’est un personnage qui me plaît bien. Je ne citerai que deux autres personnages, camarades d’Haru et de Shizuku. Asako Natsume est une jolie jeune fille mais au caractère un peu excentrique. Populaire avec les garçons, elle a été tyrannisée par ses camarades de classe. Elle n’a pas ami excepté sur Internet et elle redoute les garçons. Du fait des caractères particuliers d’Haru et Shizuku, elle arrive à se rapprocher d’eux et les considère comme des amis vraiment très précieux. Elle soutient sans faille son amie Shizuku dans sa relation avec Haru. Sōhei Sasahara, dit Sasayan, joueur de softball, est un garçon très populaire. Il fréquente particulièrement les membres du club de softball mais se rapproche peu à peu de groupe formé par Haru, Shizuku et Asako. Il fait attention aux autres et possède une présence réconfortante. Il y en a encore bien d’autres mais ce sera à vous de les découvrir !

Tout ce petit monde évolue dans un contexte scolaire. Les scènes se passent souvent à l’école, des sorties après les cours ou au domicile d’Haru où son cousin possède une salle pour jouer au softball. Il y a aussi des sorties pour les vacances où Haru, Shizuku, Asako et Sasayan se retrouvent pour s’amuser. Il y a souvent d’autres personnes avec eux comme le bande de Yamaken. Le manga ne se concentre pas que sur le couple Haru et Shizuku bien que ce dernier en soit le centre. Les protagonistes sont souvent vus seuls ou avec d’autres personnages et il y a des histoires alternatives avec des personnages plus secondaires.

En résumé :

Un manga excellent ! Les personnages sont atypiques et intéressants, les histoires sont variées et les dessins sont agréables.

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« Cette lettre avait pourtant pour but d’effacer mes futurs regrets. »

Orange [Tome 1] de Ichigo Takano

Je ne veux surtout pas connaître mon futur.

orange1Titre original : Orange Editions Akata – Seinen Série en cours – 3 tomes parus Editeur VO : Shûeisha puis Futabasha

Quatrième de couverture :

Un matin, alors qu’elle se rend au lycée, Naho reçoit une drôle de lettre… une lettre du futur ! La jeune femme qu’elle est devenue dix ans plus tard, rongée par de nombreux remords, souhaite aider celle qu’elle était autrefois à ne pas faire les mêmes erreurs qu’elle. Aussi, elle a décrit, dans un long courrier, les évènements qui vont se dérouler dans la vie de Naho lors des prochains mois, lui indiquant même comment elle doit se comporter. Mais Naho, a bien du mal à y croire, à cette histoire… Et de toute façon, elle manque bien trop d’assurance en elle pour suivre certaines directives indiquées dans ce curieux courrier. Pour le moment, la seule chose dont elle est sûre, c’est que Kakeru, le nouvel élève de la classe, ne la laisse pas indifférente…

Avis personnel :

Voici un titre que j’avais repéré depuis longtemps et qui a été à la hauteur de mes espérances !

Naho reçoit un jour une lettre écrite par elle-même mais…venant du futur ! Elle ne peut tout d’abord pas y croire mais lorsque les événements se passent comme ce qui est décrit dans la lettre, elle la considère autrement. La Naho du futur lui demande de changer des actions pour qu’elle n’ait plus de regrets.

Naho est une lycéenne aimable et appréciée mais elle s’efface souvent devant les autres. Sa rencontre avec Kakeru la pousse à changer. Ce dernier est le nouvel arrivant au lycée. Beau et mystérieux, il se lie rapidement d’amitié avec la bande d’amis de Naho. Il comprend cette dernière et l’aide à s’affirmer. Si Naho ne suit pas toujours les recommandations de la lettre, elle commence à prendre courage pour le faire. Mais est-ce que les actions de la Naho du présent changeront le futur ?

Ca veut dire que l’avenir aurait déjà été modifié ?

Le groupe d’amis de Naho est composé de quatre autres personnes qui ne sont pas encore tous très développées. Azu est une fille jolie et toujours joviale. Takako est discrète mais a du caractère. Hagita a toujours l’air sérieux. Suwa est certainement le plus exubérant du groupe mais c’est aussi lui qui le soude.

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Pour le moment, il n’y a que des relations d’amitié dans cette bande d’amis mais des relations amoureuses s’entrevoient. Surtout que le manga mélange des vues du présent et du futur, où les amis se réunissent pour célébrer un événement bien triste… Le lecteur connaît le futur et les relations des personnages. Mais est-ce que cela est définitif ?

Ce mange tranche de vie fait ressentir plein d’émotions : tristesse, joie, espoir. L’histoire est bien menée et j’ai hâte d’en savoir plus. J’ai beaucoup apprécié le style graphique de l’auteure. Les dessins sont tout en rondeur avec des traits fins.

A noter à la fin du volume une histoire bonus qui est coupée en plusieurs chapitres se retrouvant dans chaque nouveau tome du manga. Si les dessins sont toujours aussi agréables, j’ai trouvé l’histoire très niaise. Cela n’a rien à voir avec Orange !

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« C’est toi qui l’avais fait et c’est ça le plus important. »

Le voleur aux cent visages !! de CLAMP

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Titre original : 20 Menshou Onegai!
Editions Pika – Shonen
Série terminée en 2 tomes
Editeur VO : Kadokawa Shoten
Prépublication : Newtype

Avis personnel :

Je vous avais déjà brièvement parlé de ce manga dans deux chroniques : Clamp School Detectives et Dukalyon où Akira apparaît. Ce manga est dans le même univers et de la même tonalité. Mignon et drôle. J’ai toutefois préféré les deux autres mangas.

Akira Ijûin est un jeune garçon de CM1 étudiant à l’école CLAMP. Il vit avec ses deux mères, sœurs jumelles. Son père apparaît dans un chapitre mais on n’en sait guère sur lui. La raison de sa situation familiale un peu étrange n’est pas expliquée. Il y a bien d’autres choses qui ne seront pas explicitées – et elles sont pointées par les auteures – mais ce n’est pas dérangeant pour lire cette série.

Akira cache un secret. Il a hérité des talents de son père et il est désormais l’acrobate. Cet étrange voleur masqué utilise toujours des stratagèmes ingénieux pour se sortir de toutes les situations possibles. Les vols commencent quasiment toujours de la même façon : les mères d’Akira voient un objet et crient à Akira : « ON LE VEUT ! ». Les vols sont parfois absurdes mais les situations sont toujours drôles.

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Outre les vols, le récit principal de ce manga est l’amour entre Akira et Utako Ōkawa. Cette fillette de 5 ans a eu une peine de cœur lorsque son professeur l’a rejeté. Elle fait la rencontre d’Akira le soir-même et commence à développer des sentiments à son égard. Ce dernier tombe aussi amoureux d’elle. L’amour est un sentiment dont parlent beaucoup Utako et Akira en l’analysant. Leurs conversations sont d’ailleurs très matures pour des enfants de cet âge. En seulement quelques chapitres, leur histoire est suffisamment développée. Les deux derniers chapitres se passent quand ils sont adultes et on sait ce qu’ils deviennent.

Il y a aussi deux autres personnages récurrents. Tout d’abord, Ryūsuke Kobayashi, adolescent de 16 ans qui est dans la police – comment ? – et dont le but de sa vie est de capturer l’acrobate. Bien sûr, il ne réussit jamais. Par ailleurs, Ryûsuke et Akira sont voisins et s’entendent bien. Finalement, il y a le Docteur Shigetaka Akechi, frère du père d’Akira, mais ce dernier l’ignore. Il devine facilement les pensées des gens et il a toujours une petite histoire à raconter qui s’applique à leur situation.

Le graphisme est agréable avec de jolis dessins du même style que les mangas de cette période de CLAMP. Il y a quelques chibis, notamment avec Akira et ses mères qui sont deux grands enfants.

En résumé :

Une succession d’épisodes qui parlent de vols avec humour et d’amour avec sérieux.

« Nous allons nous aimer. »

Larme ultime [Tome 1] de Shin Takahashi

larme_ultime_01Titre original : Saishu Heiki Kanojo – Saikano
Editions Delcourt – Seinen
Série terminée en 7 tomes
Editeur VO : Shôgakukan
Prépublication : Big Comic Spirits

Avis personnel :

Attention, œuvre magistrale ! Les mots me manquent pour exprimer mon ressenti face à ce manga. Il nous prend aux tripes. Le lecteur vit la violence de la guerre et des sentiments des personnages. Il ne peut qu’espérer au bonheur de ces êtres en voyant le monde qui se déchire et les héros qui tentent de vivre leur amour. Impossible de ne pas pleurer, impossible de ne pas aimer, ce manga est sans conteste un de mes gros coups cœur de l’année 2012.

Shûji et Chise sont deux adolescents comme les autres, vivant dans une petite ville paisible nommée Sapporo. Shûji est un jeune homme à l’apparence un peu froide, doué pour l’athlétisme mais maladroit dans ses mots. Il ne sait jamais comment s’adresser à sa petite amie Chise. Cette dernière est une fille un peu naïve, n’ayant pas de très bonnes notes, gentille mais faible, et qui s’excuse sans cesse. Elle voulait prouver à elle-même et aux autres qu’elle pouvait avoir un petit ami, c’est donc pour cela qu’elle a abordé Shûji. Tous les deux ne savent pas comment se parler au début mais ils apprennent à se découvrir et à s’apprécier petit à petit.

Tout serait idéal si la guerre ne s’en mêlait pas. Au cours d’un raid aérien meurtrier, Shûji découvre sa petite amie, debout au milieu des ruines, une arme à la place de son bras droit et des ailes métalliques qui lui sortent du dos. Chise est devenue l’arme ultime au service de l’armée japonaise… Chise est désormais mi-humaine mi-arme, cette dernière grandissant sans cesse et semblant prendre de plus en plus de place. Elle ne peut pas toujours contrôler son corps qui est devenu une arme.

Chise et Shûji vont continuer à s’aimer et à se découvrir à travers un journal intime commun. Mais cela ne sera plus jamais comme avant. Chise est une arme destructive, elle doit tuer sans relâche. Mais c’est aussi une jeune fille avec des sentiments. La violence de la guerre est montrée à travers les actes de Chise mais aussi au travers d’autres personnages. Après le raid à Sapporo, la vie a repris son cours normal, personne ne parlant de ce qui s’est passé. Sauf que cela est arrivé. Qu’il y a eu des milliers de morts ainsi que des blessés. Qu’ils sont dans l’entourage des protagonistes (un ami de Shûji est devenu malentendant par exemple). C’est violent. C’est tragique. Cela semble si réel malgré le côté fantastisque.

Ce côté dramatique de l’histoire est aussi renforcé par une narration et des dialogues poignants. Le journal intime permet de découvrir les sentiments de Chise puisque ceux-ci sont rarement abordés à voix haute. C’est aussi Shûji qui nous raconte les événements, ses pensées structurant le manga. C’est rare que je voie un personnage masculin raconter l’histoire, c’est vraiment intéressant.

Les dessins sont en total accord avec l’histoire. Les traits sont plutôt simples, figurant un monde assez adulte malgré quelques scènes adolescentes qui tentent de dédramatiser un peu l’ensemble. Les personnages donnent une impression d’être dessiné rapidement mais cela correspond vraiment bien à l’ambiance. Par contre, je n’aime pas  les personnages, surtout Shûji, lorsqu’ils sont de profil. On dirait qu’ils sont très difformes. En ce qui concerne les paysages et le mechanical design, tout est précis et bien dessiné. Il y a parfois beaucoup de narration (journal intime par exemple) mais d’autres fois, les images se passent parfaitement de texte.

En résumé :

Shin Takahashi offre un manga d’exception. La guerre côtoie la vie quotidienne d’adolescents, elle touche de plus près Chise et Shûji vu que cette dernière est l’Arme Ultime. L’univers est sombre mais des touches de rire et d’espoir sont apportées. En somme, que d’émotions avec le dernier chant d’amour sur cette petite planète.

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