Beaux Livres

Les Archives de la magie – Les animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald

lesarchivesdelamagie-lescrimesdegrindelwaldÉditions HarperCollins – 14 Novembre 2018
Texte de Signe Bergstrom
Graphisme de MinaLima
24,5 x 2,5 x 28,7 cm
164 pages – 39,90€

Présentation de l’éditeur :

Bienvenue dans les coulisses du monde magique des sorciers et des créatures de J. K. Rowling. Découvrez en images et en couleurs le livre-compagnon des Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald.

Norbert, Tina, Queenie, et Jacob – que vous avez aimés dans le premier épisode des Animaux fantastiques –, sont enfin de retour ! Ils sont rejoints, dans ce deuxième épisode, par quelques-uns des personnages clés de l’univers de Harry Potter : Albus Dumbledore, Nicolas Flamel, ainsi que l’abominable Gellert Grindelwald. Sous licence officielle de Warner Bros. Consumer Products, ce livre offre aux fans de tous âges une expérience visuelle absolument unique.

Véritable livre-objet, Les archives du monde de la magie illustre avec ingéniosité le face-à-face qui oppose Norbert Dragonneau (accompagné de sa précieuse, joyeuse et pittoresque cohorte, animaux et sorciers confondus) aux forces du mal incarnées par Gellert Grindelwald, l’un des mages noirs les plus puissants au monde. Foisonnant d’anecdotes sur le tournage du film et de récits sur le vif des acteurs et de l’équipe technique et artistique, ce splendide ouvrage en quadrichromie prend la forme de l’un des objets culte du film. On y trouve également, en fac-simile détachable, des reproductions d’accessoires du film, ainsi que des effets visuels très spéciaux. Ce livre est un trésor inestimable pour tout fan de l’univers de J.K. Rowling, mais aussi pour tout concepteur, tout graphiste ou simplement tout mordu de cinéma.

Avis personnel :

J’ai raté le livre de la même collection sur le premier volet de la saga Les animaux fantastiques alors je ne pouvais pas manquer celui-ci ! Comme le premier volume désormais épuisé (une réédition ? T.T), le livre adopte l’apparence d’un objet clef du film, ici le coffre-fort 2703 de la famille Lestrange. Le livre se présente sous la forme d’un grimoire, avec une couverture à rabat aimantée. Dans les tons bleus, bruns et dorés, chaque détail est minutieusement peaufiné comme les pages de garde le montrent avec plein de petits billywigs. Son seul petit défaut est d’être difficilement manipulable vu sa forme ainsi que sa masse. Il vaut donc mieux le lire posé sur un large support.

En 164 pages, le livre aborde le tournage du film avec une présentation des lieux et des personnages ainsi que des objets. Chaque page est magnifiquement illustrée avec des photographies du tournage ou des créations de l’équipe artistique. Le texte présent apporte aussi plein d’informations, que ce soit des détails sur la création du film ou des morceaux d’interviews du casting ou des membres de l’équipe.

Les crimes de Grindelwald est un film plein d’imagination et je pense que cette imagination, qu’elle se traduise sur le papier ou à l’écran a le pouvoir d’adoucir et de transformer nos vies. Elle inspire un bel espoir et suscite l’empathie. A vrai dire, si j’ai appris une chose en jouant Dumbledore, c’est que la compassion est plus forte que n’importe quel sort. Au bout du compte, nous n’avons pas besoin de magie pour agir ensemble au nom de la justice (même si ça peut aider). – Jude Law

Signe Bergstrom a choisi de séparer le livre en six parties distinctes, précédées d’un avant-propos de Jude Law et d’une brève analyse sur le pouvoir du cinéma et les jeux d’ombres et de lumières. Chacune des parties se rapporte à plusieurs personnages et lieux de l’histoire et permet ainsi d’évoquer des détails de création.

Voici le découpage du livre :

  • Le monde de Grindelwald
  • Londres
  • Le monde de Norbert Dragonneau
  • Paris
  • Retour à Poudlard
  • Le final

Par exemple, la partie Londres permet d’aborder le ministère de la magie, les premiers personnages rencontrés là, ainsi que la création de la ville de Londres. Les parties ne sont pas du tout de la même longueur et certains détails pourraient être interchangeables. Le découpage narratif permet surtout de voyager comme les personnages dans l’histoire du film.

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En plus des textes et des illustrations, le livre présente des reproductions en fac-similé d’objets du film manipulables tels que la carte du ministère de Norbert (c’est mon favori avec la photo imprimée de façon à le voir comme s’il bougeait réellement), un magazine à scandales, des affiches du crique, une carte postale de Paris, une carte de visité de Nicolas Flamel, etc.

En résumé :

Une magnifique livre fourmillant d’informations sur la création du film Les crimes de Grindelwald.

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Albums

La reine des fourmis a disparu

lareinedesfourmisadisparuAuteur : Fred Bernard
Illustrateur : François Roca
Éditions Albin Michel Jeunesse – 15 €
42 pages – Novembre 2016
Première publication en 1996

Synopsis :

« On a enlevé notre reine ! » Ce cri résonne dans ma tête comme dans celle de milliers de fourmis et dans les galeries de la fourmilière. Notre reine, notre mère à tous, a disparu dans l’épaisse forêt tropicale qui nous entoure. Autant chercher une aiguille dans une meule de foin, dira-t-on ! Et c’est moi, Mandibule de savon, qui suis chargé de l’enquête. Je suis à la fois détective et représentant de la loi de la jungle au sein de la tribu des fourmis rouges. Ma mission : mettre la patte sur celui et celle qui a enlevé notre très chère reine pendant la nuit.

Avis personnel :

La reine des fourmis a disparu ! Ou plutôt, elle a été enlevée ! Mandibule de Savon, en tant que détective et représentant de la loi de la jungle au sein de la tribu des fourmis rouges, est chargé de l’enquête. Secondé par un jeune assistant : Elytre de Lait, surnommé Elie, les voilà partis pour résoudre ce mystère avec un seul indice : un poil long et clair. A qui peut-il bien appartenir ? Ils interrogent divers animaux de la jungle, bravant moult dangers. Mandibule ne recule devant rien pour retrouver la reine, car la vie de la fourmilière en dépend. Elie l’admire beaucoup, un peu trouillard mais très savant, il le prend pour modèle.

Les fourmis travaillent inlassablement sans se poser de questions. Elles accumulent des milliers de vivres dans les réserves et des brindilles pour la construction de la fourmilière. Tout à coup, je remarque que certaines d’entre elles transportent d’étranges choses. Je m’élance et cours le long de la colonne, remontant le courant des ouvrières qui traînent des petits objets inconnus.

A la suite d’un nouvel indice, Mandibule et Elie sont amenés à sortir de la forêt. Ils s’aventurent en terre inconnue et découvrent des choses étranges qu’ils perçoivent comme menaçantes. Le monde des hommes est dépeint de manière effrayante pour les fourmis et il semble inhospitalier. Les marques de la civilisation humaine sont présentes à travers des déchets (mégots de cigarette, canettes jetées…) ou des traces de véhicule comparées à des cicatrices. Les choses nouvelles ressemblent à des monstres morts (un avion froid et menaçant) et le contact des hommes est désastreux pour les animaux.

J’avais complètement oublié qu’au contact des hommes, les animaux perdent peu à peu l’usage de la parole ! J’en profite pour expliquer à Elie comment un animal domestique relâché dans la nature est incapable de communiquer avec les autres animaux. Il se laisse bien souvent mourir de tristesse et de faim.

Les fourmis continuent leur enquête et découvrent des animaux captifs dans l’avion. S’envolant avec lui, ils arrivent dans un musée sinistre où les animaux sont étrangement silencieux. A travers cette enquête, l’album aborde divers sujets tels que la vie des animaux ou l’exploitation humaine. Tout un écosystème est menacé par la cupidité des hommes. Tout en étant critique de la civilisation, l’album met surtout en avant le format enquête qui permet de faire participer le lecteur qui élimine les coupables potentiels en même temps que les deux détectives. La narration est réalisée à la première personne avec Mandibule racontant leurs aventures. Le lexique utilisé est plutôt riche, avec des mots parfois compliqués pour les plus jeunes, et beaucoup de descriptions. Le ton est plutôt distancié, tout en étant humoristique.

Il m’avoue aussi que, sans moi à ses côtés, il serait mort de peur depuis longtemps. Il trouve que je suis un détective formidable. Il est très bien, ce petit !

Les illustrations prennent une page entière, voire une double-page lors de certaines révélations ou moments importants. Elles sont très réalistes, notamment en montrant la taille des fourmis par rapport à leur environnement. Elles ne prennent toujours qu’un petit morceau de l’image. Les points de vue changent aussi selon le propos raconté, avec notamment des plongées et contre-plongées très réussies.

En résumé :

Une enquête palpitante menée tambour battant par deux fourmis rouges que rien n’arrête !

Beaux Livres

Habiter le désert

Editions Phaidon – Novembre 2018
Format relié – 250 x 290 mm
256 pages – 39,95€
Plus d’informations et de photographies sur le site de l’éditeur.

Contenu du livre :

Un somptueux recueil rassemblant d’incroyables maisons parfaitement intégrées dans leur milieu désertique.

Mystérieux, sublime et hostile, le désert attire les architectes, les propriétaires ou les voyageurs en quête d’isolement. Les 50 résidences présentées dans cet ouvrage ont été choisies pour la relation particulière qu’elles entretiennent avec cet environnement réputé inhospitalier. Chaque projet, illustré par de superbes photographies, répond à sa manière à cette question : comment vivre dans le désert au XXIe siècle ?

Avis personnel :

J’aime beaucoup tout ce qui est architecture et décoration d’intérieur, et si c’est regroupé dans un beau-livre, c’est parfait pour admirer ! J’avais repéré Habiter sur l’eau qui est sorti plus tôt dans l’année et Habiter le désert possède le même format et découpage intérieur. Le livre est ainsi divisé en trois parties : habitations avec vue sur le désert, au sein du désert et contre le désert. J’avoue ne pas vraiment avoir de distinction au fil de ma lecture. L’ouvrage se présente ainsi : chaque chapitre commence par une page sommaire à gauche avec une photographie en noir et blanc des résidences, avec son nom et celui de l’architecte, puis un court texte introductif sur la page de droite.

Les résidences sont ensuite présentées sur plusieurs double-pages. La première expose brièvement l’origine de l’habitation, les vues de l’artiste et les critères de création. Se trouvent aussi quelques références telles que la date de création et la localisation (en plus des noms de la résidence et de l’architecte). Ensuite, il y a une photographie par page (voire deux de temps à autre ou une pleine page) sur quatre à huit pages. Les habitations sont prises en photographie depuis l’extérieur sous différents angles, elles sont parfois perdues dans le paysage. J’ai été ravie de découvrir qu’il y avait aussi des photographies de l’intérieur avec des idées d’aménagement. Tout se ressemble beaucoup avec un style très épuré bien qu’il y ait parfois quelques collections d’art atypiques.

Le désert est un des rares endroits où l’on trouve à la fois des températures extrêmement chaudes et extrêmement froides dans une même journée. Ajoutez à cela le fait qu’il n’y a personne, aucun service public, et que vous êtes au milieu de nulle part, vous avez toutes les conditions pour créer une architecture innovante et autonome. – Dwell

La plupart des habitations se trouvent en Amérique, notamment aux Etats-Unis qui possèdent de grandes étendues désertiques. Ces immenses contrées arides occupent presque un tiers de la superficie de la Terre et malgré leur côté hostile, les hommes ne sont pas découragés pour les habiter. Vivre dans le désert, c’est d’abord parvenir à y survivre. C’est pour cela que les constructions sont bâties avec des matérieux résistants, venant souvent de la région même, et ayant des propriétés isolantes. La protection est aussi intégrée au design de l’architecture, avec par exemple des formes de toit particulières pour apporter de l’ombre.

Clique pour voir en plus grand.

Habiter dans le désert, c’est contempler un paysage aride et vide. En effet, il faut s’habituer à la solitude et au silence. Si certaines de ces architectures sont des maisons habitées ou des résidences secondaires, d’autres sont simplement des créations ou des résidences d’artiste. Ces dernières invitent souvent à la réflexion dans un confort très sommaire. Je ne me risquerais certainement pas à  tester la première qui regroupe plusieurs petites capsules se composant d’un matelas pas très long et de patères pour accrocher ses affaires. Il y a un contraste saisissant entre ces habitations proches de la nature et les grandes demeures luxueuses disposant toutes d’une piscine.

En résumé :

Un très beau-livre sur les possibilités de l’architecture en milieu désertique.

Fantasy & Fantastique

« Il(s) étai(ent) autre chose. »

Phænomen [Intégrale] de Erik L’Homme

phaenomenÉditions Folio – 752 Pages
Publié le 1er mars 2018 – 10,50 €

Quatrième de couverture :

Claire, Violaine, Nicolas et Arthur sont quatre adolescents atteints d’étranges troubles du comportement. C’est pourquoi ils ont été confiés à la Clinique du Lac, spécialisée dans les cas désespérés. Mais dans cet établissement, seul le docteur Barthélémy s’intéresse à eux. Aussi, lorsque celui-ci est enlevé par trois hommes sinistres, les adolescents décident de s’enfuir de la clinique et de partir à sa recherche. Ils vont alors découvrir que leur handicap, à force de courage et de volonté, peut se transformer en pouvoir hors du commun.

La trilogie Phaenomen est ici réunie pour la première fois en un seul volume. Complots, pouvoirs surnaturels et indéfectible amitié sont les principaux ingrédients de ce thriller fantastique haletant.

Avis personnel :

Cette intégrale regroupe les trois tomes de la série Phaenomen. Le premier tome sert à introduire les personnages et à présenter le mystère les entourant. Cependant il y a aussi une vraie aventure avec résolution puisque les protagonistes sont lancés dans une chasse au trésor. Quelques mystères demeurent évidemment. Impossible de ne pas lire les tomes suivants à la suite tant ceux-ci sont étroitement liés. Les protagonistes sont pratiquement livrés à eux-mêmes bien qu’ils reçoivent à plusieurs reprises de l’aide. Ils sont à la recherche de la vérité sur leur réelle nature et ils vont en même temps découvrir un des secrets les plus gardés de l’humanité.

J’aime beaucoup les écrits de Erik L’Homme, notamment Le livre des étoiles et A comme Association. Ses récits avec une part de surnaturel (fantastique/science-fiction…) sont racontés de manière entraînante et c’est particulièrement le cas ici où dans les trois tomes les adolescents sont pourchassés et devancent – ou non – de peu leurs poursuivants. Chaque chapitre est introduit par les pensées ou les rêves d’un personnage et annonce donc sur qui  il va se focaliser. J’ai particulièrement apprécié ces petits passages qui apportent beaucoup à l’histoire et permettent de connaître plus en profondeur les personnages.

Claire, Violaine, Nicolas et Arthur sont quatre adolescents atteints d’étranges troubles du comportement mais qui possèdent des talents extraordinaires. Arthur dispose d’une mémoire prodigieuse mais il est sujet à de fréquentes crises ce qui l’oblige à adopter des schémas répétitifs (dessiner trois singes continuellement par exemple). Nicolas distingue les radiations infrarouges cependant il ne supporte pas la lumière et porte donc quotidiennement des lunettes noires. Violaine ne supporte pas qu’on la touche pourtant elle peut soumettre les gens à sa volonté en manipulant leur dragon qui ressemble à une écharpe de brume. Claire ne parvient pas à se déplacer normalement et se cogne dans tout ce qui l’entoure mais elle peut se déplacer à l’endroit qu’elle désire en moins d’une seconde même s’il se situe à quelques mètres.

Ils seront aidés ou contrés dans leur enquête par différents personnages. Le Docteur Barthélémy est le seul individu s’étant jamais soucié d’eux et qui prend à cœur leur existence. Antoine est comme le grand frère de Violaine et il les aidera du mieux qu’il pourra sans jamais leur poser de questions. Clarence est un missionnaire, aussi tueur à gage, mais qui est pourtant quelqu’un de droit. Il y en a d’autres mais je ne vais pas m’étendre plus. Certains personnages pourront changer de position d’un tome à l’autre, selon leurs motivations et les révélations qui sont faites.

L’intrigue est parfaitement menée et chaque conclusion d’un tome apporte diverses révélations qui seront exploitées dans le suivant. Les adolescents mènent de véritables chasses au trésor, résolvant énigme après énigme. Certaines semblent résolues assez facilement mais la fatigue des protagonistes se fait bien ressentir. En étant ensemble, ils ont trouvés des personnes sur qui compter. S’ils doivent composer avec les caractères de chacun, leur amitié est indéfectible et de multiples épreuves le prouveront. Tout ce qu’ils vivent les fait gagner en maturité mais ils doivent aussi subir les conséquences de leurs actes. L’explication finale est surprenante et le m’a totalement surprise.

En résumé :

Un récit haletant et surprenant !

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