Mangas, Manwhas, etc

« Les étoiles ne sont pas toutes pareilles. Il y en a une qui scintille… »

Twinkle Stars – Le chant des étoiles de Natsuki Takaya

Titre original : Hoshi wa uta
Editions Delcourt – Shôjo
Série terminée en 11 tomes

Avis personnel :

Ceux qui fréquentent ce blog depuis un petit moment connaissent mon engouement pour la mangaka Natsuki Takaya. Je l’ai découverte avec sa série Fruits Basket qui est une pure merveille ! Je suis depuis toutes les parutions françaises de ses mangas. Twinkle Stars est sa dernière série publiée en France et terminée depuis quelques semaines. Si cela n’égale pas Fruits Basket (difficile tellement cette série est génialissime !), cette série reste tout de même très agréable.

L’héroïne de cette histoire se nomme Sakuya et possède quelques caractéristiques communes avec Tohru de Fruits Basket. Comme elle, elle est plutôt secrète et timide mais elle est très généreuse. De plus, elle est aimée de tous les personnages qui l’entourent, prêts à tout pour la protéger. Toutefois, elle est moins naïve que Tohru mais possède une blessure plus profonde. Sakuya se montre forte et cache ses faiblesses à ses amis. Elle rencontre un garçon, Chihiro, qui devine ce qu’elle dissimule au plus profond d’elle-même. Elle s’éprend de lui aussitôt mais ce mystérieux jeune homme la rejette avant qu’elle puisse lui avouer son amour. L’histoire de Twinkle Stars tournera autour de l’amour de Sakuya pour Chihiro, de leur amitié naissante jusqu’à l’éventuel partage de leurs sentiments.

Evidemment, Chihiro cache lui aussi une profonde douleur. Très mystérieux, il se dévoile peu à peu au contact de Sakuya et de ses amis. Ceux-ci, Hijiri et Yuuri, sont très protecteurs envers elle. Yuuri est un garçon enthousiaste, débordant de vitalité et ayant beaucoup d’amis. Il a perdu ses parents très tôt et c’est sa grand-mère et son frère Yuuto qui l’a élevé. On ne voit pas souvent ce dernier personnage mais il est plein de sagesse. Hijiri est une belle jeune fille d’une riche famille. Elle surprotège Sakuya mais a parfois un comportement puéril. J’ai particulièrement apprécié sa relation avec Saki, son serviteur lui passant le moindre de ses caprices. Le dernier personnage important est le cousin de Sakuya, Kanade, qui est associable mais s’occupe d’elle depuis que son père a abandonné notre héroïne. Tous les deux ont une relation particulière et apprennent à se reconstruire et à s’apprécier ensemble.

Les personnages sont tous très attachants. Comme dans Fruits Basket, ils cachent tous une blessure secrète, souvent profonde. Je dirais même qu’il y a encore plus de noirceur dans Twinkle Stars. Mais cette série se termine évidemment avec un message d’espoir. Natsuki Takaya introduit toujours cette notion et nous montre un monde où il est possible d’être heureux. Le personnage de Sakura est aussi l’incarnation de cette douleur et de ce combat pour simplement vivre. Liée au passé de Chihiro, nous ne la voyons pas souvent. Mais finalement c’est un des plus beaux personnages et le dernier tome se conclut sur elle. L’espoir est toujours là. La beauté du monde se voit aussi à travers les étoiles et leurs chants. Cette musique douce est celle des personnes étant toujours là pour nous. Le graphisme très doux accentue la poésie des mots.

En résumé :

Une très belle histoire avec des dessins doux et des mots poétiques.

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Vidéo de présentation :

Young-Adult

« La seule chose sûre, c’est qu’ici, la voix des armes couvre celle des hommes. »

L’enfant qui savait tuer de Matt Whyman

Titre original : Boy kills man
Editions Gallimard – 221 Pages
2004 (texte) – 2006 (traduction) – 9 €
Traduction de Stéphane Carn

Synopsis :

Haut comme trois pommes, Sonny déteste qu’on l’appelle Shorty. A douze ans, il aime encore les sucettes et vit à Medellin, en Colombie. Une ville où les trafiquants de drogue font la loi et où les armes remplacent souvent les mots. Plus qu’un copain, Alberto est pour Sonny un véritable frère. Tous deux rêvent de fuir la misère et la rue. Quand Alberto se fait « embaucher » comme tueur à gages par un parrain de la drogue et finit par disparaître tragiquement, Sonny se retrouve seul, totalement perdu. Une seule voie s’impose à lui : prendre la relève de son ami. Un revolver lui procurera le respect et la sécurité auxquels il aspire. Et de quoi vivre décemment. En toute innocence, Sonny signe ainsi sa perte. Mais a-t-il vraiment le choix ?

L’histoire de Sonny témoigne d’une réalité que tout le monde devrait connaître. Un livre que l’on reçoit comme un coup de poing.

Avis personnel :

Ce roman est basé sur une histoire vraie et on parvient aisément à se l’imaginer malgré toute son horreur. Le lecteur suit le personnage de Sonny dans une ville où la drogue est présente à chaque coin de rue. El Fantasma règne sur Medellin et il recrute Sonny, un enfant parmi tant d’autres, pour exécuter ceux qui le gênent. Les enfants tueurs à gages sont drogués pour pouvoir tuer, ils ne doivent pas hésiter ni trembler, seulement appuyer sur la gâchette.

Ce livre est l’histoire de Sonny, un jeune garçon qui ne songeait qu’à fuir cette ville mais qui va s’y retrouver piégé. Il est ami avec Alberto qui a sensiblement le même âge que lui. Ce dernier quitte rapidement l’école et Sonny se retrouve obligé de le suivre. En effet, très petit pour son âge, il subissait les brimades des autres à l’école et Alberto n’était plus là pour le protéger. Tous les deux distribuent des paquets (de la drogue) pour le compte de trafiquants. Suite à un accident, Alberto se trouve amené à rencontrer El Fantasma et entre à son service. A sa disparition, c’est Sonny qui va reprendre son travail. Alberto et Sonny ont pleinement conscience de leurs actes mais ils restent tout de même des enfants, avec des désirs d’enfants. L’argent qu’ils gagnent leur sert à s’acheter des choses simples comme des sucreries, des CD et des vêtements ainsi qu’à aider leur famille.

Ce roman est très violent, avec des images fortes qui ne peuvent que nous toucher. Voire des enfants abattre des adultes et connaître leurs sentiments est plutôt perturbant. Les armes sont puissantes et celle que possède Alberto puis Sonny est chérie comme un trésor. La misère et la violence de la vie des personnages ne peuvent pas nous laisser insensibles. Sonny décide d’être un enfant tueur à gages car il n’a pas d’autre choix. Sa vie n’est pas facile avec un oncle qui le bat constamment et le respect qu’il n’obtient pas des autres. Il semble ne plus y avoir d’innocence dans l’enfance. Pourtant les choix de Sonny sont guidés par l’amour et l’amitié, c’est un personnage très touchant.

Ce fut aussi soudain qu’un éclair. Aucun délai de réflexion. Pas l’ombre d’une mise en garde ou d’un avertissement. Il avait fait volte-face, derrière moi et avait tiré par-dessus mon épaule.

L’écriture de l’auteur est très belle. Le style est plutôt brut avec une narration efficace qui marque le lecteur. Les premiers chapitres au passé nous présentent la relation entre Alberto et Sonny jusqu’à ce que le moment présent arrive avec Alberto disparu et Sonny se retrouvant seul. Le passage entre ces deux moments est amené en douceur, étant à peine visible. C’est un roman fort qui bouleverse par la réalité qu’il montre. La fin ne laisse aucun espoir, le lecteur ne peut que rester abasourdi tandis qu’un sentiment de révolte mêlé de détresse monte en lui.

En résumé :

Un récit fort et bouleversant. L’histoire de Sonny est triste mais bien réelle et le lecteur ne peut qu’en être touché.

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Fantasy & Fantastique

« Tout ce que nous avons à décider, c’est ce que nous devons faire du temps qui nous est donné. »

Le Seigneur des Anneaux ; Tome 1 : La Communauté de l’Anneau de J.R.R. Tolkien

Trois Anneaux pour les Rois Elfes sous le ciel,
Sept pour les Seigneurs Nains dans leurs demeures de pierre,
Neuf pour les Hommes Mortels destinés au trépas,
Un pour le Seigneur Ténébreux sur son trône,
Dans le pays de Mordor où s’étendent les Ombres.
Un Anneau pour les gouverner tous. Un Anneau pour les trouver
Un Anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier
Au Pays de Mordor où s’étendent les Ombres.

Titre original : The Lord of the Rings
Editions Gallimard – 688 Pages – 2000
Illustrations de Philippe Munch
Traduction de F. Ledoux

Quatrième de couverture :

Dans les vertes prairies de la Comté, les Hobbits, ou Semi-hommes, vivaient en paix…jusqu’au jour fatal où l’un d’entre eux, au cours de ses voyages, entra en possession de l’Anneau Unique aux immenses pouvoirs. Pour le reconquérir, Sauron, le seigneur ténébreux, va déchaîner toutes les forces du Mal… Frodon, le Porteur de l’Anneau, Gandalf, le magicien, et leurs intrépides compagnons réussiront-ils à écarter la menace qui pèse sur la Terre du Milieu ?

Avis personnel :

J’ai découvert Le seigneur des anneaux il y a quelques années via les films de Peter Jackson. Je les ai depuis vus et revus de nombreuses fois, ce sont des adaptations vraiment très réussies. Ce n’est que maintenant que je lis l’œuvre originale qui est un classique de la fantasy. Ce premier tome m’a beaucoup plu et je lirai la suite sans trop tarder. Mon édition comporte de très jolies illustrations à chaque chapitre ce qui est très sympathique. Connaissant bien les films, je n’ai pas pu m’empêcher de m’y référer lors de ma lecture et ce sera donc la même chose de temps à autre pour cette chronique.

Le livre est séparé en trois parties : le prologue, le livre I avec les préparatifs de la fête d’anniversaire de Bilbon et la fuite des Hobbits jusqu’à Fondcombe et finalement le livre II avec la formation de la Communauté et la quête qui débute. J’ai particulièrement aimé le prologue qui était très intéressant. Je sais que certains le trouvent long voire ennuyant et ne le lisent pas mais personnellement j’ai aimé découvrir la Comté. Peut-être parce que je connais très bien l’histoire et que je souhaitais en apprendre plus sur ce que je ne savais pas. Les actions et les descriptions sont bien dosées pour livrer une histoire captivante. Je ne résumerai pas l’intrigue, je suppose qu’elle est connue de tous et si cela n’est pas le cas, la quatrième de couverture la synthétise bien.

Ce qui m’a le plus étonnée par rapport aux films, ce sont les caractères des personnages qui sont plutôt différents. De prime abord, ils sont moins attachants, apparaissant un peu froids mais j’ai fini par les apprécier au fur et à mesure. J’aime particulièrement le personnage d’Aragorn. Il apparaît dès le départ comme quelqu’un de confiance. Contrairement aux films, il est déjà en quête de son titre et possède avec lui son épée Andúril qui sera reforgée avant qu’il ne parte avec la Communauté. Je préfère sincèrement ce personnage dans les adaptations : il est plus incertain de son avenir et plus touchant. Mais bon, Aragorn reste Aragorn : courageux, valeureux, aguerri : un véritable héros auquel on ne peut pas résister !

Poème inventé par Bilbon au sujet d’Aragorn :

Tout ce qui est or ne brille pas,
Tous ceux qui errent ne sont pas perdus ;
Le vieux qui est fort ne dépérit point.
Les racines profondes ne sont pas atteintes par le gel.
Des cendres, un feu s’éveillera.
Des ombres, une lumière jaillira ;
Renouvelée sera l’épée qui fut brisée,
Le sans-couronne sera à nouveau roi.

Le protagoniste de cette saga se nomme Frodon Sacquet mais tous les personnages sont aussi importants les uns que les autres et ils ont tous un rôle à jouer. Frodon n’est pas un héros classique (fort, beau, grand, etc), c’est un personnage qui doute constamment mais qui possède une grande force morale ainsi qu’un grand courage. Il est accompagné dans sa quête par trois autres Hobbits. Sam Gamegie apparaît déjà comme quelqu’un de très fidèle, il fera tout pour son maître Frodon. Je l’imagine comme quelqu’un de pataud mais sur qui on peut compter jusqu’au bout. Les deux autres Hobbits ne sont pas toujours dissociables : Peregrin Touque dit Pippin et Meriadoc Brandebouc dit Merry sont amis avec Frodon. A la différence des films, ils apparaissant très protecteurs et peu farceurs. Ce serait plutôt Frodon qui serait le plus facétieux de la bande. Il est aussi impossible de ne pas évoquer Bilbon, l’oncle de Frodon, dont ce dernier hérite l’Anneau. Grand aventurier, il rêve toujours de voyages.

Un petit dialogue pour en savoir plus sur les Hobbits et illustrer l’atmosphère :

– As-tu pensé à une fin ? [dit Bilbon.]
– Oui, j’en vois plusieurs, et toutes aussi sombres que désagréables, répondit Frodon.
– Oh, ça ne fera pas l’affaire ! dit Bilbon. Les livres doivent avoir une fin heureuse. Que penses-tu de ceci : Ils se rangèrent tous et vécurent heureux ensemble pour le restant de leurs jours ?
– Ce serait bien, si jamais ça en arrivait à cela, dit Frodon.
– Ah, dit Sam. Et où vivront-ils ? C’est ce que je me demande souvent.

Tolkien a créé un univers vaste et très riche avec de nombreuses races. Le peuple des Hobbits est courageux, loyal et a un goût très prononcé pour la nourriture. Il y a aussi les Elfes qui sont gracieux, calmes et qui apprécient l’art et la beauté de toute chose. Legolas est le représentant des Elfes dans la Communauté toutefois on n’apprend pas grand-chose sur lui. De la même manière, très peu d’informations sur les Nains sont données mais celui de la Compagnie, Gimli, est plutôt détaillé. La rivalité entre Nains et Elfes existe entre Gimli et Legolas mais elle se transforme peu à peu en une solide amitié. Les Hommes sont présents à travers Aragorn mais aussi Boromir. C’est un personnage que j’ai beaucoup plus apprécié dans le livre que dans le film. C’est quelqu’un de droit qui succombe peu à peu au pouvoir maléfique de l’Anneau. Et pour compléter la Communauté, dernier membre des Neuf, Gandalf le Magicien. C’est quelqu’un qui demeure mystérieux, plutôt froid mais aussi très sage. On ressent l’attachement qu’il a pour Frodon et réciproquement.

D’autres races sont aussi présentes comme les Orques ainsi que d’autres personnages. Des Elfes, tous plus majestueux les uns que les autres, avec Elrond, Celeborn, Galadriel et Arwen. Des êtres décharnés et effrayants avec Gollum. Des Hommes anéantis et sombres avec les Cavaliers Noirs. Et aussi des personnages très mystérieux avec Tom Bombadil. Il n’apparaît pas dans les films et j’ai été agréablement surprise par lui. Il est très intriguant et il est certain que je lirai Les aventures de Tom Bombadil pour en savoir plus sur lui. Un dernier mot sur le personnage d’Arwen qui est malheureusement très peu présent. Ses sentiments amoureux avec Aragorn sont plus à deviner qu’explicitement montrés.

Le monde imaginé par Tolkien est vraiment très riche et intéressant. Il a doté chaque race d’une langue, de coutumes, d’une histoire et d’une géographie. Tout est très réaliste et fascinant. Chaque personnage possède sa propre histoire. Ils sont décrits synthétiquement mais on se les imagine parfaitement. On en apprend plus sur eux à travers leurs propres récits, ceux d’autrui, des chansons ou durant des péripéties. L’univers créé semble n’avoir aucune limite. J’aime particulièrement les noms des personnages, la beauté de l’elfique et toutes les histoires personnelles des personnages. Les lieux sont tout aussi magnifiques. Fondcombe est un havre de paix mais qui ne suffira pas à retenir l’ennemi. Autre royaume elfique : la Lothlorien doit être époustouflante ! Sans oublier la mine de la Moïra qui semble grandiose. Et la Comté, cette terre étant un doux foyer pour les Hobbits.

L’écriture de Tolkien est très poétique, parfois un peu complexe ou vieillie, mais toujours très plaisante. Le langage est plutôt maniéré mais cela ne m’a dérangé personnellement. L’auteur est aussi connu pour ses descriptions très longues. Pas de soucis de ma part excepté lorsqu’il est question d’orientation. Les mêmes termes sont souvent répétés et c’est parfois un peu lourd. De plus, il y a vraiment beaucoup de lieux et j’ai été facilement perdue avec seulement une carte très petite en début du roman. Ce que j’ai aussi particulièrement aimé, ce sont les chansons et poèmes très nombreux. Ils sont très beaux et apportent aussi des informations sur l’intrigue et sur l’univers. Tolkien explique ce que devient chacun des personnages, même le plus simple cheval. Ca coupe peut-être la narration mais j’aime savoir ce qu’il arrive à chacun et vu le nombre de personnages, c’était nécessaire ! Cette œuvre apporte de la réflexion et des morales qui passent à travers beaucoup de sentiments transmis (joie, peur, courage, tristesse…) aux lecteurs qui vivent intensément les aventures de la Communauté. L’émotion la plus belle étant incontestablement l’espoir.

Galadriel :

Mais, à présent encore, il reste de l’espoir. Je ne vous donnerai pas de conseils en vous disant de faire ceci ou cela. Car ce n’est pas en actes ou en combinaisons, ni dans le choix entre tel ou tel parti que je puis vous être utile ; mais seulement par ma connaissance de ce qui fut et de ce qui est, et partiellement aussi de ce qui sera. Mais je vous dirai ceci : votre quête ne tient qu’à un fil. Faites un seul faux pas et elle échouera, et ce sera la ruine de tous. L’espoir reste cependant, tant que tous les membres de la Compagnie seront fidèles.

Pour terminer, un dernier paragraphe sur quelques changements par rapport aux adaptations. Déjà, le temps est très différent. Dans le livre, beaucoup d’années s’écoulent entre la découverte de l’Anneau et la mise en place de sa destruction. Frodon a ainsi plus de cinquante ans et je m’imaginais vraiment un jeune homme. Le Conseil à Fondcombe est aussi beaucoup moins désorganisé, on explique ce qui est arrivé à chaque personnage présent. Très intéressant mais parfois un peu long, la version filmée a beaucoup plus d’impact.

En résumé :

C’est une lecture incontournable en fantasy. Tolkien a créé un univers très riche et bien construit avec quantité de personnages ayant tous leur rôle à jouer. Son écriture est poétique avec de très belles phrases qu’il est impossible d’oublier.

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Challenges : Je vide ma bibliothèqueABC Littératures de l’Imaginaire 2012Fin de série

Classiques

« Je mtai ds aubus plein dvyageurs. »

 Exercices de style de Raymond Queneau

Editions Folio -– Limitée (textes inédits)
232 Pages – Mars 2012 – 6,17 €
Préface de Emmanuël Souchier

Quatrième de couverture :

Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au long cou, coiffé d’un chapeau orné d’une tresse au lieu de ruban. Le jeune voyageur échange quelques mots assez vifs avec un autre passager, puis va s’asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus.

Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes, dans l’édition souhaitée par Raymond Queneau. La prolongent, de façon exceptionnelle dans le présent volume, vingt-deux exercices supplémentaires et neuf variations publicitaires inédites.

L’occasion de redécouvrir une œuvre majeure, à la fois avant-gardiste et populaire, qui renouvelle avec humour les relations entre auteur, texte et lecteur.

L’auteur :

Raymond Queneau, né au Havre le 21 février 1903 et mort à Paris le 25 octobre 1976, est un romancier, poète, dramaturge français, cofondateur du groupe littéraire Oulipo.

Plus d’informations sur Wikipédia.

Avis personnel :

Merci à Livraddict et à Folio pour cette découverte. Il est plutôt difficile de parler de ce livre sachant qu’il n’y a pas d’intrigue, pas réellement de personnage à qui s’attacher, pas d’action mais simplement un récit revisité de multiples manières. Ce n’est pas pour autant que ce n’est pas intéressant et j’espère que mon avis bien que succinct vous incitera à découvrir cette œuvre étonnante. Plusieurs adaptations théâtrales ont été réalisées et je serais curieuse d’en voir une.

Raymond Queneau écrit les variantes d’une même histoire de façons parfois très différentes. L’histoire de base, c’est le narrateur qui voit deux fois le même individu particulier dans la même journée. Exercices de style, c’est des jeux, c’est de la littérature, c’est une œuvre qui joue avec les mots. Que ce soit des figures de style (Homéotéleutes, Synchyses, Polyptotes…), des permutations de lettres ou groupes de lettres ou encore des méthodes mathématiques (Géométrique). Dans cette dernière catégorie, il y a aussi la « méthode S + 7 » mise au point par Jean Lescure. Il s’agit de prendre un dictionnaire de référence et d’ajouter sept mots au substantif pour modifier le texte. La littérature combinatoire, part du synthoulipisme (invention et expérimentation de contraintes littéraires nouvelles), est utilisée à plusieurs reprises par Queneau dans l’Oulipo. Ce groupe (L’Ouvroir de littérature potentielle), composé de littéraires et de mathématiciens, cherche à produire de nouvelles structures contraignantes destinées à encourager la création.

L’auteur utilise aussi d’autres méthodes comme les sens (Gustatif, Auditif, Visuel…), les temps (Présent, Passé simple, Imparfait…), des points de vue différents avec celui du narrateur, du jeune homme, du passager agressé et parfois des personnages externes (Féminin). Le français n’est pas la seule langue utilisée puisqu’il y en a d’autres, soit par quelques mots, soit par des mots francisés, soit par l’accent (Italianismes, Anglicismes…).

D’ailleurs, voici un extrait avec Anglicismes :

Un dai vers middai, je tèque le beusse et je sie un jeugne manne avec une grète nèque et un hatte avec une quainnde de lèsse tressés. Soudainement ce jeugne manne bi-queuzme crézé et acquiouse un respectable seur de lui trider sur les toses. Puis il reunna vers un site eunoccupé.

A une lète aoure, je le sie égaine ; il vouoquait eupe et daoue devant la Ceinte Lazare stécheunne. Un beau lui guivait un advice à propos de beutonne.

Les textes sont la plupart du temps en prose mais il y a parfois des poèmes comme des sonnets ou des formes japonaises (Tanka, Haï Kaï). Certaines fois, il y a des néologismes comme le célèbre « écriveron » pour écrivain. Les textes sont très courts, généralement une page, parfois deux. A force de lire la même histoire, on la connaît parfaitement donc pour éviter la saturation, il est bien de faire des pauses. Par contre, cela a un avantage quand certains récits sont difficilement lisibles car on parvient à comprendre quel mot lire.

Mon édition contient des textes inédits dont des publicités en dehors de cette histoire pour le Shampoing Dop ou pour l’utilisation des tranquillisants à l’intention des docteurs. Queneau donne aussi quelques idées pour s’exercer comme : calligramme, fiche de lecture, rébus, jeu de l’oie, hiéroglyphes, épanalepse…

En résumé :

Une œuvre surprenante où les diverses variations offrent des possibilités infinies de s’amuser.

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