Young-Adult

« L’amour était le meilleur moyen d’échapper aux définitions. »

Un amour de geek de Luc Blanvillain

Editions Plon Jeunesse
209 Pages – Octobre 2011 – 16 €

Quatrième de couverture :

Thomas est un geek.
Un quoi ?
Un geek. C’est-à-dire un nolife qui fragge comme il respire, slappe les cheaters et bizute les noobs.
Si vous n’y comprenez rien, c’est que vous êtes un pauvre parent, perdu dans la réalité. Mais si, comme Thomas, vous passez vos nuits devant l’écran à dégommer des crâs, à assiéger les donjons d’Azeroth, à diriger des guildes, vous savez ce que vivre veut dire.
Dans son monde Haute Définition, Thomas échappe aux êtres désagréables qui grouillent « in real life » : les nazes du lycée, l’odieux Latreille, Mme Friol, la prof de français fan de gros bouquins bourrés de descriptions. II supporte même ses parents, leurs gratins bios et sa petite sœur Pauline.
Alors ? Où est le problème ?
Le problème, c’est Esther dont Thomas est bêtement tombé amoureux.
Esther qui voltige sur le dos des chevaux, aime la lumière dans les arbres et rêve de vrais voyages.
Esther qui déteste les ordinateurs et ne sortira avec lui que s’il cesse d’être un nolife et jure de ne plus s’approcher d’un écran.
Thomas relèvera-t-il l’impossible défi ?

Avis personnel :

D’après la quatrième de couverture, je m’attendais à un roman où tout serait centré autour du couple Thomas et Esther. Mais d’autres intrigues prennent place ce qui rend ce roman bien plus intéressant. Thomas avoue son amour à Esther mais celle-ci n’acceptera de sortir avec lui que s’il arrête de jouer à ses jeux sur l’ordinateur pendant un mois. Il accepte ce pari mais sa famille s’y retrouve aussi mêlée. Son père passe beaucoup de temps à discuter de sa passion pour la musique, sa mère ramène quantité de travail à faire à la maison, sa sœur passe beaucoup de temps sur Facebook et lui joue à d’innombrables jeux vidéos. Plus d’ordinateur, de télévision, de portable pour tous pendant un mois ! Place aux jeux de société et aux discussions familiales. Du moins, tentatives plutôt que réelles conversations. Peu à peu, Thomas et Pauline vont se rendre compte que leur mère cache quelque chose et ils vont mener l’enquête. Cette famille va réapprendre à se connaître et à partager des moments simples.

J’ai particulièrement apprécié la relation fraternelle entre Thomas et Pauline. Le héros a 16 ans tandis que sa sœur a 14 ans. J’ai été surprise de leur âge, les pensant un peu plus jeunes vu certaines réactions mais cela se tient au fil de la lecture. Thomas est un adolescent accro aux jeux vidéos et expert en informatique : hacker est une simple formalité. Il joue à de très nombreux jeux comme Wow et Dofus et vu le nombre de jeux qui sont cités, on peut se demander comment il fait. Il joue en réseau avec des copains du lycée ou des inconnus. Il a par ailleurs croisé le proviseur sur un certain jeu…c’est une ficelle un peu grosse, le gentil proviseur ayant apprécié le jeu de son élève et qui va l’aider lorsqu’il sera suspecté pour un incident envers sa professeure de français mais ça reste sympathique. Quant à Pauline, c’est une jeune fille passionnée de chevaux, lisant Le destrier d’argent (après recherches, il semble que cette série n’existe pas mais il y a une monture nommée destrier d’argent dans Wow…ce qui n’est pas sans rappeler les fameuses séries du genre Grand Galop) et des revues sur l’équitation. Petite sœur exigeante, elle a passé de nombreux accords avec son frère. Par exemple, elle s’occupe de ses lectures scolaires et lui fait des fiches mais en échange il l’amène au cinéma ou au bowling. Ou encore, elle ne dit rien à leurs parents sur le temps de jeu de Thomas mais elle reste autant qu’elle veut dans sa chambre pendant qu’il joue. Elle semble très intelligente et pleine d’initiatives, elle aidera ainsi Thomas avec Esther et leur mère.

D’autres personnages un peu clichés sont présents : le garçon que tous les professeurs apprécient mais qui en réalité n’est qu’un hypocrite, la cruche de service à ses basques ainsi que des camarades obéissant à ses moindres besoins. Le meilleur ami de Thomas est quelqu’un d’effacé et apparaît très peu comme de nombreux autres personnages. Le roman se centre vraiment sur la famille de Thomas avec quelques épisodes à l’école ainsi qu’avec Esther. Cette dernière est décrite comme une fille différente des autres : passionnée d’équitation et de haute voltige, elle est très douée. Elle s’habille avec ce qu’elle coud, elle mange bio et sait ce qu’elle veut. Elle impose à Thomas ce pari car elle ne souhaite pas d’un geek comme copain.

L’écriture de l’auteur est définitivement moderne. Le style est plutôt simple et les termes informatiques sont finalement très peu présents. Le récit peut commencer par embrouiller le lecteur avec des termes incompréhensibles pour des personnes non-initiées aux jeux vidéos mais Pauline explique rapidement tout cela. Il y a aussi beaucoup d’humour, surtout dans les dialogues entre Thomas et Pauline. Par ailleurs, il y a énormément de références, qu’elles soient littéraires, audiovisuelles ou encore culturelles.

En résumé :

Un roman sympathique pour une lecture détente. Rien de transcendant ni qui restera longtemps dans les esprits, simplement un garçon et sa famille qui se redécouvrent.

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Théâtre

« Tous ceux qui avaient à mourir sont morts. »

Antigone de Jean Anouilh

Editions La Table Ronde
123 Pages – Mars 2006 – 5,40 €

L’auteur :

Jean Anouilh est un écrivain et dramaturge français, né le 23 juin 1910 à Bordeaux et mort le 3 octobre 1987 à Lausanne (Suisse). Sa pièce la plus célèbre est Antigone qui est une réécriture moderne de la pièce de Sophocle.

Avis personnel :

Qu’est-ce que j’apprécie cette pièce de théâtre ! Originale, superbement écrite, apportant des réflexions…il n’y a rien à décrier ! En prenant comme base un mythe antique, Jean Anouilh arrive à livrer un récit très actuel où le moderne et l’ancien coexistent parfaitement. La pièce a été écrite pendant la seconde guerre mondiale et Antigone est considérée comme une figure de la Résistance. Je n’entrerai pas dans les détails, ce n’est pas cet aspect là qui m’a intéressée dans la pièce mais voici quelques mots de l’auteur.

L’Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l’ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.

La pièce, constituée d’un seul acte, s’ouvre sur un prologue qui présente les personnages et résume l’action. A la mort d’Œdipe, ses fils Etéocle et Polynice se sont disputés le trône. Ils se sont entretués quand personne n’a voulu le partager. Etéocle a été porté en héros tandis que le cadavre de Polynice devra pourrir à la vue de tous et à la merci des charognards. Selon les rites de l’époque, toute personne non enterrée ne pouvait trouver la paix : son âme errait durant l’éternité. Toute personne qui tenterait d’approcher du corps serait condamnée à être emmurée vivante.

Antigone, l’héroïne éponyme, est une jeune fille avec un physique plutôt disgracieux : petite, maigre, mal peignée et noiraude. Pourtant, elle aussi courageuse et passionnée, ne voulant pas vivre à moitié. Elle est la fille d’Œdipe qu’il a eu avec sa mère Jocaste. Elle a pour sœur Ismène et pour frères Etéocle et Polynice. Ismène est dépeinte comme une jeune femme belle et raisonnable au contraire d’Antigone. Pourtant, ce n’est pas elle qu’Hémon choisira. Il s’éprend d’Antigone et la suivra jusqu’au bout. Le dernier personnage important est Créon. Frère de Jocaste, il a hérité du trône à la mort des deux frères ennemis. Il se montre sévère en condamnant Antigone qui tente de recouvrir de terre son frère mort. Mais étant le roi, il ne fait que gouverner les hommes. Il tente de la sauver, se montrant alors trop bon pour être un véritable tyran, mais Antigone ne veut rien entendre.

Antigone :

Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! Avec votre vie qu’il faut aimer coûte que coûte ! […] Moi, je veux tout, tout de suite, – et que ce soit entier – ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d’un petit morceau si j’ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd’hui et que cela soit aussi beau que quand j’étais petite – ou mourir.

Antigone doit mourir et personne ne peut rien y changer. Toutefois le lecteur espère un revirement de situation mais à chaque fois qu’il survient, Antigone décide de mourir pour une autre raison. C’est annoncé dès le prologue et le chœur se charge de rappeler les différents moments de cette tragédie. Le chœur joue son rôle de commentaire mais il apparaît aussi comme personnage, entamant un dialogue avec Créon. Finalement, Antigone ne sait pas réellement pourquoi elle meurt. C’est juste son rôle. J’ai particulièrement apprécié comment l’auteur rappelle la conception de la tragédie ainsi que les différents débats opposant Créon et Antigone.

Et puis, surtout, c’est reposant, la tragédie, parce qu’on sait qu’il n’y a plus d’espoir, le sale espoir ; qu’on est pris, qu’on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et qu’on n’a plus qu’à crier, – pas à gémir, non, pas à se plaindre, – à gueuler à pleine voix ce qu’on avait à dire, qu’on n’avait jamais dit et qu’on ne savait peut-être même pas encore. Et pour rien : pour se le dire à soi, pour l’apprendre, soi. Dans le drame, on se débat parce qu’on espère en sortir. C’est ignoble, c’est utilitaire. Là, c’est gratuit. C’est pour les rois. Et il n’y a plus rien à tenter, enfin !

En résumé :

Une très belle pièce de théâtre avec une écriture moderne et incitant à la réflexion.

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Liens : L’auteurLa pièce

Bilans

Juin 2012

Bonjour ! Voici le bilan livresque du mois de Juin. Beau score ce mois-ci, ça se voit que ce sont les vacances. ^^ J’ai donc lu 18 livres : 9 romans, 1 album, 3 mangas, 1 conte et 4 biographies. Je me suis occupée de faire descendre ma PAL et je n’ai eu que d’agréables lectures avec les livres qui en sont sortis. J’ai moins aimé certains livres du prix roman FNAC 2012 mais c’était une expérience sympathique.

LIVRES LUS :

  • Romans :

Exercices de style de Raymond Queneau [Chronique]

L’auteur raconte la même histoire de quatre-vingt-dix-neuf façons différentes (plus quelques exercices supplémentaires dans cette édition). Il joue pour cela avec les mots (figures de style entre autre) mais aussi avec les situations (différents points de vue). Une œuvre amusante que je conseille à tous !

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La muraille interdite [Tome 1 de Almoha] de Serge Brussolo [Chronique]

Une série en deux tomes seulement (c’est si rare désormais) avec beaucoup d’aventures et des héros sympathiques. Le protagoniste Nath est très attachant et on suit avec un plaisir mêlé d’impatience ce qui lui arrive (car rien n’est épargné aux personnages).

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Demain la révolution de Valérie Zenatti [Chronique à venir]

Un petit livre pour la jeunesse bien sympathique livrant un fort message de liberté et de solidarité.

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Digital Fortress de Dan Brown (VO) [Chronique]

Un thriller agréable qui garde un rythme soutenu du début à la fin avec une accélération sur les dernières pages. Les personnages sont simples mais attachants. J’ai juste regretté qu’il n’y ait pas plus d’énigme comparé aux autres écrits de cet auteur.

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Pome [Suite de Verte] de Marie Desplechin

Une suite sympathique avec toujours des mêmes événements racontés différemment par les divers personnages. Quelques nouveaux font leur apparition mais sont tout aussi attachants.

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La mémoire des murs de Tatiana de Rosnay [Chronique à venir]

Petit livre pourvu d’une narration entraînante, il se lit très rapidement. L’héroïne est plutôt ennuyante mais la tension présente à chaque page compense ce côté-là.

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La vie de Régis de Sá Moreira, Manège de Rodrigo Rey Rosa et Les bourgeoises de Sophie Ohayon pour le prix du roman FNAC 2012.

  • Mangas :

La traversée du temps de Ranmaru Kotone [Chronique à venir]

Un superbe manga qui livre un message très poétique. Les dessins sont doux et les dialogues plutôt simples mais portent à réfléchir.

Switch Girl de Natsumi Aida ; Tomes 5 et 6

Une série toujours aussi drôle ! J’aime beaucoup les personnages qui sont plutôt attachants. Nika et Arata forment un couple bien mignon. Les situations sont parfois peu crédibles mais cela reste sympathique.

  • Autres :

Max et les maximonstres de Maurice Sendak (Album)

Classique de la littérature de jeunesse, cet album mérite son engouement. Le côté psychanalytique ne peut pas être passé sous silence mais l’histoire en elle-même plaira aux petits comme aux grands. Le héros s’imagine un monde après avoir été puni par sa mère mais il finit par retourner chez lui car l’amour d’une mère est plus fort que tout.

Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll (Conte) [Chronique]

Une superbe découverte ! Ce petit conte propose un univers absurde extraordinaire avec des personnages plus farfelus les uns que les autres. J’ai apprécié de lire les aventures d’Alice et les situations improbables dans lesquelles elle se retrouve. Et tout cela est narré avec beaucoup d’humour et de poésie.

Quelques courtes biographies et bibliographies : Le monde de Kitty Crowther, Le monde de Mario Ramos, Anthony Browne : histoires d’une oeuvre et Tomi Ungerer. Des petits livres très instructifs avec beaucoup d’informations sur les auteurs et sur leurs œuvres.

AUTRES CHRONIQUES PUBLIÉES EN JUIN :

Voici des livres que j’ai lus avant Juin mais que je n’ai chroniqués que durant ce mois. Il en reste encore quelques uns dont je n’ai pas encore publié mon avis, ce sera fait en Juillet !

CHALLENGES :

J’ai avancé dans quelques challenges ce mois-ci :

  • ABC Critiques Babelio : +2 avec Exercices de style et Alice au pays des merveilles ce qui m’amène à 8/26 en livres lus mais seulement 6/26 en chroniques.
  • Je vide ma bibliothèque : +2 avec Digital Fortress et Alice au pays des merveilles ce qui fait 4/60.
  • Lecture & Liberté : +1 avec Demain la révolution.
  • Fin de série : j’ai terminé une série avec Pome mais j’en rajoute une autre avec La muraille interdite…J’ai avancé avec Alice au pays des merveilles.

ET POUR LE MOIS DE JUILLET ?

Je lis actuellement le tome 7 de A comme Association.

Voici quelques lectures prévues pour le mois de Juillet. Comme d’habitude, la liste est amenée à changer selon mon humeur du moment. Je n’ai guère respecté la liste du mois de Juin, je ne sais pas si celle-ci le sera vraiment. ^^