Thriller

« Everything is possible. The impossible just takes longer. »

Digital Fortress de Dan Brown

Titre français : Forteresse digitale
Editions Corgi Books – 510 Pages
Publication originale en 1998

Quatrième de couverture :

When the National Security Agency’s invincible code-breaking machine encounters a mysterious code it cannot break, the agency calls in its head cryptographer, Susan Fletcher, a brilliant, beautiful mathematician. What she uncovers sends shock waves through the corridors of power. The NSA is being held hostage – not by guns or bombs, but by a code so complex that if released would cripple U.S. intelligence.
Caught in an accelerating tempest of secrecy and lies, Fletcher battles to save the agency she believes in. Betrayed on all sides, she finds herself fighting not only for her country but for her life, and in the end, for the life of the man she loves…

Avis personnel :

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu de livre en anglais alors je me suis laissée tenter par celui-ci. Dan Brown est un auteur que j’aime beaucoup et j’ai quasiment lu tous ses autres livres. Digital Fortress est son premier roman, différent des autres, mais déjà très intéressant. J’ai toutefois regretté qu’il n’y ait pas plus d’énigme. De la même manière, l’informatique, la cryptologie et les mathématiques bien qu’omniprésents n’offrent qu’un ou deux codes à percer.

Le TRANSLTR est le plus puissant ordinateur au monde, il peut décoder toutes les données qui transitent par les réseaux en seulement quelques minutes. Possession des Etats-Unis et plus particulièrement de la NSA, le secret est jalousement gardé. Plus rien n’est privé, la sécurité nationale prime sur le respect des droits des citoyens. Mais tout le monde n’est pas de cet avis… Ensei Tankado, ancien membre du NSA, invente le programme Forteresse Digitale : cet algorithme peut tout crypter sans que cela ne puisse être décodé. Un ultimatum est donné : révéler au monde entier l’existence de TRANSLTR ou bien Tankado livrera cet algorithme à tous… Le compte à rebours est lancé…

La devise d’Ensei Tankado provenant de Satires of Juvenal :

Quis custodiet ipsos custodes ? = Who will guard the guards ?

Autrement dit par Hale, collègue de Susan :

If we’re the guards of society, then who will watch us and make sure that we’re not dangerous ?

Tout est extrêmement bien construit, rien n’est laissé au hasard. De nombreuses péripéties ponctuent le roman et il y a du suspens tout au long de la lecture. Les courts chapitres – généralement de trois pages – permettent de lire facilement et rapidement ce roman. Les cent dernières pages se lisent d’une seule traite tellement tout se précipite. Les points de vue alternent selon les chapitres : on suit d’un côté Susan puis d’un autre David dans des lieux différents avec parfois d’autres intervenants. Il s’agit de deux parts d’une même intrigue qui finissent par se recouper. Tout se rejoint à la fin dans une véritable course contre le temps.

Honor. Country. Love. David Becker was about to die for all three.

Au niveau de l’énigme, j’ai quasiment tout deviné depuis le début (le méchant, le plan…) mais sans avoir toutes les motivations donc j’ai eu tout de même quelques révélations. En ce qui concerne le niveau d’anglais, il n’est pas d’un niveau très élevé mais il faut tout de même avoir un certain niveau car de nombreux termes ne sont pas très courants. Les mots scientifiques ne m’ont pas dérangée mais ceux qui n’y connaissent rien en informatique (que ce soit de la lecture anglaise ou française) peuvent se retrouver parfois un peu perdus.

Les personnages sont peu développés. Ils présentent un trait de caractère essentiel et ils sont caractérisés par celui-ci mais cela n’empêche pas de bien se les représenter. Il y a des rôles types : le tueur à gage, le collègue arrogant mais qui en pince pour l’héroïne, le commandant protecteur, le technicien qui a le sens du devoir… Les deux héros de cette histoire sont Susan Fletcher, cryptologue, et David Becket, professeur de langues à l’université. Ils sont tous les deux très intelligents et courageux mais font aussi preuve de faiblesse. Un amour très fort les relie. Ce sont deux protagonistes très attachants.

En résumé :

Un thriller avec de nombreuses surprises et un rythme soutenu. Il est toutefois à regretter qu’il n’y ait pas plus d’énigme pour que le lecteur participe davantage.

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Challenge : Une lecture dans le cadre du challenge Je vide ma bibliothèque.

Lecture commune : LC lancée sur Livraddict par lamiss59283 et Zazou8888, voici les avis de mes co-lecteurs : lamiss59283, coconut, didikari, Zazou8888.

Contemporain

« Tu es mon voleur d’ombres, où que tu sois, je penserai toujours à toi. »

Le voleur d’ombres de Marc Levy

Editions Pocket – 292 Pages
Mai 2011 – 7,20 €

Quatrième de couverture :

Enfant, il vole les ombres de ceux qu’il croise… et chacune de ces ombres lui confie un secret. Malgré lui, il entend les rêves, les espoirs et les chagrins de ceux qu’il aime. Que faire de cet étrange pouvoir… ?

Quelques années plus tard, le « voleur d’ombres » est devenu étudiant en médecine… Est-il encore capable de deviner ce qui pourrait rendre heureux ses proches, comme Sophie avec laquelle il étudie la médecine, ou Luc, son meilleur ami, qui voudrait changer de vie ? Et lui, sait-il où le bonheur l’attend ?

Amour d’une mère. Inoubliable premier amour. Amour qui s’achève… Amitié longue comme la vie… Le voleur d’ombres est une histoire d’amour au pluriel.

Avis personnel :

Ce roman nous plonge dans une histoire simple, commune à tant de personnes, mais où les personnages sont très touchants. Leurs sentiments nous atteignent en plein cœur. Le point fort de ce livre est sans conteste le personnage principal qui est aussi le narrateur. On ne connait pas son prénom mais cela ne dérange absolument pas. C’est à peine si on en a conscience (pour ma part, je me ne m’en suis aperçue qu’après avoir posé le roman au premier tiers). On s’imagine parfaitement le personnage et on l’accompagne dans ses aventures.

Le livre est séparé en deux parties. Il n’y a pas vraiment de chapitres, quelques passages sont coupés par une page vide mais ce sont plutôt les paragraphes qui servent de séparation. La première partie se concentre sur le protagoniste lorsqu’il est enfant. La narration est en adéquation avec son âge, paraissant ainsi plutôt enfantine sans que le vocabulaire ne soit pour autant infantile. Et puis, ce petit garçon grandit et dans la deuxième partie, il est un adulte et fait des études de médecine. Le ton de la narration évolue aussi et s’accorde parfaitement avec ce héros plus mature.

La quatrième de couverture promet un sujet fantastique avec ce vol d’ombres mais cela n’est que peu exploité et ne sert qu’à aider et faire grandir le héros. Il fallait sans douter avec Marc Levy donc ce n’est pas vraiment pour ça que j’ai lu ce roman. Les histoires d’amour sont belles et bien traitées mais le pouvoir du héros aurait tout de même pu être plus mis en avant. En quoi consiste réellement ce don ? Eh bien, lorsque l’ombre du héros surplombe celle d’une autre personne, elles s’échangent. Le héros a ainsi accès aux souvenirs, aux aspirations et aux blessures de ces personnes grâce à un dialogue avec ces ombres. Il aidera ses proches grâce à ce qu’il connaît mais il n’utilisera que très peu ce pouvoir sans qu’on sache réellement pourquoi.

Du côté des personnages, ils sont tous plutôt attachants. Le héros perd son père très tôt lorsque celui-ci quitte sa mère. Dans un petit village, avec peu d’amis, il va grandir avec un amour maternel très fort. Leur relation est très belle, c’est une de celles que j’ai préférées dans ce roman. Il y a aussi Luc, son meilleur ami, fils du boulanger qui aspire à devenir médecin. Leur amitié traverse les années envers et contre tout. L’amour d’enfance, premier amour inoubliable, se présente sous le nom de Cléa, une fillette sourde et muette mais dont le héros apprécie la différence. Et sans oublier, Yves, le gardien de l’école, qui est le premier ami du héros. Un vieil homme triste mais avec beaucoup de générosité. Ainsi que Sophie, étudiante comme lui, avec qui il partage des instants de bonheur mais dont il ne sait pas vraiment si cela lui suffit. Que souhaite-t-il réellement ?

C’est un roman sur l’enfance qui ne s’oublie jamais. Elle se tient cachée prête à ressurgir au bon moment. Il n’y a pas vraiment d’intrigue, c’est juste un héros qui se cherche. Simplement un moment de lecture très touchant, avec beaucoup de sensibilité à travers tout cet amour – ou ces amours plutôt. On peut regretter le côté parfois irréaliste mais on ne retiendra que la douceur du récit et le bonheur de la vie.

Il est des petites choses qu’on laisse derrière soi, des moments de vie ancrés dans la poussière du temps. On peut tenter de les ignorer, mais ces petits riens mis bout à bout forment une chaîne qui vous raccroche au passé.

En résumé :

Un roman très touchant sur ce qui construit un individu à travers de belles rencontres.

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Liens : Site officiel de Marc LevySite sur Le voleur d’ombres

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Contes

« Les chauve-souris mangent-elles les chats ? »

Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll

Titre original : Alice’s adventures in Wonderland
Editions Pocket – 126 Pages
Mars 2010 – 1,50 €
Traduction par Jean-Pierre Berman
Couverture de Coliandre

Quatrième de couverture :

Par un jour d’été 1862, sur les berges de la Tamise, un jeune professeur d’Oxford, poète et mathématicien, improvise un conte pour distraire les trois fillettes d’un de ses amis. Charles Dodgson, alias Lewis Carroll, est en train d’improviser Alice au pays des merveilles.
Assise au bord de la rivière, Alice s’ennuyait un peu quand soudain, venu de nulle part, surgit un lapin blanc pressé de regagner son terrier. N’hésitant pas à le suivre, Alice pénètre dans un monde de prodiges et de menaces qui n’est autre que le royaume de l’enfance. Et voici le chat de Cheshire à l’étrange sourire, la terrible Reine de cœur, le Chapelier fou et le Lièvre de Mars, la Fausse Tortue et le Valet-Poisson…
Un siècle et demi plus tard, ce monde enfantin et absurde, surréel et symbolique, est resté le nôtre.

Avis personnel :

Alice au pays des merveilles, c’est pour moi avant tout un univers extraordinaire. J’ai vu il y a très longtemps le film d’animation de Walt Disney et plus récemment le film de Tim Burton. C’est donc une histoire que je connaissais déjà mais seulement par quelques morceaux. J’ai découvert avec plaisir l’histoire originale dans une LC avec Alexandra. Avant de commencer ma chronique, quelques mots sur l’édition Pocket. La couverture est magnifique – signée Xavier Collette, le prix est tout petit et le livre comporte en plus du texte une courte présentation de l’œuvre et une biographie de l’auteur. En ce qui concerne le texte, la traduction me semble plutôt fidèle et Berman a essayé de restituer au mieux les jeux de mots.

Lewis Carroll – de son vrai nom Charles Dodgson – a imaginé ce conte lors d’une promenade en barque. Il se trouvait en compagnie de quelques adultes et de trois petites filles dont Alice Liddell à qui il dédie ce petit livre. Les personnes présentes lors de cette promenade se retrouvent dans le récit à plusieurs reprises. Par exemple, l’auteur y figure sous les traits d’un dodo ce qui s’explique par son bégaiement lorsqu’il se présentait : « Do-Do-Dodgson ».

Les personnages sont nombreux et ne s’intéressent en général qu’à eux-mêmes. Il est plutôt difficile de s’attacher à eux ou de les détester, ce sont des personnages fonctionnels avec un rôle à jouer. Mais à part un réel personnage méchant avec la Reine de Cœur et sa réplique « Qu’on lui coupe la tête ! », les autres personnages sont plutôt neutres. Ils racontent juste leur histoire et ne se préoccupent guère des autres. Ainsi le Chapelier, le Loir et le Lièvre de Mars prennent le thé continuellement, effectuant jour après jour les mêmes actions. J’avais en tête la scène de non-anniversaire de Disney mais soit c’est une invention soit elle est présente dans la suite Through the Looking-Glass, and What Alice Found There. Il y a tout de même un personnage qui m’a marqué : le Chat du Cheshire au sourire si particulier, capable de disparaître et d’apparaître à volonté. Il guide souvent Alice dans cet étrange pays. C’est un personnage à la fois sage et fou et qui semble tout connaître. C’est lui-même qui dit : « Nous sommes tous fous ici. ».

L’héroïne, Alice, est une petite fille rêveuse et qui ne s’étonne de rien même devant les choses les plus extraordinaires (ah la magie de l’enfance !). Plutôt tête en l’air, elle se parle souvent à voix haute lorsqu’elle a des décisions à prendre. Elle tente de se montrer savante mais elle ne l’est pas vraiment. Pas très courageuse, elle pleure pour un rien au début du roman lorsqu’elle est toute seule. Mais au fur et à mesure des rencontres, elle prend de l’assurance quitte à contrarier les autres. Lorsqu’elle juge certaines situations dangereuses, elle n’hésite pas à se défendre (et à réfléchir un peu). Elle se montre aussi raisonnable quand il le faut mais toujours au dernier moment. Parfois polie mais ne respectant pas souvent les convenances, elle se heurte à ce monde inconnu.

Car, voyez-vous, tant de choses insolites s’étaient produites récemment qu’Alice commençait à penser que bien peu de choses en réalité étaient vraiment impossibles.

Malgré la date de l’œuvre (histoire imaginée en 1862), l’écriture n’est pas vieillie. Peut-être est-ce dû à la traduction… Ce conte en 12 chapitres offre un univers loufoque où peu de choses prennent sens. On est tout de suite plongé dans le récit, il n’y a pas d’ajout inutile. On va directeur au cœur des choses à chaque fois. Par contre, il y a beaucoup de récits/d’aventures qui ne se terminent pas (Alice passe subitement à autre chose) et c’est bien regrettable. L’auteur intervient parfois pour s’adresser au lecteur, cela est généralement notifié entre parenthèses. En ce qui concerne les jeux de mots, certains sont bien retranscrits mais ils n’y sont pas tous et d’autres perdent leur saveur. Il y a aussi des titres alambiqués dans la version française comme le chapitre 3 s’intitulant « Une course d’une clique et un conte en forme de queue » alors que la version originale donne « A caucus-race and a long tail ». J’ai aussi particulièrement apprécié toutes les parodies de poèmes populaires ou de textes moralisateurs. D’ailleurs, il ne faut pas s’étonner que les habitants du pays des merveilles connaissent tous ces textes alors que tout est farfelu. Les discours entre les personnages sont excellents et totalement absurdes. Par exemple, dans une discussion entre la Duchesse et Alice, la première pense que « Toute chose a une morale, si seulement on est capable de la trouver. » et en trouve une pour chaque chose qu’Alice dit.

« La morale de tout cela est : « Soyez ce que vous sembleriez être » …ou, si vous vouliez le formuler plus simplement… « Ne vous imaginez jamais ne pas être autrement que ce qu’il pourrait apparaître aux autres que ce que vous fûtes ou auriez pu être, ne serait pas autrement que ce que vous aviez été et leur serait apparu comme étant autrement. » »

Derrière ce texte, on peut lire de nombreuses choses. Deux m’ont particulièrement marquées. Lewis Carroll critique sans aucun doute le système scolaire ou l’apprentissage. Il y a de nombreuses références à l’école entre autre avec les parodies ou lors d’une discussion avec des jeux de mots sur les disciplines scolaires. L’autre élément qui ressort de cette histoire, c’est la question de l’identité. Alice ne sait plus qui elle est.

« Je crains de ne pouvoir expliquer qui je suis en ce moment », répliqua Alice. « Car, voyez-vous, je ne suis pas moi-même. »

Elle s’oppose à des personnages absurdes mais elle ne s’émerveille pas sur ce monde. Elle questionne les autres, elle s’interroge elle-même sur qui elle est réellement. Elle est piégée entre le rêve et la réalité. Le conte se termine un peu précipitamment – comme tout le récit mais n’est-ce pas un rêve ? – mais Alice chérira cette histoire.

« Qui suis-je, alors ? Dites-le moi – d’abord, et ensuite, s’il me plaît d’être cette personne, je remonterai ; sinon je resterai ici jusqu’à ce que je sois quelqu’un d’autre. »

En résumé :

Ce conte offre de belles aventures oniriques et poétiques. Les différents récits sont tous excellents et les situations bien qu’absurdes se savourent.

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Challenges : ABC Critiques Babelio, Je vide ma bibliothèque et Fin de série.

Et pour terminer, quelques questions posées par Alexandra même si nous avons discuté de ce petit livre au fur et à mesure.

Qu’évoquait pour toi Alice au pays des merveilles avant cette lecture ?
C’est un univers que j’imaginais comme loufoque, représenté par la boisson « Drink me » et la nourriture « Eat me » et quelques personnages clés : Alice, la Reine de Coeur, le Chat de Cheshire, le Lapin blanc et la Chenille.

De quel personnage t’es-tu sentie le plus proche ?
Aucun. Ce sont des personnages plutôt fonctionnels auxquels il est difficile de s’identifier.

Y a-t-il un moment particulier qui t’a marquée ?
Il y a beaucoup de moments que j’ai apprécié. Pour en citer un, ce serait celui où Alice se retrouve en compagnie du Griffon et de la Tortue-Façon-Tête de Veau (quel nom !). Ils discutent de tout et de rien, s’interrompent sans cesse mais il y a tout de même un récit. Il y a aussi des poèmes parodiés et la critique de l’enseignement avec les mots modifiés (reeling and writhing pour reading and writing par exemple).

Quel est l’enseignement (c’est-à-dire l’aspect « moral ») qui t’a le plus touchée ?
Le rêve est un monde à part, sans règle, où l’on vit des aventures sans fin.

Quelle serait une de tes citations préférées (elle peut t’avoir fait rire, pleurer ou elle peut t’avoir ému) ?
J’ai particulièrement aimé toutes les citations portant sur le questionnement de soi, sur son identité et elles sont bien nombreuses. J’ai aussi apprécié tous les jeux de mots et les situations absurdes dont celle du titre de ce billet.

Science-Fiction

« Le temps des explorations est revenu. »

Almoha ; Tome 1 : La muraille interdite de Serge Brussolo

Editions Milady – 442 Pages
Mai 2012 – 8 €
Série en deux tomes
Tome 2 : Le serment de feu à paraître

Quatrième de couverture :

Quelle est cette immense muraille qui coupe en deux le Royaume d’Almoha ?
Au nord règnent la famine, la boue, une pesanteur qui lamine les humains et les transforme en monstres pathétiques. Au sud, personne ne sait ce que dissimule le terrible rempart équatorial. Les légendes parlent d’un pays où tout n’est que richesse et beauté. Mais peut-on croire aux légendes ?
Nath, lui, vit au nord, sur la plaine boueuse. Entre les varans mangeurs d’hommes, la tyrannie des Sentinelles et les nuages pétrifiés, véritables icebergs volants qui s’abattent mortellement sur les cités, Nath se met en quête du paradis. Mais la muraille cache plus d’un secret… et plus d’une épouvante.

Avis personnel :

Serge Brussolo est un auteur français qui écrit depuis des années. Almoha est un univers qu’il a déjà exploré à plusieurs reprises dans Les sentinelles d’Almoha ou encore dans Sigrid et les mondes perdus qui sont deux séries destinées à la jeunesse. La version que j’ai pu découvrir grâce à la masse critique de Babelio n’est ni édulcorée ni incomplète, les éditions Milady ont choisi de publier une version fidèle aux manuscrits d’origine. Le ton est par ailleurs beaucoup plus adulte. La série sera un diptyque et ce premier tome comporte deux parties. La première partie présente l’univers particulier qu’est Almoha ainsi que les personnages principaux. Cela n’empêche pas le héros de vivre déjà de multiples aventures – ou mésaventures. Dans la deuxième partie, les protagonistes tentent d’atteindre la muraille et découvrent ce qu’il y a réellement derrière…

Nath n’avait aucune idée de ce qu’ils allaient devenir, ni de ce qu’il convenait de faire. Il songea qu’il aurait voulu être semblable à ces héros de roman qu’aucune catastrophe ne désoriente et qui disposent toujours d’un plan de rechange.

Almoha est une planète très différente de la Terre et pour que le lecteur la perçoive bien, l’auteur la compare souvent avec notre planète. Des décennies auparavant des colons en provenance de la Terre se sont installées sur Almoha. C’était au départ une planète au climat accueillant mais par la suite, elle a été victime d’une malédiction jetée par un sorcier exécuté. Comme ce sorcier condamné à l’écrasement par des pierres, la pesanteur écrase les gens. Il est impossible de s’élever dans les airs sans devenir fou puis mourir rapidement en raison du manque d’oxygène. Toutefois certaines potions existent mais seuls des chimistes/sorciers savent les préparer. La pesanteur a aussi affecté le climat : les nuages sont devenus durs et descendent sur les cités qu’ils rasent, la pluie se transforme en gravier, la terre est boueuse et il est difficile de trouver un sol sec. Du moins, c’est le côté Nord d’Almoha. Les deux hémisphères sont séparés par une muraille que peu de monde a vue et personne n’est revenu pour en témoigner. La légende dit qu’au Sud existe un paradis terrestre où l’on peut vivre et respirer librement.

Ce monde est peuplé d’étranges créatures comme des lézards qui se nourrissent de chair humaine. Il y a aussi les Têtes-Molles, ces humains qui se comportent comme des animaux. Des sorciers, des pirates, des démons, des fantômes, des aventuriers…que de monde ! Nath, le protagoniste, est un jeune homme qui a fui sa ville natale, Solterra, en quête de liberté. Finalement, après quelques mois, il retourne chez lui. Mais il est alors considéré comme un paria car il a cherché un ailleurs meilleur. Tout le monde est dans le même désespoir et personne ne peut tenter d’échapper à son destin misérable. Il lui est alors difficile de trouver un travail et un toit sans quoi il ne tiendra pas deux jours vivant. Courageux, il va se battre pour un avenir qu’il n’entrevoit pas. Les deux autres personnages importants sont Sigrid et Neb Orn. La première est une amie d’enfance de Nath, jeune femme forte et volontaire, elle n’a pas sa langue dans sa poche. Le héros fait la connaissance du second, harponneur de nuages, lors d’un voyage en bateau et ils vont se lier d’amitié. Homme d’âge moyen, il cache une certaine tendresse derrière son corps robuste.

J’ai été plongée dans l’histoire dès la première page, la lecture est plutôt rapide. La narration est dans un style courant tandis que différents types de registre (familier, courant, soutenu) sont présents dans les dialogues selon les personnages. Quantité de choses arrivent au héros et rares sont les bonnes nouvelles. Rien n’est épargné aux personnages : ils perdent des êtres chers, ils sont mutilés, ils souffrent…mais ils survivent. J’ai vraiment hâte de connaître la suite de leurs aventures !

En résumé :

Une série en deux tomes seulement où les héros vivent de nombreuses aventures et dont l’avenir semble bien incertain. Almoha est un univers particulier bien développé et aux possibilités infinies.

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