« Il ne savait pas qu’il criait et gémissait sans bruit. »

L’homme qui avait soif de Hubert Mingarelli

hommesoifEditions Stock – 155 Pages
Janvier 2014 – 16 €

Quatrième de couverture :

Japon, 1946, pendant l’occupation américaine.
Démobilisé depuis peu, Hisao revient de la montagne avec une soif obsédante et des rêves qui le hantent. À bord du train qui doit le conduire vers la femme aimée, il commet une terrible erreur. Descendu pour boire, il voit le train repartir avec sa valise et l’oeuf de jade qu’il a prévu d’offrir à Shigeko.
Alors qu’un suspens subtil mais intense invite le lecteur à suivre les péripéties d’Hisao courant après sa valise, se dessine la bataille de Peleliu où il a combattu aux côtés de Takeshi, jeune soldat troublant qui chante dans le noir. Et qui mourra à ses côtés.
Dans ce roman aussi puissant que poétique, Hubert Mingarelli évoque avec une rare élégance l’amitié entre hommes et le Japon meurtri par la guerre.
Hisao retrouvera-t-il sa valise et arrivera-t-il jusqu’au « mystère Shigeko » ?

Avis personnel :

Tout d’abord, merci à Babelio et aux Editions Stock pour m’avoir permis de découvrir ce roman.

Ce roman est court, avec des chapitres brefs, souvent de deux pages. Les chapitres alternent entre le passé et le présent. La narration permet de découvrir la vie d’Hisao et de s’impliquer envers ce personnage bien que subsiste un certain retrait.

Hisao Kikuchi est dans le train, rentrant chez lui pour se marier avec Shigeko, une femme aimée qu’il n’a encore jamais vue. Descendant pour boire à un arrêt, il ne peut remonter avant d’avoir terminer. Il laisse alors le train repartir sans lui, emportant sa valise et l’oeuf de jade qu’il souhaite offrir à Shigeko. Ce roman raconte le parcours de Hisao pour retrouver sa valise. Il va rencontrer de nouvelles personnes dont certaines partagent quelque chose de commun avec lui : ils ont fait la guerre et ont perdu des proches.

Hisao Kikuchi s’était couché sur le côté et ouvrait la bouche sous la pierre d’où l’eau gouttait. Sans doute un reste de rosée que la mousse avait gardée. Une goutte, deux gouttes, il pouvait les compter. Il en tombait si peu que c’était une douleur dans sa bouche. Il avait envie de manger la pierre, comme si l’eau avait été à l’intérieur.

Le roman montre les images du passé d’Hisao, permettant au lecteur de comprendre d’où vient cette soif inextinguible. Il était dans la montagne de Peleliu, creusant des galeries pour se protéger des futures attaques. Mais cela ne l’a pas empêché de perdre son ami Takeshi, qui chantait dans le noir et avait le don d’inventer des chansons magiques. Le monde là-bas n’était plus le même, les notions de jour et nuit n’existant plus. Creuser, se ravitailler, dormir, et ainsi de suite jusqu’au jour où les attaques ont commencé.

Avec cette brièveté, le roman fait beaucoup d’ellipses mais raconte l’essentiel. Il permet de comprendre qui est Hisao et où il en est aujourd’hui. La guerre s’est terminée mais est encore bien présente dans le cœur et l’esprit des vétérans. Le roman se termine sur la fin du parcours, presque initiatique, de Hisao, qui arrive à se libérer des démons du passé en parlant. Un seul regret : que la figure de Shigeko ne soit pas vraiment exploitée. Ce n’est que la femme aimée que le héros veut rejoindre.

En résumé :

Un roman sur le retour de la guerre avec un héros qui cherche à retrouver quelque chose de perdu (bien plus qu’un objet matériel) et à se libérer de l’entrave de la guerre toujours bien présente dans son esprit. Il manque toutefois quelque chose qui fait que ce roman ne m’a pas vraiment touchée.

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2 réflexions sur “« Il ne savait pas qu’il criait et gémissait sans bruit. »

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