« C’est pas moi, dit-il, c’est monsieur Pinpin. »

Simple de Marie-Aude Murail

Editions L’école des loisirs – 206 Pages
Collection Medium – 2005 – 10,50 €

Quatrième de couverture :

Simple dit  « oh, oh, vilain mot » quand Kléber, son frère, jure et peste. Il dit « j’aime personne, ici » quand il n’aime personne, ici. Il sait compter à toute vitesse : 7, 9, 12, B, mille, cent. Il joue avec des Playmobil, et les beaud’hommes cachés dans les téphélones, les réveils et les feux rouges. Il a trois ans et vingt-deux ans. Vingt-deux d’âge civil. Trois d’âge mental. Kléber, lui, est en terminale, il est très très courageux et très très fatigué de s’occuper de Simple.
Simple a un autre ami que son frère. C’est Monsieur Pinpin, un lapin en peluche. Monsieur Pinpin est son allié, à la vie à la mort. Il va tuer Malicroix, l’institution pour débiles où le père de Simple a voulu l’enfermer, où Simple a failli mourir de chagrin. Monsieur Pinpin, dans ces cas-là, il pète la gueule.
Rien n’est simple, non, dans la vie de Simple et Kléber. Mais le jour où Kléber a l’idée d’habiter en colocation avec des étudiants, trois garçons et une fille, pour sauver Simple de Malicroix, alors là, tout devient compliqué.

Avis personnel :

Kléber est un adolescent de 17 ans qui a choisi de s’occuper de son frère Barnabé dit Simple. Ce dernier est déficient mental ou plutôt i-di-ot comme il le dit lui-même. Leur père avait placé Simple dans un institut spécialisé car il ne souhaitait pas s’occuper de lui dans sa nouvelle vie (remariage) mais le jeune homme avait régressé là-bas. Kléber et Simple sont livrés à eux-mêmes dans Paris mais l’adolescent ne manque pas de ressources. Après quelques péripéties, il parvient à trouver un logement pour son frère et lui : dans une colocation avec quatre autres personnes.

Les personnages sont très nombreux et tous très différents. Même si la vie aux côtés de Simple peut être difficile, il va leur apporter beaucoup. Corentin a de mauvaises habitudes qui vont être modifiées simplement par quelques remarques de Simple. Sa sœur Aria s’attache aussi fortement à Simple mais ce n’est pas le cas pour son petit ami Emmanuel. Celui-ci, étudiant en médecine, ne le considère que comme un handicapé et ne va pas plus loin. Le dernier des colocataires, Enzo, est secrètement amoureux d’Aria. Sous ses airs brusques, il cache un cœur d’or et deviendra ami avec Simple. Il y a aussi monsieur Villedieu qui sous ses airs bourrus de vieux grincheux n’est pas si mauvais que ça.

D’autres personnages ont aussi leur importance comme la famille musulmane de Zahra. Simple y trouvera des amis donc une petite fille sourde-muette. L’un des personnages les plus importants est une peluche : monsieur Pinpin. Il a le droit à la parole au même titre que les autres personnages. C’est lui qui incite souvent Simple à faire des bêtises mais parfois il le raisonne. C’est un compagnon de jeu idéal.

Tout en prenant soin de son frère, Kléber va essayer de vivre sa propre vie mais cela semble parfois impossible. Simple est très attachant ; observateur, il a conscience de nombreuses choses. Ses remarques sont souvent justes et drôles, pleines de naïveté. Mais c’est aussi un handicapé mental qui pose des problèmes et qui invente des jeux qu’il croit réels.

Corentin attrapa sur l’étagère la peluche toute décatie. Simple la prit et la posa devant lui. Une étrange tristesse se lisait sur son visage.
– Pourquoi les gens, ils sont méchants avec monsieur Pinpin ?
Simple avait le don de bouleverser Corentin. Il commença par détourner la tête pour s’essuyer les yeux.
– C’est pas… c’est pas vraiment qu’ils sont méchants. Mais les gens ne comprennent pas trop monsieur Pinpin. Il est … il est trop différent d’eux. Avec ses grandes oreilles et… euh… ses moustaches. Enfin, tu vois, c’est un lapin.
– Un lapin qui parle, l’aida Simple.
– Oui, c’est ça. Les gens, ça les étonne, ça leur fait un peu peur.
Simple soupira :
– C’est compliqué.
– Eh bien, reste Simple. Les gens, on s’en fout.
– Oh, oh, vilain mot.

La plume de Marie-Aude Murail est toujours aussi agréable. Simple mais précise, elle nous émeut avec des personnages très touchants. Les thèmes de l’amour, de l’amitié et de tolérance sont au cœur du roman. Même si le roman est jeunesse avec quelques éléments répétitifs ou éclipsés, cela est attendrissant et peut aussi amener à réfléchir sur l’handicap mental. Le lecteur oscille entre rire et tendresse tout au long du livre.

En résumé :

Un beau roman sur un thème qui n’est pas évident à traiter. Les personnages sont attachants et le style est agréable.

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11 réflexions sur “« C’est pas moi, dit-il, c’est monsieur Pinpin. »

  1. Hop dans la WL grâce à toi. Il a l’air émouvant et j’ai envie d’être émue en ce moment 🙂 Merci pour la découverte!

    PS: le nouveau design est super beau, c’est frais !

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