Bilans

Février 2019


Pour le mois le plus court de l’année, j’ai lu 8 livres et 96 chapitres de BD asiatiques : 3 albums, 2 romans, 2 mangas, 1 beau-livre ainsi que 96 chapitres de webtoon.

LIVRES LUS :

  • Webtoons :

Des strips drôles à lire :

  • My giant nerd boyfriend de Fishball [9 chapitres]
  • Just for kicks de Josie Fox [4 chapitres]
  • The Beehive de Lollibeepop [3 chapitres]
  • Murrz de Murrz [12 chapitres]
  • Budgie’s Life de Muffin Girl [8 chapitres]
  • IT Guy & ART Girl de Bonnie Pang [7 chapitres]

Des histoires très plaisantes à suivre :

  • Soara Academy de Muffin Girl [1 chapitre]
  • Let’s Play de Mongie [4 chapitres]
  • I love Yoo de Quimchee [1 chapitres]
  • Miss Abbott and the Doctor de Maripaz Villar [4 chapitres]
  • True Beauty de Yaongyi [4 chapitres]
  • Age Matters de Enjelicious [4 chapitres]
  • Bad Dates de MigiTwins [35 chapitres]

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  • Albums :

Tu nous emmènes ? de Yuichi Kasano

Ça y est ! L’avion est terminé. Le père et son fils vont bientôt pouvoir décoller… Sauf que le chien aimerait bien voler lui aussi. Qu’à cela ne tienne, quelques planches de bois, des clous et des coups de marteau ! Voilà, tout le monde est paré au décollage ! Oh mais la maman cochon et ses petits aimeraient venir aussi. Puis la vache. Et n’oublions pas la poule ! Est-ce que tout le monde trouvera sa place à bord de l’avion ? Heureusement que le père est bricoleur et astucieux ! L’histoire est simple et amusante, avec un schéma répétitif. Le texte est bref, avec beaucoup d’exclamations et des onomatopées mimant les bruitages du bricolage. L’album est bien construit, avec de jolies et précises illustrations campagnardes ou se situant dans l’atelier du père. J’apprécie beaucoup Yuichi Kasano et cet album ne déroge pas à cette règle, les plus petits l’apprécieront beaucoup.

César de Grégoire Solotareff

César vit avec son père dans une cage. Celui-ci lui raconte souvent des histoires et César adore celle de l’empereur des crocodiles. Quand il sera grand, il sera empereur des oiseaux, il n’aura peur de rien et il mangera un crocodile. Lorsque l’occasion se présente, César s’échappe de sa cage tandis que son père ne veut pas tout recommencer. Il s’envole alors et découvre une liberté qu’il n’a jamais connue. Il fait la rencontre d’un crocodile mais il a l’air bien inquiétant… Une jolie histoire sur le fait de grandir et d’une amitié improbable. De grands pages de couleurs vives caractérisent le style de Solotareff, celles-ci sont dans des tons clairs et une bordure un peu plus foncée autour des objets et personnages les font ressortir. Une jolie lecture en somme !

La fête de la tomate de Satomi Ichikawa

Hana achète un plan de tomate et prend soin de lui. Elle le plante dans un pot plus grand, elle l’arrose quotidiennement, elle enlève les chenilles qui mangent les feuilles… La plante grandit mais ce n’est que lorsqu’elle sera plantée dans le potager de sa grand-mère qu’elle donnera de délicieux fruits. A travers la petite fille et le plan de tomate, l’album aborde la persévérance et la patience qui sont récompensées avec l’apparition des fleurs et des tomates. L’histoire est simple, racontant quelques instants dans la vie d’une petite fille, avec ses jeux et ses découvertes, tout en faisant participer l’adulte – ici ses parents et sa grand-mère. Les illustrations sont jolies et réalistes. Une très chouette lecture que je recommande !

  • Romans :

Broadway Limited [Tome 1] Un dîner avec Cary Grant de Malika Ferdjoukh

J’ai apprécié de découvrir le New York de 1948 aux côtés de Jocelyn et des pensionnaires de Giboulée. Je me suis parfois perdue dans les histoires de chacun car il y a beaucoup de personnages et ma lecture s’est étalée sur plusieurs semaines. J’ai en tout cas hâte de lire le prochain tome pour tous les retrouver !

La grande traversée de Shion Miura [Chronique]

Dans ce joli roman qui plaira à tout amoureux des mots, le lecteur s’attache aux personnages qui vouent leur vie à l’élaboration d’un dictionnaire.

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  • Autres :

Seven days [Tomes 1 et 2] de Venio Tachibana & Rihito Takarai [Manga]

J’avais repéré ce manga depuis des années par ses magnifiques couvertures : un paysage de mer entraperçu par les fenêtres d’une école et un ciel nocturne : tout ce que j’aime ! Les illustrations sont délicates et belles même si certains traits des visages m’ont parfois dérangée. L’histoire est une jolie romance entre adolescents qui se déroule sur une semaine.

Design & image de marque de Jean-Marc Piaton [Beau-livre]

Dans ce beau-livre, Jean-Marc Piaton fait part de son parcours dans le design global international. Lorsque j’ai reçu le livre, sa taille m’a surprise. Je suis habituée aux grands formats avec des couvertures cartonnées. Ce livre-ci est un format facilement manipulable avec une couverture souple. Il se repère facilement avec sa couverture jaune éclatante et le titre en grosses lettres coupées. Ce dernier se dévoile entièrement lorsque la couverture du livre est étalée puisque le titre se termine sur les rabats intérieurs. Le design du livre est ce qui m’avait en premier lieu attirée. L’intérieur est tout aussi réussi avec des illustrations et textes en couleur. Le livre alterne des photographies prises par l’auteur, des citations d’auteurs connus ou de lui-même pour en découvrir un peu plus sur lui, des détails sur lui, des pages d’explications sur quelques notions, des croquis, des informations et détails sur quelques marques et leurs images. Le contenu est donc très varié et plaisant à parcourir. Je regrette l’absence d’un sommaire ou d’un index pour s’y retrouver un peu plus. Il n’y a pas vraiment de logique dans la lecture du livre, on peut aisément lire certaines pages au hasard. Pour un beau-livre, je suis aussi déçue d’avoir repéré plusieurs coquilles (surtout un manque de césure) et des illustrations pixelisées. Quand le sujet du livre est l’image, en voir des pixelisées est vraiment dommage. Il y a donc un côté un peu trop amateur au final mais je n’oublie pas que c’est un récit auto-biographique avant-tout. D’ailleurs, cela ne m’a pas empêchée d’apprécier ma lecture. En effet, je suis curieuse de l’image en général et du rôle qu’elle joue dans la vie de tous les jours. Le livre est très intéressant et j’ai appris beaucoup de choses même si j’aurais souhaité un peu plus d’informations sur certaines notions et termes techniques. Et depuis ma lecture, je remarque encore plus les logos et symboles autour de moi !

ACQUISITIONS ET PAL :

+ 2 / – 7

Une nouvelle fois, j’ai lu mes deux acquisitions du mois : La grande traversée et Design & image de marque.

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Contemporain

La grande traversée de Shion Miura

Titre original : Fune wo amu
Éditions Actes Sud – 22 €
288 pages – Février 2019
Traduction du japonais de Sophie Refle

Présentation de l’éditeur :

Majimé, jeune employé d’une maison d’édition, se voit confier la réalisation d’un nouveau dictionnaire du japonais, un projet titanesque baptisé La Grande Traversée. L’un des premiers termes sur lesquels il est amené à travailler n’est autre que le mot “amour”. Mais comment définir ce dont on n’a pas fait l’expérience ? À vingt-sept ans, aussi maladroit avec les gens qu’il est habile avec les mots, Majimé n’a jamais eu de petite amie. Quand il rencontre la petite-fille de sa logeuse, il tombe immédiatement sous le charme. Passionnée de cuisine et apprentie-chef, la jeune femme travaille la matière de ses ingrédients comme lui celle des mots, dans le même but : tenter de les fixer en un moment d’éphémère perfection. Cette fois-ci, Majimé entend bien ne pas laisser passer sa chance. Aidé par ses nouveaux collègues, il va tout faire pour vaincre sa timidité et ouvrir son cœur à celle dont il s’est éperdument amouraché, tout en se consacrant corps et âme à sa mission première : éditer le plus grand dictionnaire de tous les temps.
Amour, gastronomie et lexicographie : tels sont les ingrédients de ce roman léger et attachant, devenu un véritable phénomène éditorial au Japon, où il s’est vendu à 1 300 000 exemplaires.

Avis personnel :

La grande traversée, c’est le récit de la création d’un dictionnaire. Son élaboration prendra plusieurs années pour voir le jour et sera le projet de vie de plusieurs de ses rédacteurs et éditeurs. Le roman est construit en cinq chapitres de longueur variée, se centrant tous sur un des personnages principaux, tout en marquant l’avancement dans la conception du dictionnaire.

Dans le premier chapitre, nous découvrons Araki Kôhei. Il a consacré sa vie aux dictionnaires, travaillant depuis de nombreux années pour la maison d’édition Genbu Shobô dans le secteur des dictionnaires. Il doit désormais partir à la retraite pour s’occuper de son épouse malade alors que le grand projet « La grande traversée » n’en est qu’à ses balbutiements. Il a fabriqué de nombreux dictionnaires avec le professeur Matsumoto qui prend lui aussi part à la création de « La grande traversée ». Pour ces deux hommes passionnés par les mots, au point d’acheter quantités de dictionnaires ou de livres pour enquêter sur les mots, de prendre des notes sur des expressions ou des mots qu’ils rencontrent au détour d’une conversation pour faire ensuite des recherches, la création de ce dictionnaire est l’aboutissement de leur carrière. Heureusement, Araki trouve en la personne de Majimé Mitsuya son digne successeur.

Les mots, et l’esprit qui les fait naître, sont libres, et n’ont rien à voir avec le pouvoir. Et il faut qu’il en soit ainsi. Un navire qui permettra à chacun de naviguer sur l’océan des mots à sa guise, voilà ce que nous essayons de faire avec La Grande Traversée. N’y renonçons jamais.

Majimé Mitsuya est un homme étrange, peu à l’aise avec les autres, mais tout aussi passionné par les mots que les deux hommes avec qui il va travailler. Tout comme eux, il réfléchit à la définition des mots et à leur emploi. Il peut oublier tout ce qui l’entoure lorsqu’il pense à un mot, alors même qu’il était en train de discuter avec quelqu’un. Simple employé dans la maison d’édition, avoir la charge du service des dictionnaires et de l’édification de « La grande traversée » va lui sembler une tâche insurmontable au départ. Mais il est né pour travailler dans les dictionnaires, possédant une fine capacité d’analyse des mots ainsi qu’une bonne réflexion sur la façon de les ranger. En effet, fabriquer un dictionnaire implique plusieurs contraintes. Il y a un nombre de places limitées qui est à définir dès le départ. Ce n’est qu’ensuite que les mots à mettre sont décidés et il faut garder dans son esprit la mise en page pour que tout puisse tenir. Grâce à ce travail et à ses collègues, Majimé va s’épanouir dans sa vie professionnelle. En fera-t-il autant dans sa vie personnelle lorsqu’il tombera amoureux de Hayashi Kaguya, passionnée de cuisine ?

Le service des dictionnaires est constitué d’un petit effectif. Majimé travaille avec Mme Sasaki et Masashi Nishioka. La première est une femme discrète et efficace, chargée essentiellement de l’organisation des documents. Le troisième chapitre est consacré au second. Sérieux dans son travail, il a une posture un peu désinvolte. Il n’est pas comme ses supérieurs, passionné par son travail, mais il l’effectue tout de même correctement. Masashi s’amuse souvent aux dépends de Majimé mais ils finissent par développer une relation professionnelle cordiale voire amicale.

Le quatrième chapitre se déroule quinze ans plus tard. Majimé travaille seul avec Mme Sasaki depuis quelques années. Le projet « La grande traversée » a été retardé puisque d’autres dictionnaires ont dû être parus avant. En effet, la maison d’édition prend beaucoup de risques en publiant un dictionnaire. C’est un lourd investissement, tant financier que chronophage. Elle préfère donc miser sur des valeurs sures notamment en révisant et republiant d’anciens dictionnaires, destinés aux collégiens ou aux lycéens par exemple. En effet, un dictionnaire demande un long travail mais dès qu’il est publié, il peut à nouveau être révisé. C’est une tâche sans fin. Kishibé Midorai sera affectée au service des dictionnaires peu de temps avant la parution de « La grande traversée ». D’abord mal à l’aise dans ce nouvel environnement qui est à l’opposé de ce qu’elle a connu, elle finira par s’intégrer et apprécier son travail. Tout comme ses collègues, elle sera heureuse de participer à la grande aventure qu’est l’élaboration de ce dictionnaire.

Les mots sont indispensables à la création, pensa Kishibé, qui s’imagina soudain la mer qui recouvrait la Terre avant que la vie ne s’y installe, un liquide trouble, épais, visqueux. Cette mer, chaque individu la portait en lui. Et la vie ne naissait qu’après que la foudre des mots avait frappé la Terre. Tout comme l’amour et les sentiments, grâce aux mots qui lui donnaient une forme et la faisaient émerger.

Le dernier chapitre est consacré à la conception finale de « La grande traversée ». Choisir les mots et les définitions, contacter les contributeurs, retravailler leur texte pour tout ce qui est du fond, mais il faut aussi penser à la forme. Cela signifie la police des caractères et leur taille, la disposition des articles et des illustrations, mais aussi le choix du papier. Et quand tout cela est en place, il faut tout relire, encore et encore. Pour cette tâche fastidieuse, l’équipe est secondée par une cinquantaines d’étudiants. La période de bouclage est stressante pour tous mais quelle joie de voir enfin le dictionnaire publié !

J’ai adoré apprendre plein de détails sur la fabrication d’un dictionnaire notamment au Japon car la procédure est différente selon les pays (financé par le gouvernement ou par les maisons d’édition). La traduction est impeccable et les mots japonais sont romanisés. Ils sont peu nombreux mais présents puisque les personnes se questionnent sur des mots ou des expressions, et certains n’ont pas forcément d’équivalence en français.

En résumé :

J’ai beaucoup apprécié de découvrir l’élaboration de ce dictionnaire aux côtés de ses personnages attachants. Le récit est parfaitement construit et joliment raconté et il plaira à tout amoureux des mots.