« C’était le seul moyen de pousser à l’envers. »

La végétarienne de Han Kang

Han-Kang-La-VégétarienneEditions Le serpent à plumes
245 pages – 18€ – 2015
Traduction de Jeong Eun Jin et Jacques Batilliot

Quatrième de couverture :

Une nuit, elle se réveille et va au réfrigérateur, qu’elle vide de tout ce qu’il contenait de viande. Guidée par son rêve, Yonghye a désormais un but, devenir végétale, se perdre dans l’existence lente et inaccessible des arbres et des plantes.

Ce dépouillement qui devient le sens de sa vie, le pouvoir érotique, floral, de sa nudité, vont faire voler en éclats les règles de la société, dans une lente descente vers la folie et l’absolu.

Avis personnel :

Yonghye vit une existence paisible jusqu’à ce qu’elle décide subitement de devenir végétarienne. A la suite de rêves où elle voit des visages ensanglantés, elle pense qu’arrêter de manger de la viande ou de tout ce qui provient d’un animal pourra les stopper. Mais ses rêves ne cessent pas. Elle ne dort plus et ne mange plus. Elle devient si frêle qu’elle met en danger sa santé. Sa famille s’inquiète et tente d’intervenir mais rien ne détourne Yonghye de son objectif. Elle ne veut plus absorber de viande et son état physique, tout comme celui psychique, se dégrade.

Le livre est séparé en trois parties. Chacune est narrée par une personne différente, proche de Yonghye, mais ce n’est jamais elle directement. Outre les changements de narration, il y a plusieurs avancées temporelles. Le roman narre la descente dans la folie de Yonghye. Ses maigres tentatives de retour à la réalité ne seront jamais réussies.

Quand on fait un rêve, on le prend pour la réalité. Mais quand on finit la nuit, on sait qu’il n’en était rien…

Dans la première partie, sobrement intitulée « La végétarienne », l’histoire est narrée par le mari de Yonghye. Elle devient végétarienne du jour au lendemain et son mari ne peut pas le supporter. Au début, il tente plus ou moins de l’aider. Il fait appel à sa famille, il l’accompagne à l’hôpital mais il ne peut pas accepter son changement. Il n’essaye même pas de la comprendre.

La deuxième partie est racontée par le beau-frère de Yonghye. Artiste, il est fasciné par la tâche mongolique – qui est le nom de cette partie – au-dessus de la fesse gauche de Yonghye. Il ne rêve que de peindre des fleurs sur tout son corps et de le mettre en scène. Yonghye, aspirant à la nature, se laisse facilement convaincre.

La dernière partie, « Les flammes des arbres », est narrée par la sœur de Yonghye, Inhye. Les deux jeunes femmes sont différentes de caractère. Yonghye a toujours été placide, se laissant faire, alors que Inhye s’adapte plus facilement en société. Même si Inhye a des raisons d’en vouloir à sa sœur, elle ne peut pas l’abandonner.

La végétarienne est un roman original mais captivant. Le style est simple et descriptif. Le végétal auquel aspire Yonghye est transcrit par sa manière de vivre, par les images véhiculées par son but mais aussi par la narration.

En résumé :

Une plume très agréable pour une histoire originale.

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2 réflexions sur “« C’était le seul moyen de pousser à l’envers. »

  1. Je l’avais déjà croisé mais je n’ai pas eu le temps de me pencher dessus. Pourtant ça m’attire comme histoire. Bref, tu me rappelles à son bon souvenir et il faudrait que je me décide enfin à le lire !

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