Fantasy & Fantastique

« Vivre, c’est avoir des problèmes et essayer de les résoudre. »

A comme Association ; Tome 7 : Car nos cœurs sont hantés de Erik L’Homme

Editions Gallimard Jeunesse & Rageot Editeur
Février 2012 – 203 Pages – 10,05 €

Quatrième de couverture :

Prénom : Jasper
Âge : 15 ans
Description : grand, maigre, peau blafarde et yeux charbon
Profession : Agent stagiaire à l’Association et lycéen (à ses heures perdues)
Signes particuliers : pratique la magie et joue de la cornemuse dans un groupe de rock médiéval
Aime : les mauvais jeux de mots, Donjons et Dragons, l’Agent stagiaire Ombe
Mission : sauver sa peau et l’honneur de l’Association

Avis personnel :

Le tome 6 se terminait brusquement, laissant le pauvre lecteur dans une attente désespérée de ce tome-ci. Ce dernier répond enfin à de nombreuses interrogations ! Je trouve toutefois que les tomes 6 et 7 sont en-dessous des premiers tomes, j’ai ressenti moins d’enthousiasme à les lire. Le tome 7 présente moins d’humour et moins d’aventures dignes du Jasper des débuts. Cela reste toutefois un plaisir de lire cette série. J’ai hâte de découvrir la fin avec le tome 8.

Au niveau de l’intrigue, ce tome 7 est la suite directe du tome 6. Le lecteur apprend de nombreuses choses sur les personnages et sur l’Association. On découvre le passé de Mademoiselle Rose, de Walter et du Sphinx qui est des plus intéressants. Mademoiselle Rose se démarque d’eux. On avait déjà aperçu quelques-uns de ses talents dans le tome précédent mais elle apparaît ici très puissante. Un peu comme un ninja. Bien loin des premiers tomes où elle n’était qu’une vieille secrétaire autoritaire derrière un bureau. Elle discute toujours avec le démon prisonnier du miroir ce qui permet d’éclairer le lecteur sur les divers événements.

Jasper est toujours à la poursuite du chamane Otchi et on découvre aussi la vérité à son sujet. Des personnages déjà croisés auparavant refont apparition, tant des gentils que des méchants comme le vampire Séverin ou le loup-garou Nacelnik amoureux de Ombe. Cette dernière est toujours présente à travers Jasper. Leurs dialogues sont à la fois drôles et touchants. C’est un duo qui fonctionne très bien auquel le lecteur ne peut être qu’attaché. Ce qui n’est pas le cas pour Nina qui est inutile. Jouant le rôle de la demoiselle en détresse, cela finit par devenir lassant. Son pouvoir principal est plutôt superflu. Fafnir, encore présent et indispensable, est toujours aussi attachant.

L’écriture est toujours aussi agréable. Comme précédemment, plusieurs chapitres coupent le déroulement de l’histoire. Ils portent sur les rêves de Jasper ou encore sur la compréhension des pouvoirs du chamane. Il y a peu de fabrication de sorts car Jasper est plutôt passif, plus témoin qu’acteur. J’ai aussi trouvé les traits d’humour moins présents. Il y a beaucoup d’action mais celle-ci paraît parfois trop lointaine. Ce livre comme le précédent est plus grave. Rose et Walter apportent des réponses à Jasper et ce dernier fait aussi quelques découvertes. Le livre se termine sur la révélation de sa nature, censée être un choc mais qui a été devinée facilement bien avant.

En résumé :

Enfin des révélations ! Jasper et Ombe sont toujours aussi attachants et on suit avec plaisir leurs aventures. Toutefois, Jasper est moins drôle et actif qu’à l’accoutumée ce qui fait qu’il y a parfois une certaine lenteur.

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Challenge : Série à jour dans le challenge Fin de série.

Contemporain

« Les murs se souviennent, toujours. »

La mémoire des murs de Tatiana de Rosnay

Editions Le livre de poche – 6 €
Septembre 2010 – 153 Pages

Quatrième de couverture :

Lorsqu’on entre quelque part, on peut s’y sentir merveilleusement bien ou, au contraire, horriblement mal. Comme si les pierres s’imprégnaient de joies ou de chagrin pour plus tard s’en décharger et les restituer.
Fraichement divorcée, Pascaline, une informaticienne de quarante ans, vient de trouver l’appartement de ses rêves. A peine installée, elle apprend que ces murs ont été témoins d’un crime. Lentement, par touches infimes, ce drame fait surgir en elle une ancienne douleur, une fragilité restée trop longtemps enfouie. Pour en finir avec son passé, elle se lance alors sur les traces d’un tueur en série.
Une quête obsessionnelle qui ravive ses blessures et l’amène à la lisière de la démence.

Avis personnel :

Cela faisait un moment que je souhaitais découvrir Tatiana de Rosnay. La quatrième de couverture de ce livre m’a intriguée, je me suis donc lancée avec celui-ci. Agréable découverte malgré quelques défauts, je lirai sans aucun doute un autre livre de cette auteure.

Pascaline est une femme perdue. Elle tente de refaire sa vie après que son mari l’ait quittée. Celui-ci a refait sa vie avec une autre femme et il est heureux. Elle déménage dans un petit appartement où elle se sent de suite chez elle. Mais ce lieu cache un lourd secret… Dans ces murs, une jeune fille a été assassinée. Pascaline possède une grande sensibilité qui lui fait ressentir des sentiments angoissants à travers ces murs qui témoignent de ce meurtre. Ne pouvant supporter de rester dans cet appartement, elle part dans un hôtel. Mais c’est trop tard, cette histoire a libéré son passé enfoui. Le synopsis tout comme le livre sont ambigus par ce côté-là. Pascaline ne mène pas d’enquête, ne recherche pas un meurtrier, elle mène plutôt une sorte de pèlerinage sur les traces du tueur en série. Cet homme a tué sept jeunes filles de façon effroyable et Pascaline revit ces morts.

La jeune femme ne vit alors plus pour elle-même. Elle commet des erreurs au travail, ne parle plus à ses rares amis et ne fait que penser aux jeunes filles décédées. Elle se rend sur les lieux de leur meurtre ainsi qu’à la prison où est enfermé le tueur en série. Elle refuse toute aide qu’on lui propose et s’enferme peu à peu dans sa folie. Son passé et sa blessure qui n’a jamais été guérie resurgissent. L’histoire des meurtres et le passé de Pascaline finissent par se rejoindre mais cela met du temps. Le lecteur ne sait pas vraiment où cela va conduire l’héroïne. Elle ne m’a pas réellement touché, elle est même parfois ennuyante. Son comportement n’est pas excusable et son obsession est vraiment malsaine.

J’ai particulièrement aimé l’écriture de l’auteure. Elle sait mener son récit qui est entraînant. Ce livre se lit d’une seule traite. Les chapitres sont courts et non numérotés ce qui incite à tourner les pages. La narration s’effectue à la première personne ce qui permet de mieux suivre la folie de l’héroïne. Je n’ai toutefois guère aimé la fin qui est trop éclipsée. Certes, on se doute de ce qui va arriver après toute cette fille mais on en aimerait un peu plus. Tout se précipite jusqu’à un point de tension élevé mais cela se termine subitement.

En résumé :

Un récit entraînant où l’on suit une héroïne qui sombre peu à peu dans la folie. La tension monte progressivement mais le livre se termine trop tôt par une fin abrupte.

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Young-Adult

« Beaucoup ont confiance en l’Enclave pour faire ce qu’il faut à long terme. »

Birth Marked ; Tome 1 : Rebelle de Caragh M. O’Brien

Titre original : Birthmarked
Editions Mango – 18 €
Janvier 2011 – 397 Pages
Traduction par Hélène Bury

Quatrième de couverture :

Ceux qui portent la marque sont la clé de l’avenir.

Dans le monde de Gaia, il y a les privilégiés, qui habitent derrière le mur de l’Enclave, et ceux, comme elle, qui vivent à l’extérieur. Tous les mois, la jeune fille aide sa mère, sage-femme, à donner à l’Enclave trois nouveau-nés. Mais, un soir, les parents de Gaia sont brutalement arrêtés et conduits derrière le mur. A peine ont-ils le temps de lui confier un mystérieux ruban sur lequel est brodé un étrange code…

Avis personnel :

De nombreux avis enthousiastes sur ce livre circulent sur la blogosphère et c’est ainsi que j’en ai eu connaissance. Je profite du challenge Livra’deux pour pal’Addict et du choix de Mandy pour le sortir de ma PAL. Cela a été une lecture plaisante mais loin du coup de cœur pour ma part.

L’histoire se passe dans les années 2400. Les ressources de la planète ont été épuisées et peu de monde semble avoir survécu à tout ce qu’il s’est passé (le lecteur a seulement connaissance des lieux de l’histoire). Dans l’Enclave vivent des personnes aisées et qui ne manquent de rien. Elles ont ainsi accès à l’eau, à l’électricité, à des loisirs et à une éducation. Différents rangs existent aussi à l’intérieur mais même la vie où le travail est le plus bas semble convenir à toutes ces personnes. Le Protecteur règne sur cette cité avec sa famille. Les gens les plus hauts sont habillés de blanc et ne travaillent pas. Au contraire, les domestiques sont vêtus de rouge. Les choix de couleur offrent une démarcation nette de ces deux types de personne mais personne ne semble se soucier de cela. J’avoue que ce n’est guère dérangeant dans la lecture mais c’est quand même dommage d’opposer l’Extérieur à cette enclave où il n’y a déjà pas de justice et de ne se soucier que d’eux. Justement, en parlant de l’Extérieur, les personnes qui y résident tentent de survivre tant bien que mal. L’Enclave leur fournit des denrées alimentaires et du divertissement avec l’Autélé (films et documentaires de l’Enclave) en échange des trois premiers bébés que chaque sage-femme met au monde chaque mois. Ce quota a été instauré des années auparavant après que le peuple ait demandé à l’aide. Il est donc accepté même si des familles rechignent à se séparer de leurs enfants.

L’intrigue se lance dès le début du roman lorsque les parents de Gaia sont arrêtés mais la jeune fille met du temps à réagir. J’ai personnellement bien aimé ce côté-là. L’héroïne est loyale envers l’Enclave même si elle en a peur. Elle ne remet pas tout en cause de suite. Elle a été élevée pendant seize ans en tant que personne de l’Extérieur puis sage-femme, il est donc de son devoir de servir l’empire. Finalement, elle se décide à agir quand elle apprend que ses parents sont condamnés. C’est une jeune fille très courageuse qui murit face à tous les événements auxquels elle est confrontée. Elle n’est pas toujours sure d’elle, complexée par sa cicatrice qui défigure le côté gauche de son visage, mais elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour sauver les gens qu’elle aime. Des flashbacks nous éclairent sur son passé et sur la vie avec ses parents. En tant que sage-femme, elle met la vie des bébés au-dessus de tout. Dans son périple, elle sera aidée par de nombreuses personnes. Comme tout roman young-adult, il faut une romance même si celle-ci n’a pas trop d’importance. Le protagoniste masculin est incarné par Léon Grey. Il apparaît comme froid et inexpressif pendant quasiment toute la totalité du roman. Même lorsqu’il montre ses sentiments à Gaia, ils sont difficilement perceptibles. Il ne sait pas toujours où se situer : aider la fugitive qu’est Gaia ou continuer à servir l’Enclave auquel il appartient ?

En ce qui concerne la narration, celle-ci est rédigée à la troisième personne avec une focalisation sur Gaia. Je me serais attendue à une narration à la première personne mais finalement, cela offre un certain retrait et permet de mieux comprendre certaines actions. Il n’y a pas de méchant ni de gentil. Bien sûr, le lecteur peut être révolté par les bébés qui sont pris à leur mère ou la violence des soldats mais une explication est donnée. L’Enclave ne cherche qu’à survivre. Il est beaucoup question de génétique et si les gens de l’Enclave restent entre eux, le problème de consanguinité se fait ressentir. Il est donc compréhensible de les voir réagir ainsi. Toutefois ce choix de narration est aussi à double tranchant. C’est regrettable du fait de certains événements qui affectent l’héroïne ; j’ai ressenti peu d’émotions à la lecture du roman. L’écriture est agréable mais le récit n’est pas haletant. Je n’ai pas été surprise par l’intrigue qui suit un schéma classique même si quelques (rares) révélations m’ont étonnée.

En résumé :

Le point fort du roman est sans conteste l’héroïne Gaia. Attachante, elle prend peu à peu de l’assurance et va se battre pour ce en quoi elle croit. L’intrigue est simple mais efficace, j’ai apprécié qu’il n’y ait pas un manichéisme évident. Par contre, sans dire qu’elle est ennuyante, la narration ne m’a guère happée.

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Challenges : Enfin un titre qui compte pour beaucoup de challenges : Challenge ABC Littératures de l’Imaginaire 2012Je vide ma bibliothèqueFin de série.

Mangas, Manwhas, etc

« Je t’attendrai dans le futur. »

La traversée du temps de Ranmaru Kotone

Titre original : Toki wo Kakeru Shōjo
Editions Asuka – Seinen
Oneshot – 194 Pages
2006 (VO) – 2008 (France)
D’après l’œuvre de Yasutaka Tsutsui
Character Design de Yoshiyuki Sadamoto
Disponible en DVD chez Kaze

Quatrième de couverture :

Makoto Konno est élève en première au lycée, et elle est inséparable de son ami d’enfance Kôsuke Tsuda et du nouvel élève Chiaki Mamiya.
Mais leur quotidien à tous les trois va être bouleversé lorsque Makoto va découvrir qu’elle est capable de voyager dans le temps…

Avis personnel :

La traversée du temps, c’est tout d’abord une nouvelle de science-fiction pour la jeunesse de Yasutaka Tsutsui. Pour moi, c’est avant tout un superbe film d’animation réalisé par Mamoru Hosoda. Dans son adaptation, il a modifié les personnages tout en gardant l’idée d’origine. Suite à son succès, différents mangas ont été sortis. Le manga que je vous présente raconte la même histoire que le film d’animation. Il existe une série en deux tomes sous le nom La traversée du temps : les origines qui est adaptée du roman. Un grand merci à Gigi-sempai qui m’a offert ce manga lors du swap Ghibli. Très bon choix puisque je souhaitais le découvrir depuis longtemps.

Les personnages sont tous très attachants. L’héroïne, Makoto, est une jeune fille pleine de vie. Sociable, pas toujours travailleuse en classe, un peu paresseuse, très sportive, elle croque la vie à pleine dents ! Ses deux meilleurs amis sont Kôsuke et Chiaki. Le premier est un jeune homme très sérieux, là pour donner des conseils à Makoto qui est parfois trop casse-cou. Le deuxième est plus mystérieux mais il est néanmoins très complice avec ses deux amis. Cette bande se retrouve très souvent pour jouer au base-ball. D’autres personnages sont évoqués avec la famille de Makoto et les autres élèves de l’école mais ils ne sont guère importants excepté la tante de notre héroïne. Surnommée Tatie Sorcière, son vrai nom étant Kazuko, elle est une femme mystérieuse et très sage, avec toujours le sourire. Elle sera d’une grande aide à Makoto avec ses conseils avisés.

Lorsque Makoto découvre qu’elle peut voyager dans le temps, elle va tout d’abord se confier à sa tante. Celle-ci lui expliquera en quoi consiste son pouvoir puisqu’elle-même a déjà vécu cette situation (c’est en réalité l’héroïne du roman de Yasutaka Tsutsui). Makoto l’écoutera lui prodiguer ses conseils mais elle s’amusera avec son don : elle fait ce qu’il lui plaît, elle revit une seule journée jusqu’à ce qu’elle soit parfaite…par exemple, quand un accident survient, elle revient simplement en arrière…Mais ces retours en arrière ne sont pas illimités et certaines choses ne pourront pas toujours être évitées.

Ce manga est très poétique, il amène à réfléchir sur la notion de temps et à ce qui nous est cher. Il y a aussi de l’humour, surtout avec Makoto. Il propose une vraie fin comme le film même si une suite aurait été bien agréable. Certains passages sont parfois trop rapides et on aurait aimé en avoir plus. En ce qui concerne le style graphique, je le trouve très joli. Les traits sont précis et plutôt ronds. Les expressions sont diverses surtout celles de Makoto : heureuse, triste, désappointée, en pleine réflexion, en train de préparer une farce…Il y a peu de décors, les personnages monopolisant la place, mais ceux présents sont simples tout en étant très réalistes.

En résumé :

Makoto est drôle et vit intensément. Les dessins sont doux et le message poétique. Ce manga possède toutes ces qualités : un livre enchanteur en somme.

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