La fille de son père de Anne Berest

La fille de son père de Anne Berest

Editions Points – 145 Pages
Publication : Août 2011 – 6 €

Quatrième de couverture :

Dans le rétroviseur, Albert regarde ses trois petites filles rousses. Elles n’ont plus que lui au monde. Trente ans plus tard, trois jeunes femmes rousses se serrent sur la banquette arrière, en route pour un dîner d’anniversaire. Souvenirs, rancœurs et secrets ressurgissent : leur mère a aimé un autre homme… Toutes trois sont rousses, mais sont-elles sœurs ?

« On dit que la vérité est difficile à dire, mais c’est faux, la vérité, les gens s’empressent de vous la révéler. »

Avis personnel :

Tout d’abord, un grand merci aux éditions Points et à Livraddict pour ce partenariat.

Albert et Martine sont parents de trois adorables petites filles rousses. Un drame frappe cette famille lorsque la mère décède, la cadette étant alors âgée de six ans. Le père élève seul ses filles, leur prodiguant autant d’amour qu’il le peut. Toutefois la perte de leur mère restera toujours une blessure non cicatrisée pour ces trois petites filles aujourd’hui devenues adultes. Elles ne peuvent accepter Catherine, la compagne de leur père depuis des années maintenant. L’aînée, Irène, est une femme qui va fêter ses trente-huit ans, âge que n’a pu avoir sa mère. Fleuriste, mariée, mère de deux enfants, elle est celle qui est le plus posée mais aussi celle qui a le plus de mal à accepter la présence de Catherine. La benjamine, Charlotte, dit Charlie, est celle qu’on protège. Elle a su trouver sa place malgré avoir suivi partout et imité sa sœur cadette pendant toute son enfance. Cette dernière, notre narratrice, est un peu perdue dans ce monde qu’on voit à travers ses yeux. Il s’agit de son histoire personnelle qu’elle nous livre sans pudeur.

Le point fort de ce livre, c’est le style de l’auteur. Anne Berest signe ici son premier roman avec brio. La narration à la première personne permet de nous centrer sur le personnage de la cadette sans pour autant s’identifier à elle. Il n’y a pas de distance installée mais un léger écran permet de séparer facilement le lecteur de la narratrice. Elle évoque une partie de son histoire à travers plusieurs rencontres avec sa famille. Tout commence le jour de l’anniversaire d’Irène, en passant par la Toussaint, Noël et la Saint-Sylvestre. Autant de fêtes que de chapitres jusqu’à arriver au présent au dernier chapitre qui apporte la conclusion.

La conception du temps est un peu particulière dans ce roman. Présent, passé et futur se mélangent de telle façon que l’on a parfois du mal à savoir où se situer. Le roman est précédé d’un court prologue se situant dans le présent ainsi que le chapitre final. Les quatre autres chapitres sont au présent mais pourraient en fait se situer au passé. Et à l’intérieur de ces chapitres, la narratrice évoque ses souvenirs en utilisant des temps du passé. Le début s’explique par le dernier chapitre. Toutes les clés de compréhension sont données au fur et à mesure des différents chapitres et souvenirs de la narratrice. Le début est donc à mettre en lumière avec ce qui arrive. On le lit ainsi d’une autre façon. Il est plutôt révélateur de ce qui va suivre sans qu’on sache réellement les événements qui vont arriver. Ainsi, un extrait dans la première page :

Pour la deuxième fois de ma vie, je me retrouve dans l’embarrassante situation d’assister à un enterrement auquel personne ne m’a conviée.
La première fois c’était il y a dix ans, pour l’enterrement du père de mon enfant.
La deuxième fois aujourd’hui, pour l’enterrement de mon propre père.

Les événements ne sont pas le sujet essentiel de ce livre. Il s’agit d’un roman qui porte sur la famille et sur les relations humaines. La narratrice évoque son monde et le récit est ainsi très subjectif. De graves sujets sont abordés tels la mort, le deuil, la paternité, la fraternité, etc. Ce qui compte, c’est le ressenti de notre narratrice. Avec cynisme, elle décrit les drames qui lui sont arrivés mais on sent aussi l’amour qui est présent. On s’attache à cette femme et à sa quête. Et finalement, à la fin de ce roman très court, la narratrice sera apaisée. Son histoire nous laissera une impression fugace de sérénité.

En résumé :

Ce roman nous livre le portrait d’une famille à travers les émotions d’une narratrice souvent dans sa bulle, entrevoyant un monde froid autour d’elle, mais toutefois rempli de sentiments.

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