« Tous les chants d’oiseaux sont des chants d’amour. »

Petits oiseaux de Yôko Ogawa

Du fond de sa gorge débordait un chant précis de virtuosité au volume disproportionné par rapport à son petit corps. Il y avait des modulations, des variations d’intensité, des staccati, des trilles. Il y avait une introduction, une ligne mélodique, un intermède, un point culminant. Tout y était.

petits-oiseauxTitre original : Kotori
Editions Actes Sud – 269 pages
Septembre 2014 – 21,80€
Traduction de Rose-Marie Makino-Fayolle

Quatrième de couverture :

Il est le seul à pouvoir apprendre la langue pawpaw afin de communiquer avec son frère aîné, cet enfant rêveur qui ne parle que le langage des oiseaux, n’emploie que ces mots flûtés oubliés depuis longtemps par les humains.
Après la mort de leurs parents, les deux hommes demeurent ensemble dans la maison familiale. D’une gentillesse extrême, l’aîné, qui ne travaille pas, se poste chaque jour tout contre le grillage de la volière de l’école maternelle. Peu à peu, la directrice remarque son calme rassurant pour les oiseaux, sa façon subtile de les interpeler, et lui confie l’entretien de la cage.
Quant au cadet, régisseur de l’ancienne résidence secondaire d’un riche propriétaire du pays, le jardin de roses, les boiseries des salons, la transparence des baies vitrées sont à la mesure de son attachement pour les lieux de mémoire.

Parfois, les deux frères décident de “partir en voyage”. Valises en main, ils font halte devant la volière. Ravis de palabrer avec les moineaux de Java, les bengalis ou les canaris citron, ils oublient dans l’instant tout projet de départ. Un jour pourtant le calme du quartier semble en danger, une enfant de l’école disparaît.

Petits oiseaux est un roman d’une douceur salvatrice qui nous confie un monde où la différence n’influe pas sur le bonheur, où la solitude conduit à un bel univers, un repli du temps préservant l’individu de ses absurdes travers, un pays où s’éploient la voix du poème, celle des histoires et des chants d’oiseaux, celle des mots oubliés.

Avis personnel :

J’ai pu découvrir ce livre grâce aux matchs de la rentrée littéraire de Priceminister. Il ne faut pas se fier à la quatrième de couverture qui contient des erreurs et des éléments qui arrivent vraiment à la fin du roman.

Petits oiseaux est un roman calme qui raconte la vie simple et quotidienne de deux hommes.

Le livre s’ouvre sur le décès du monsieur aux petits oiseaux. Tout le monde le connaissait sans réellement le connaître. Qui était-il vraiment ? Et nous voilà partis à la découverte de son histoire. Rien d’extraordinaire, il a mené une existence simple mais suffisante pour écrire tout un roman.

Les gens qui lisent des livres ne posent pas de questions superflues, ils sont paisibles.

C’est l’histoire de deux frères qui vivent en marge de la société, dans leur monde à eux. Le cadet, notre monsieur aux petits oiseaux, s’occupe de son aîné depuis qu’il est tout petit. L’aîné est différent : il ne parle que son langage à lui, et que seul son frère comprend. Surnommé « pawpaw », ce langage ressemble aux chants des oiseaux. L’aîné est émerveillé par eux. Il peut rester des heures à les contempler, à imiter leurs chants, à rechercher des informations sur lui. Le cadet est son lien avec le monde. Ils ont leurs rituels immuables : la sucette du mercredi chez la pharmacie, les préparations très codifiées pour les « voyages » qui n’aboutissent jamais, le sandwich au pain de mie le midi… Le cadet s’est totalement effacé face à son frère, subvenant seul à leurs besoins et étant à ses côtés à chaque instant, faisant preuve d’abnégation.

Lorsque l’aîné disparaît, le cadet va vouloir conserver tous ces liens qui les unissaient. Mais malgré tous ses efforts, les gens commencent à l’oublier. Le bocal à sucettes disparaît, le cadet n’a plus de raison de rentrer à la maison manger le sandwich au pain de mie. Tout en continuant à se passionner pour les oiseaux comme son frère, le cadet va alors découvrir de nouvelles choses et faire connaissance avec d’autres personnes : une bibliothécaire semblant se soucier de lui, un vieillard avec sa boîte à musique contenant un grillon pour écouter son chant…

Tout en se penchant pour nettoyer de fond en comble cette volière que sa vie durant son frère aîné n’avait cessé de contempler, il écouterait derrière lui s’élever le chant d’amour des oiseaux.  C’était la meilleure façon de se rapprocher de son frère défunt, pensa-t-il en son coeur.

C’est un livre lent, s’attachant à plein de petits détails qui reviennent à de nombreuses reprises. Il est peut-être parfois un peu trop lent. J’ai apprécié cette lecture mais j’ai mis du temps à la terminer. Après un chapitre terminé, je prenais parfois quelques jours de pause avant le suivant mêmes si les événements se suivaient. La narration est réaliste tout en étant poétique, surtout dès qu’il est questions des oiseaux.

La cage n’enferme pas l’oiseau. Elle lui offre la part de liberté qui lui convient.

En résumé :

C’est un roman simple, tout comme la vie du monsieur aux petits oiseaux. Mais c’est une lecture plaisante, se savourant à petits bouts.

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2 réflexions sur “« Tous les chants d’oiseaux sont des chants d’amour. »

  1. Je n’ai toujours pas lu son autre roman. Cependant, cette histoire a l’air touchante et simple en même temps, et parfois des lectures calmes et lentes font un bien fou ^^

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