« Un salon de coiffure, question moralité, on peut trouver mieux. »

Maïté Coiffure de Marie-Aude Murail

Editions L’école des loisirs
Collection Medium – 178 Pages
Juin 2007 – 9,50 €

Quatrième de couverture :

Louis Feyrières doit faire un stage d’une semaine, comme tous les élèves de troisième. Où ? Il n’en sait rien. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’aime pas l’école et qu’il ne se sent bon à rien.
« J’ai ma coiffeuse qui prend des apprentis, dit Bonne-Maman, lors d’un repas de famille. Stagiaire, c’est presque pareil. »
Coiffeur ? C’est pour les ratés, les analphabètes, décrète M. Feyrières qui, lui, est chirurgien. Louis se tait. Souvent. Mais il observe. Tout le temps. Comme il n’a rien trouvé d’autre, il entre comme stagiaire chez Maïté Coiffure. Et le voilà qui se découvre ponctuel, travailleur, entreprenant, doué !
L’atmosphère de fièvre joyeuse, les conversations avec les clientes, les odeurs des laques et des colorants, le carillon de la porte, les petits soucis et les grands drames de Mme Maïté, Fifi, Clara et Garance, tout l’attire au salon. Il s’y sent bien, chez lui.
Dès le deuxième jour, Louis sait qu’il aura envie de rester plus d’une semaine chez Maïté Coiffure. Même si son père s’y oppose.

Avis personnel :

Ce livre de Marie-Aude Murail est encore une relecture et c’est toujours aussi plaisant. Le héros de cette histoire est un jeune garçon de troisième prénommé Louis. Il est plutôt timide, n’aime pas l’école et n’a que peu d’amis. Il effectue ce stage un peu par dépit, se moquant un peu de tout. Mais peu à peu la curiosité le pique. Il découvre un nouvel univers, une passion pour laquelle il est doué lui qui est sans cesse critiqué.

Les personnages de ce roman ont tous leurs propres soucis, on en sait parfois très peu sur eux mais suffisamment pour s’y attacher. L’univers du salon de coiffure est composé de personnages hétéroclites. Mme Maïté est une vieille femme n’ayant plus la joie de vivre, affectée par la perte de proches. Elle ne vit plus que pour son salon de coiffure et quelques instants de joie grâce à ses employés mais elle reste plongée dans la solitude. Clara est une jeune femme maltraitée par son copain qui a du mal à se sortir de cette situation. Fifi est jeune homme drôle, généreux mais qui cache lui aussi une blessure. Son histoire avec Manfred est rapidement abordée. J’ai particulièrement aimé le passage fort où il va enfin commencer à vivre. Un roman centré sur lui m’aurait plu mais comme ce n’est pas le personnage principal, il reste en retrait par rapport à Louis. Garance, l’apprentie, est une jeune fille qui n’aime pas étudier et a choisit la coiffure parce qu’elle ne savait pas quoi faire d’autre. Mais elle n’a pas réellement envie d’y être, arrive en retard, souhaite s’en échapper le plus tôt possible pour aller s’amuser. Le lecteur apprend à connaître brièvement ces personnages avec quelques morceaux de leur vie.

La famille de Louis est composée d’un père très autoritaire qui considère que les études sont ce qu’il y a de plus important. Les apparences sont très importantes pour lui. La citation du début de cette chronique est évidemment de lui. Sa femme, plutôt soumise, va peu à peu se réveiller et exprimer sa propre opinion. Louis a une jeune sœur, Floriane, ayant toute la fraîcheur et l’innocence de l’enfance. Et il y aussi Bonne-Maman, la grand-mère adorable. Louis devra affronter son père s’il souhaite faire de la coiffure son métier.

Les problèmes de l’orientation et de l’échec scolaire sont au cœur du roman. D’autres thèmes sont abordés tels que l’intolérance et les préjugés. M. Feyrières est un exemple type de l’homme qui a réussi et qui regarde le reste de la société comme un déchet. Marie-Aude Murail aborde ces questions avec simplicité et justesse. De plus, l’humour reste très présent. Le quotidien est décrit avec ses soucis et ses joies. J’ai aussi aimé la fin de ce roman qui est plutôt originale. Il ne s’agit pas d’une simple ouverture sur l’avenir mais en quelques mots, il est écrit ce que va devenir Louis ainsi que les autres personnages du roman.

En résumé :

Un roman très touchant sur le choix de son avenir.

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19 réflexions sur “« Un salon de coiffure, question moralité, on peut trouver mieux. »

  1. Ta chronique me donne envie de le relire :). C’était mon premier Murail et j’avais beaucoup aimé ! Je regrette d’avoir connu cette auteure que tardivement (vers 20 ans).

  2. C’est un des rares livres lus pour l’école dont je garde un excellent souvenir.
    A l’époque, je n’avais pas pu le lâcher et je l’avais lu en une soirée jusque 23h00 passé… Avec cet article, j’ai bien envie de le redécouvrir !

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