Contemporain

« La grande erreur commise par 90% des êtres humains, selon Fats, était d’avoir honte de ce qu’ils étaient ; de mentir, de vouloir à tout prix être quelqu’un d’autre. »

Une place à prendre de J.K. Rowling

Titre original : The casual vacancy
Editions Grasset – 680 Pages
Septembre 2012 – 24 €
Traduction de Pierre Demarty

Quatrième de couverture :

Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre…
Comédie de moeurs, tragédie teintée d’humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes révèle sous un jour inattendu un écrivain prodige.

Avis personnel :

Je suppose que vous connaissez déjà tous cette couverture (très voyante par ailleurs) vu que ce livre a fait parler de lui bien avant d’être publié. Pour ma part, bien que fan d’Harry Potter, je n’attendais pas la sortie de ce livre avec impatience (mais il était évident que j’allais le lire !). Je savais que c’était très différent de sa saga phénoménale donc je n’espérais rien en particulier. J’ai évité de lire les chroniques dessus pour pouvoir le découvrir par moi-même. Si je savais que ce livre était plus adulte, je ne m’attendais pas à quelque chose de si noir. Pas de déception pour autant, j’ai beaucoup aimé ce livre sans que ce soit un coup de cœur.

J’ai été surprise par le nombre important de personnages. En effet, le lecteur en suit une vingtaine et il y en a d’autres qui sont évoqués. Il est un peu dur de s’y retrouver au début mais on s’y fait finalement très vite. Les caractères des personnages sont approfondis et ils sont tous différents. De plus, les relations entre chacun permettent de mieux se les figurer. Certains personnages ont des traits caricaturaux mais ils sont tous décrits avec une telle justesse qui fait qu’ils nous apparaissent très réalistes. Malgré tous leurs travers (et ils sont nombreux…), on parvient à s’attacher à eux d’une certaine manière. Ils sont simplement humains. La galerie de personnages est si vaste que je ne parlerai que de ceux qui m’ont le plus touchés même s’ils sont vraiment tous intéressants et qu’ils ont tous un rôle à jouer. Chez les adultes, il y a Kay et Tessa qui m’ont bien plu. La première est nouvelle à Pagford, elle a suivi son petit ami sauf que ce dernier ne la considère pas réellement ainsi. Assistante sociale, elle se bat pour des causes justes qui lui tiennent à cœur mais elle ne connaît pas Pagford et son histoire. La deuxième est conseillère dans un lycée, elle cherche à aider les gens quels qu’ils soient.

Les personnages qui m’ont le plus plu sont les adolescents bien qu’ils aient tous beaucoup de secrets douteux. Krystal, jeune fille de seize ans habitant dans la cité des Champs, plutôt vulgaire et qui donne une impression de désintérêt total, est pourtant une jeune fille très attachante. Sa mère est une toxicomane alors elle tente de s’occuper de son petit frère mais elle n’a pas beaucoup d’expérience malgré tout l’amour qu’elle a à revendre. Andrew est un adolescent criblé de boutons d’acné qui ne pense qu’à la fille de Kay pour qui il a flashé. Victime de violences familiales, il déteste son père. Son meilleur ami est très populaire donc il apparaît parfois en retrait par rapport à lui. On le voit évoluer et prendre un peu son indépendance tout au long du roman. Sukhvinder est la dernière de sa famille et elle réussit moins bien scolairement que ses frère et sœur. Pas très belle, elle est victime de brimades à l’école ce qui fait qu’elle en vient à se détester. La relation de parents à enfants est un thème très fort de ce roman. Bien qu’elle soit montrée souvent tendue, on peut parfois voir de l’amour.

L’intrigue de ce roman – la mort d’un notable qui offre une place vacante au conseil de la paroisse – permet de révéler bien des secrets et des rancœurs. Ce livre est une satire sociale, parfois caricaturale mais aussi très réaliste. La noirceur traverse le roman de part en part qui est un vrai drame. Les personnages sont tous liés d’une façon ou d’autre autre au notable mort et leur comportement est décrit de façon magistrale. Ce roman dépeint les vices d’une société où la politique prend une grande importance et permet tous les coups. Ce n’est pas un roman joyeux, tellement la violence physique tant que verbale est présente.

Mais J.K. Rowling nous accroche à ce récit tellement son écriture est parfaite. Les descriptions sont précises sans être ennuyantes. L’auteure alterne sans cesse les registres de langue selon les personnages mais le langage cru est très présent. La focalisation est différente d’un chapitre à l’autre, parfois l’alternance est présente dans le chapitre. Mais tout cela est fait de telle façon que c’est naturel de passer d’un personnage à l’autre. Drogue, sexe, violence, abus…ce livre s’adresse sans conteste à un lectorat adulte. Un seul regret sur la fin : bien que l’intrigue soit résolue, d’autres informations auraient pu être apportées. J’aurais aimé continuer à suivre le futur de ces personnages mais la vie continue et il faut bien savoir s’arrêter.

Ce livre a été lu dans le cadre des matchs de la Rentrée Littéraire 2012 sur Priceminister. Je lui mets la note de 18/20.

En résumé :

Un très bon roman où l’écriture de J.K. Rowling nous entraîne dans un récit que l’on a du mal à quitter. Malgré l’atmosphère pesante et les travers de chacun des personnages, on s’attache à Pagford et à ses habitants.

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