« J’étais là, c’est tout. »

Les petits pains de la pleine lune de GO Byeong-Mo

Un humain qui rejette le présent ne peut rien changer, même avec un coup de pouce magique. N’oublie pas, si ce n’est pas maintenant, ce ne sera jamais.

Les-petits-pains-de-la-pleine-lune-poche

Titre original : Wizard Bakery
Editions Picquier – 221 pages
Novembre 2013 – 7,50€
Traduction de Lim Yeong-Hee et Françoise Nagel

Quatrième de couverture :

Comme dans toute bonne boulangerie-pâtisserie, il y en a pour tous les goûts dans ce petit livre : du mystère, des choses graves, de l’humour (noir), de la tendresse (cachée). Le héros est un jeune garçon coréen, sa mère s’est suicidée quand il était enfant et sa belle-mère le harcèle moralement. Un jour, il s’enfuit de chez lui et trouve refuge dans une pâtisserie, lui qui n’était pourtant pas fan de gâteaux ! Là il fera la connaissance d’une fille pas comme les autres, Oiseau-Bleu, et d’un pâtissier un peu sorcier. Car dans cette boutique vraiment banale en apparence, on confectionne des gâteaux aux pouvoirs étonnants, qui sont vendus sur Internet. Mais attention ! N’oubliez pas que la magie peut toujours se retourner contre vous.

Avis personnel :

Littérature asiatique toujours mais je vous présente un roman coréen cette fois-ci. Catégorisé jeunesse sur le site de l’éditeur, ce roman présente à certains moments une telle noirceur qu’il est difficilement à conseiller pour un public jeune – adolescent peut-être.

Notre héros est un jeune garçon qui ne trouve pas sa place dans la société. Sa mère l’a abandonné lorsqu’il avait six ans. Son père s’est ensuite remarié. Le garçon a tenté de cohabiter avec sa nouvelle femme, Mme Bae, mais peu à peu la distance s’est creusée entre eux. Mme Bae l’exile de plus en plus en le harcelant. Son père est totalement indifférent. Et de plus, le héros bégaie ce qui fait qu’il n’exprime pas ses pensées et qu’il est aussi introverti à l’école.

En affirmant que les belles-mères des contes n’existaient absolument pas, il n’avait pas semblé se rendre compte qu’il n’y avait pas de mot plus violent que absolument. Un conte a beau n’être qu’une fiction, il ne manque pas de cohérence. Les temps changent, mais la nature humaine ne connait pas de transformation radicale.

Notre héros trouve refuge dans une boulangerie tenue par un sorcier et une jeune fille nommée Oiseau-Bleu. Sous ses airs bourrus, le pâtissier se soucie du héros comme la jeune fille. En échange de son hospitalité, le jeune garçon va gérer le site web de la boutique. En ligne, sont vendus des pâtisseries aux propriétés magiques : poupées vaudous pour blesser quelqu’un, flans porte-bonheur, meringues pour retourner dans le passé, philtres d’amour… Toute une variété est disponible aux effets divers et n’importe qui peut les acheter, que les personnes soient animées de bonnes ou mauvaises intentions. Mais attention, la magie n’est pas si simple. Si vous attribuez un mauvais sort à une personne, quelque chose peut aussi vous arriver.

Le jeune garçon va découvrir les propriétés de ces gâteaux et réfléchir sur la nature humaine avec les requêtes de certains clients. Il séjourne chez le sorcier à titre provisoire et devra retourner chez lui pour régler les conflits. L’auteure offre deux alternatives de fin même s’il me semble que la dernière est celle à retenir.

Ce livre ne fait pas preuve d’espoir. Comme le dit l’auteure, tout est question de choix. La vie n’est pas simple mais il faut faire avec. Une leçon un peu douce amère.

Ce roman est une histoire de choix. Statistiquement parlant, on a plus de chances de faire le mauvais choix que le bon, tout comme, au jeu de dés, on a plus de chances de tomber sur les mauvais numéros que les bons. Malgré tout, chacun doit subir les conséquences de ses décisions.

Le livre est bien écrit, mêlant parfaitement le merveilleux avec l’époque moderne. Le passé et le présent sont inextricablement liés. L’auteure ne fait pas de demi-mesure. Les actes sont dénoncés brusquement et la dureté est bien présente. Toutefois, le roman offre aussi de beaux moments. Une très jolie découverte.

En résumé :

Wizard bakery est un roman qui ne cache pas sa dureté mais qui est aussi emprunt de belles émotions.

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4 réflexions sur “« J’étais là, c’est tout. »

  1. Et bien ton avis me motive encore plus à le découvrir. J’aime beaucoup les histoires de ce genre avec un côté dur une vision assez négative de certains aspects de la vie. Je l’avais déjà noté maintenant il n’y a plus qu’à !

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