Science-Fiction

« Le monstre ? Il n’est jamais revenu. »

La sorcière d’avril et autres nouvelles de Ray Bradbury

sorciereavrilEditions Actes Sud Junior
Ecrits dans les années 50
Avril 2001 – 94 Pages – 11,50€
Illustrations de Gary Kelley

Quatrième de couverture :

Dans ce monde-là, les sorcières sont des jeunes filles qui rêvent de tomber amoureuses et d’aller danser, les hommes noirs échappés de la Terre vivent heureux sur Mars loin des hommes blancs, la brousse africaine a virtuellement envahi la chambre des enfants et les monstres marins émergent de l’eau pour faire écho aux sirènes des phares. Dans ce monde-là, les frontières entre le réel et l’imaginaire ont disparu, et le fantastique se mêle de poésie. Ce monde-là, c’est l’univers d’un maître de la science-fiction.

Avis personnel :

Ce recueil jeunesse est composé de quatre nouvelles de science-fiction. L’auteur envisage un autre monde, peuplé de créatures étranges, ou un avenir très destructeur.

La Sirène (The fog horn en VO) est la première nouvelle de ce recueil et ma favorite. L’histoire se passe dans un phare. La Sirène émet régulièrement un cri. Des profondeurs, un monstre millénaire l’entend et vient y répondre. L’atmosphère est plutôt angoissante. Cette nouvelle fait entre autre réfléchir sur la vie. J’ai aimé cette histoire et la façon dont elle est racontée.

C’est ça la vie, dit McDunn. Attendre toujours quelqu’un qui ne revient pas. Aimer toujours plus quelqu’un qui vous aime toujours moins. Et au bout d’un certain temps arriver à vouloir le tuer pour qu’il ne puisse plus vous faire souffrir.

Dans Comme on se retrouve (The other foot), les hommes noirs ont fui la Terre pour coloniser Mars où ils habitent enfin en paix. Mais une fusée s’approche d’eux… Comment se comporter face à cet homme blanc ? La date d’écriture de cette nouvelle est importante pour comprendre tous les événements de cette période : les noirs ayant des places réservées au cinéma, dans les bus, etc pour éviter le plus possible d’être mêlés aux blancs. Une nouvelle très intéressante pour réfléchir aux conditions sociales de cette période.

La brousse (The veldt) est une nouvelle bien étrange et dont la fin fait peur. Dans un futur technologique, les humains habitent dans des maisons et ont des appareils qui font tout à leur place : lacer ses chaussures, préparer à manger, etc. Dans cette nouvelle, une famille vit dans une de ces maisons. Si les parents se rendent peu à peu compte de la perte de leur liberté et veulent y remédier, les enfants ne sont pas prêts à tout abandonner. Ils n’ont guère d’affection pour leur parents et ont reporté cette amour sur leur pièce spéciale qui crée tout ce qu’ils imaginent. Si cela est censé n’être que de la fiction très proche de la réalité, quelle est la limite ?

La Sorcière du mois d’avril (The April witch) raconte l’histoire de Cecy, une sorte d’esprit qui peut vivre dans toutes sortes de choses (chien, feuille, goutte de pluie…). Elle prend possession du corps d’Ann car elle veut tomber amoureuse. Elle va alors à une soirée dansante avec Tom, épris d’Ann. Une histoire d’amour particulière.

J’ai adoré l’écriture de ces nouvelles. Tout est très poétique et philosophique. Ce recueil est classé jeunesse et il doit être très intéressant de l’étudier. Mais toute personne peut le lire pour son propre plaisir.

Un dernier mot sur les illustrations qui accompagnent le texte. Peu nombreuses, elles correspondent bien aux récits. Elles sont en pastel, j’ai beaucoup aimé leur rendu. Vous pouvez voir quelques créations dans la galerie de l’auteur pour les intéressés.

En résumé :

Des nouvelles très poétiques qui invitent le lecteur à réfléchir sur le monde.