Jeunesse

« Vivre les aventures qu’Aslan leur enverrait »

Le Monde de Narnia ; Tome 7 : La dernière bataille de C.S. Lewis

Titre original : The last battle
Editions Gallimard
Illustrations de Pauline Baynes
Traduction par Philippe Morgaut

L’auteur :

Clive Staples Lewis, plus connu sous le nom de C. S. Lewis, né à Belfast le 29 novembre 1898 et mort à Oxford le 22 novembre 1963, est un écrivain et universitaire irlandais. Il est connu pour ses travaux sur la littérature médiévale, ses ouvrages de critique littéraire et d’apologétique du christianisme.

Plus d’informations sur Wikipédia.

Avis personnel :

Yeeaahhh, j’ai lu Narnia en intégrale ! \o/ J’avais lu quelques pages du livre 7 en décembre et j’ai enfin pris le temps de le terminer. Que dire sur ce dernier tome ? Ma chronique contiendra des spoilers dans le dernier paragraphe car il m’est impossible de parler de tout ce que je souhaite sinon alors si vous n’avez pas envie de savoir comment les aventures de Narnia se terminent, sautez-le. Et si vous connaissez à peine l’univers de Narnia, allez plutôt lire ma chronique du premier tome !

Les intrigues des Chroniques de Narnia se passent généralement de la même manière : Narnia est en danger (souvent un prince enlevé à libérer ou à mettre sur le trône) et les enfants sont là pour le sauver. Le premier tome nous livrait la création de ce monde tandis que celui-ci nous dévoile sa fin.

Un singe dénommé Shift trouve une peau de lion et a l’idée d’usurper l’identité d’Aslan en déguisant un âne appelé Puzzle. Les animaux sont très crédules et ne remettent absolument pas en cause cela même s’ils trouvent les décisions d’Aslan injustes. Shift souhaite juste vivre à son aise, manger ce qu’il veut quand il le souhaite, et avoir des gens sous ses ordres pour justement exaucer le moindre de ses désirs. Il s’allie au peuple calormène qui est sans pitié. Ils vénèrent le dieu Tash qui représente tout ce qui est cruel, en somme le Mal à l’état pur. Aslan est au contraire le symbole du Bien. Mais attention, c’est là que les choses se compliquent ! En effet, tu peux être calormène, croire et prier Tash toute ta vie, si tes paroles sont tenues, tu vénères en réalité Aslan. Et si tu es Narnien mais que tu commets une cruauté envers le nom d’Aslan, eh bien, c’est Tash qui en profite. Bref un manichéisme qui se remarque. J’ai lu des critiques comme quoi le racisme était présent mais je ne trouve pas personnellement. Certes, les calormènes sont plutôt noirs, viennent d’ailleurs mais comme on a pu le voir dans les tomes précédents, des rois de Narnia avaient aussi de telles origines. Par contre, on ne peut éclipser que tout est blanc ou tout est noir, il n’ya pas de demi-teinte.

Finalement, après une rencontre avec le roi Tirian, fils de Rilian (souvenez-vous, le Prince sauvé par Eustache et Jill dans le tome précédent), descendant de Caspian (évidemment !), les enfants arrivent ! Nous retrouvons à nouveau Eustache et Jill car les autres ne peuvent pas revenir à Narnia. Ils vont tenter de démontrer la mascarade du singe mais rien ne va se passer comme prévu. S’ensuivent quelques combats, tromperies, etc, jusqu’à la résolution finale. Et quelle fin !

Joyau : Je suis enfin arrivé chez moi ! Voici mon vrai pays ! Je suis d’ici. Voici le pays que j’ai cherché toute ma vie, sans le savoir jusqu’à maintenant. La raison pour laquelle nous aimions le vieux Narnia, c’était qu’il ressemblait parfois à cela. Hi ! hi ! hi ! Venez plus avant, venez plus haut !

Attention, ce paragraphe contiendra des spoilers sur le dénouement. Cette fin est très déroutante. Un peu comme s’il ne s’était rien passé quand on y réfléchit. Alors Aslan réapparaît mais pas pour sauver Narnia cette fois-ci. En effet, peu de narniens croient encore en lui. Alors là attention, morale judéo-chrétienne de retour ! Le monde ne peut plus exister et le vide remplace peu à peu Narnia (on assiste à la scène à l’envers de ce qui c’est passé dans le premier tome). Les personnages ne croyant plus en lui sont dépeints plutôt cruellement et vont dans l’ombre d’Aslan où tout est noir (Enfer bien sûr). Et les gentils vont dans un nouveau monde que l’on peut figurer de Paradis. Eustache et Jill vont bien sûr dans cet endroit où ils retrouvent Digory et Polly (les premiers à être allés à Narnia et ayant assisté à sa création) ainsi que la famille Pevensie excepté Susan car elle est jugée comme trop superficielle. Elle ne croit plus en Narnia alors elle est éclipsée. On peut peut-être y voir le fait qu’elle ne croit plus en la magie de l’enfance mais ce n’est pas très net. J’en viens à la chose la plus amusante (ou pas) : en réalité, Narnia n’existe pas ! Et oui, c’était une simple copie de Narnia où ils se trouvent maintenant. Mais ce Narnia est bien mieux : couleurs exacerbées, fruits délicieux (tellement qu’ils ne peuvent être décrits), plus de sensation de douleur ou de fatigue, pouvoirs surnaturels (ils peuvent voir très loin dans d’autres mondes comme en Angleterre)…C’est vraiment irréaliste. Et pour en rajouter, ils sont tous morts car le train dans lequel ils étaient avant de se trouver projetés à Narnia a eu un accident donc ils pourront vivre heureux ici pour toujours, youpi !

Un dernier point sur le style d’écriture de C.S. Lewis. Je ne l’ai jamais apprécié depuis le premier tome, le trouvant généralement ennuyant et parfois agaçant. Il ne m’a pas dérangé dans ce tome-ci, peut-être que je m’y suis habituée (je n’attends plus grand chose de ce côté-là) mais la lecture a quand même été longue car il n’y a pas réellement d’intrigue et de plus il y a de nombreuses leçons de morales. L’écriture est simple et je pense vraiment que ce livre s’adresse aux enfants qui pourront ne pas s’attarder sur les personnages peu développés et guère attachants.

J’aimerais finir sur une citation. Ce sont les derniers mots du texte et pour une fois, je les ai particulièrement appréciés. Oui, il y a un côté religieux mais je les trouve quand même très beaux.

Mais pour eux, ce n’était que le début de la véritable histoire. Toute leur vie en ce monde-ci et toutes leurs aventures à Narnia avaient été seulement la couverture et la page de titre. Maintenant enfin, ils commençaient le premier chapitre de la grande histoire que personne sur terre n’a jamais lue. Celle qui dure toujours, et dans laquelle chaque chapitre est meilleur que le précédent.

En résumé :

Un dernier tome qui apporte une conclusion déstabilisante au monde de Narnia. Le côté religieux est présent dans la plupart des tomes à différents degrés mais il est vraiment flagrant dans ce dernier tome. Tout au long de leurs aventures, les personnages n’ont guère été attachants et le style de C.S. Lewis est plutôt ennuyant. L’univers est original par bien des aspects et ce sera quasiment le seul point positif que je retiendrai. Au final, je suis contente d’avoir lu cette heptalogie car cela reste un classique.

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Jeunesse

« Les Morlevent ou la mort. »

Oh, boy ! de Marie-Aude Murail

Editions L’école des loisirs
Collection Medium – 207 Pages
Octobre 2001 – 9,50 €

Quatrième de couverture :

Ils sont frère et sœurs. Depuis quelques heures, ils sont orphelins. Ils ont juré qu’on ne les séparerait pas.
Il y a Siméon Morlevent, 14 ans. Maigrichon. Yeux marron. Signe particulier : surdoué, prépare actuellement son bac.
Morgane Morlevent, 8 ans. Yeux marron. Oreilles très décollées. Première de sa classe, très proche de son frère. Signe particulier : les adultes oublient tout le temps qu’elle existe.
Venise Morlevent, 5 ans. Yeux bleus, cheveux blonds, ravissante. La petite fille que tout le monde rêve d’avoir. Signe particulier : fait vivre des histoires d’amour torrides à ses Barbie.
Ils n’ont aucune envie de confier leur sort à la première assistante sociale venue. Leur objectif est de quitter le foyer où on les a placés et de se trouver une famille.
À cette heure, deux personnes pourraient vouloir les adopter. Pour de bonnes raisons. Mais aussi pour de mauvaises. L’une n’est pas très sympathique, l’autre est irresponsable, et… Ah, oui! ces deux personnes se détestent.

Avis personnel :

Ah Marie-Aude Murail…que j’aime cette auteure (et les écrits de sa sœur Moka aussi) ! Je l’ai découverte quand j’étais au collège et c’est toujours un plaisir de lire ses livres. Oh, boy ! est une relecture mais c’est avec la même émotion que je l’ai redécouvert. Que de choses dans ce petit livre ! A la fois touchant et drôle.

Siméon, Morgane et Venise se retrouvent seuls après le décès de leur mère (leur père a quitté le foyer familial depuis longtemps). Malgré leur jeune âge, ils vont tout faire pour rester ensemble. Deux personnes dans leur famille pourraient s’occuper d’eux : leur demi-frère Barthélemy ou leur demi-sœur par alliance Josiane. Mais voilà, eux ne connaissaient pas leur existence et ils n’ont pas envie de se retrouver avec la charge de trois enfants. Peu à peu, ils vont apprendre à s’apprécier jusqu’à ce que les deux possibles tuteurs se disputent la garde des Morlevent.

De nombreux personnages parcourent ce roman et malgré certains traits parfois caricaturaux ou peu développés, il est impossible de ne pas s’attacher à eux. Tout d’abord la famille Morlevent. Siméon, surdoué, à l’écart des autres, cachant ses problèmes pour protéger ses sœurs, s’abandonnera totalement à la douceur d’une relation fraternelle lorsqu’il rencontrera Barthélemy. C’est une des plus belles relations du roman et j’ai adoré la voir évoluer. Tous les deux se verront confronter à la maladie, ils se battront, abandonneront parfois mais résisteront encore et encore. La cadette, Morgane, est une petite fille que l’on voit très peu. Cachée par l’excellence de son frère et par la beauté de sa sœur, elle prendra finalement un peu d’assurance. Et la petite dernière, Venise, est la parfaite petite poupée ! Faisant preuve d’innocence, elle ne souhaite qu’aimer tout le monde et voit la vie en rose. Les deux autres personnages de la famille sont Josiane et Barthélemy. La première apparaît comme antipathique aux premiers abords, ne s’attardant que sur l’apparence de Venise. Elle apprendra peu à peu à connaître les deux fillettes et on découvrira beaucoup de choses sur sa vie qui la rendent plus sympathique. Et finalement Bart, mon coup de cœur de ce roman ! Jeune homme séduisant, peu organisé, n’ayant pas vraiment le sens des responsabilités, collectionnant les conquêtes amoureuses, il représente la plus grande évolution de ce livre. Il va s’attacher à ces enfants et se montrera courageux. Doté d’un grand aplomb, c’est aussi un personnage très drôle. D’autres personnages ont aussi leur importance avec la juge, l’assistance sociale, le docteur qui va s’occuper de Siméon ou encore la voisine de Barthélemy. Tous vont se démener pour cette petite famille.

De nombreux thèmes sont abordés dont des sujets difficiles parfois délicats. Malgré leur grande pluralité, on ne s’y noie absolument pas, chacun a sa place. Les sujets évoqués ? La mort, le deuil, l’homosexualité, la maladie, l’hospitalisation, la cruauté, l’abandon, la perte, les rapports familiaux (que ce soit entre frère et sœur ou entre enfant et parent), la violence conjugale, le suicide, l’apparence qui prime…ça en fait n’est-ce pas ? Mais pourtant c’est tellement diffus que cela ne fait pas trop. Ils sont traités de manière simple et juste, en toute sincérité. La réalité est présentée telle qu’elle est mais tout en douceur. Une petite lumière est toutefois toujours présente avec l’espoir et la tolérance.

Au final, c’est un livre où l’on tente tout pour donner à ces enfants une vraie famille. Cela reste un roman pour la jeunesse, tout n’est pas développé mais c’est largement suffisant pour nous toucher. L’écriture est agréable, le ton est plutôt léger malgré ces sujets graves. Simple mais tout en finesse. Les titres des chapitres sont sous forme d’énigme humoristique ou philosophique et j’ai trouvé ça plutôt original. Ce livre se dévore d’une seule traite, il est difficile de le reposer avant de l’avoir terminé. Une petite merveille à lire d’urgence si ce n’est pas déjà fait !

J’ai lu qu’un téléfilm existait sous le nom On choisit pas ses parents et réalisé par Thierry Binisti. La maladie de Siméon semble éclipsée et personnellement, je trouve que c’est un des côtés les plus importants du livre.

En résumé :

Ce livre peut se résumer par des personnages très attachants ainsi qu’une pluralité de thèmes qui nous rendent cette histoire encore plus touchante. Les mots simples mais justes nous font tourner les pages rapidement jusqu’à ce que cela se termine trop tôt.

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Challenge : Premier livre pour mon challenge Lecture & Liberté !

Lecture commune : Première LC que j’organise, j’espère qu’elle vous a plu. Vous pouvez lire l’avis de mes co-lecteurs en cliquant sur le nom. Myiuki22, Emisa, Flof13, Petitepom, pimousse4783, Nath, reveline, Luna, Frankie, Melisende, _ananas_, mimigogotte, agnes, Rose, livrons-nous.

Quelques questions pour aller plus loin :

Comment avez-vous eu connaissance de ce livre ? Connaissiez-vous déjà l’auteure ? Découvrirez-vous d’autres livres d’elle ?

J’ai découverte cette auteure au CDI de mon collège et je n’ai depuis jamais cessé de lire ses écrits. Et cela n’est pas près de s’arrêter !

Ce livre a semble-t-il été dévoré par beaucoup. Qu’est-ce qui vous a captivé pour que vous ne le lâchiez pas un seul instant ?

J’ai été complètement plongée dans cette histoire. Il était impossible de lâcher ce livre avant de savoir ce qu’il allait advenir de la famille Morlevent.

Ce livre traite de nombreux sujets. Est-ce qu’un vous a particulièrement marqué ? Au contraire, est-ce que vous n’avez pas aimé la façon dont un est traité ?

J’ai particulièrement été touchée par la maladie de Siméon et son combat avec l’aide de Barthélemy. Par contre, je n’ai pas apprécié les réactions premières de Barthélemy en rapport à Aimée qui est battue par son mari.

Beaucoup de personnages très différents sont présents dans ce livre et ils évoluent tout au long de l’histoire. Quel a été le personnage que vous avez préféré au final de cette lecture ? Est-ce qu’un personnage vous a agacé au début et vous avez finalement changé d’avis ?

Le personnage que j’ai préféré est Barthélemy. Un être un peu à part mais qu’on ne peut s’empêcher d’aimer. Josiane m’a agacée au début avec ses réactions et même si elle montre ses faiblesses, mon avis n’aura pas complètement changé sur elle.

Jeunesse

Le secret de Térabithia de Katherine Paterson

Le secret de Térabithia de Katherine Paterson

Titre original : Bridge to Terabithia
Editions Hachette – 190 Pages
Traduction par Caroline Westberg

Quatrième de couverture :

Jess, élève de CM2, a un rêve : devenir le plus grand sprinter du collège ! Mais à la rentrée des classes, une nouvelle élève, Leslie, le bat à la course ! Plutôt que d’en être jaloux, Jess est intrigué par cette fille pas comme les autres qui n’a pas peur des grands. Très vite, ils deviennent amis, et s’inventent un royaume imaginaire, caché dans la forêt : le royaume de Térabithia. Leslie et Jess deviennent alors le roi et la reine d’un univers parallèle peuplé de créatures aussi fantastiques que terrifiantes…

Avis personnel :

En 2007 est sorti le film éponyme réalisé par Gábor Csupó. L’histoire prend place dans un monde plus contemporain que dans le livre mais la même émotion est perceptible. J’avais adoré ce film très émouvant et j’ai été ravie de découvrir la version originale qui est tout aussi géniale. Katherine Paterson a écrit ce livre pour aider son fils David à surmonter un certain mal-être (la fin du livre est explicite). Il a d’ailleurs participé au scénario du nouveau film. En effet, le roman avait déjà été adapté en 1985 en téléfilm.

Le héros de cette histoire, Jess Aarons, est un jeune garçon élève en CM2. Issue d’une famille pauvre, il vit avec ses parents et ses quatre sœurs. Les deux aînées, Ellie et Brenda, n’ont que peu d’importance dans le récit. Lorsqu’elles sont présentes, elles apparaissent comme superficielles, uniquement préoccupées à comment éviter les corvées ou obtenir de nouveaux vêtements. Elles sont aussi plutôt méchantes avec Jess. Joyce Ann, la petite dernière, est encore trop jeune pour que Jess joue avec elle. Sa dernière sœur, May Belle, est très proche de lui, même si parfois trop envahissante. Jess partage de nombreux jeux avec elle mais lorsque Leslie arrive dans sa vie, il la délaisse.

Les personnages sont très attachants. Jess et Leslie sont deux jeunes enfants plein d’imagination. Jess est un élève moyen, plutôt solitaire, souhaitant devenir le plus grand sprinter du collège entre autre pour prouver quelque chose à son père. Il invente et dessine quantités de personnages sur des cahiers. Il remarque Leslie, jeune fille débordante de fantaisie, lorsqu’elle raconte un voyage qu’elle a fait. Elle l’a en réalité imaginé. Leslie emmène Jess dans un nouveau monde. Ils inventent Térabithia, un royaume où ils sont les roi et reine et qu’ils doivent donc protéger. Ils affrontent nombre d’ennemis imaginaires mais pourtant réels pour eux. Trop réels. Ce royaume éclipse la réalité, étant trop prenant. Un autre personnage important est Prince Terrien, le chien de Leslie, qui est aussi un gardien de Térabithia.

Ce roman aborde une amitié très forte, sincère et durable. Deux enfants se sont trouvés. Ils vivent un rêve éveillé lorsqu’ils sont dans ce royaume, étant tous puissants. Cela leur permet d’échapper à une réalité amère. Jess oublie les problèmes qu’il a à l’école ou à la maison. Des thèmes forts sont abordés comme l’enfance, l’amitié, la haine, la maltraitance, l’éducation ou encore le deuil. La religion est aussi évoquée à plusieurs reprises ce qui a conduit ce livre a être interdit dans certains états d’Amérique. La famille de Leslie est plutôt libérale, n’allant jamais à l’église ou ne priant pas Dieu. La jeune fillette est curieuse de découvrir de nouvelles choses. La famille de Jess, croyante, se rend à la messe à Pâques mais n’est pas très pratiquante. Une discussion très importante a lieu lors de ce chapitre lorsque Jess, Leslie et May Belle parlent sur la possibilité que Dieu envoie en Enfer les personnes mortes si elles ne croient pas en lui.

Le style de l’auteur est agréable. Le vocabulaire n’est ni trop simple ni compliqué, la lecture est ainsi fluide. La fin du roman est poignante, il est impossible de rester insensible même en sachant comment cela va se passer. C’est aussi un roman d’apprentissage : Jess grandit et accepte le poids de la vie.

En résumé :

Un roman vraiment magnifique. Un monde magique, des thèmes forts, des personnages attachants et une narration agréable livrent un roman très prenant. Je conseille aussi de voir l’adaptation cinématographique qui est tout aussi touchante que le livre.

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Lien : Site de l’auteur

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Jeunesse

L’invention de Hugo Cabret de Brian Selznick

L’invention de Hugo Cabret de Brian Selznick

Titre original : The invention of Hugo Cabret
Editions Bayard Jeunesse – 534 Pages
Traduction par Danièle Laruelle
Publication : 2007 (Etats-Unis) – 2008 (France)

Présentation du livre :

Hugo Cabret est orphelin. Son oncle l’héberge dans les combles de la gare dont il est chargé de régler les horloges. Or, le garçon a une obsession : achever de réparer l’automate sur lequel son père travaillait avant de mourir dans l’incendie du musée où il était employé. Hugo est persuadé que cet automate a un important message à lui délivrer…

Une fillette amoureuse des livres, un vieux marchand de jouets, hargneux, une clé volée, un dessin mystérieux, un précieux carnet de croquis forment les rouages de cette fascinante énigme.

Brian Selznick, à fois conteur, dessinateur et concepteur de livres, mêle l’illustration, le roman en image et le cinéma pour créer une forme de récit inédite, et offrir au lecteur une expérience unique.

Présentation de l’auteur :

Brian Selznick est originaire du New-Jersey. Diplômé de l’Ecole de Design de Thode Island, il commence à travailler dans une librairie pour enfants et se met à illustrer ses premiers livres, dont il écrit parfois le texte. Il partage sa vie entre Brooklyn, à New York et San Diego, en Californie. Il a obtenu de nombreux prix dont la médaille Caldecott 2007 dans la catégorie livre illustré pour ce roman-ci.

Avis personnel :

Ce roman graphique, ou « roman en mots et en images » comme Brian Selznick le nomme, est un livre enchanteur. L’histoire est un hommage vibrant au septième art.

Hugo Cabret, petit garçon orphelin, n’a pas une existence très plaisante. Son oncle l’a recueilli lorsque son père a disparu mais il le maltraite et lui fait effectuer son travail à la place. Lorsque son tuteur disparaît, Hugo n’a pas d’autre choix que de continuer de faire son travail qui est de régler les horloges de la gare s’il souhaite que son secret ne soit pas découvert… Et quel est ce mystérieux secret ? Hugo possède un automate que son père était en train de réparer lorsqu’il est mort. Le jeune garçon pense qu’il a un message à lui livrer de la part de son père. Ce roman est aussi l’histoire d’un petit garçon qui n’a pas une vie facile et qui aimerait retrouver son père auquel il n’a pu dire au revoir.

Pour réparer cet automate, Hugo vole des objets à un vieux marchand de jouets. Celui-ci le prend en flagrant délit de vol et lui demande de travailler pour lui s’il ne veut pas être arrêté. Hugo n’a pas d’autre choix que d’accepter, surtout que ce personnage lui a aussi pris son carnet que son père et lui partageaient. Le petit garçon fera aussi la connaissance d’une fillette dénommée Jeanne, avide de lectures, et qui se trouvera être la petite fille du vieux marchand de jouets ! Les deux enfants vont enquêter pour récupérer le carnet de Hugo, réparer l’automate qui leur livrera un fabuleux message et surtout apprendre la vérité à propos du vieux marchant de jouets…

Les personnages sont très intéressants. Comme les enfants, le lecteur souhaite résoudre le mystère qui plane autour du vieux marchand de jouets. Les deux enfants sont très attachants. Hugo, petit garçon très débrouillard, et Jeanne, petite fille malicieuse, vont vivre des aventures merveilleuses.

Les dessins et le texte sont indissociables. Ils sont à lire en continuité, les images étant elles-mêmes narratives. Parfois, elles éclairent le texte comme pour révéler un dessin. De nombreux zooms avant sont utilisés. Par exemple, nous voyons Hugo de loin jusqu’à arriver à son visage. Les graphismes sont un mélange de dessins en noirs et blancs (type croquis), de photographies et d’images de films.

Ne tournez pas la page trop vite ! Imaginez d’abord que vous êtes assis dans le noir, comme au cinéma avant le début d’un film.

C’est à tout fait ça. On va lire une histoire merveilleuse qui nous laissera une vive impression comme si on assistait à un spectacle. Outre le cinéma, d’autres arts sont explorés comme l’horlogerie ou la magie. On imagine difficilement ces mécaniques complexes dont on aperçoit quelques pièces. Mais on se figure aisément des représentations uniques et magistrales.

A travers ce récit et les différents dessins qui composent le livre, nous entrevoyons les débuts du cinéma. Et surtout, nous avons le témoignage d’une passion envers Georges Méliès qui inspire cette fiction.

En résumé :

Un livre qui fait hommage au septième art mais aussi une fiction merveilleuse avec beaucoup de magie.

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Extrait :

Parfois, je viens ici la nuit, pas pour entretenir les horloges, juste pour regarder. Je m’imagine que le monde est une machine géante. Tu sais, dans les machines, il n’y a pas de pièces en trop. Elles ont exactement le nombre et le type de pièces qui leur sont nécessaires. Alors, je me dis que, si l’univers entier est une machine, il y a bien une raison pour que je sois là. Et toi aussi, tu as une raison d’exister.

Bande-annonce : Ce film a été adapté par Martin Scorsese. Il est sorti il y a quelques jours au cinéma et j’irai sans aucun doute le voir !