Contemporain

Je vais bien, ne t’en fais pas de Olivier Adam

Je vais bien, ne t’en fais pas de Olivier Adam

Editions Pocket – 156 Pages

Quatrième de couverture :

Une autre lettre de Loïc. Elles sont rares. Quelques phrases griffonnées sur un papier. Il va bien. Il n’a pas pardonné. Il ne rentrera pas. Il l’aime. Rien d’autre. Rien sur son départ précipité. Deux ans déjà qu’il est parti. Peu après que Claire a obtenu son bac. A son retour de vacances, il n’était plus là. Son frère avait disparu, sans raison. Sans un mot d’explication. Claire croit du bout des lèvres à une dispute entre Loïc et son père. Demain, elle quittera son poste de caissière au supermarché et se rendra à Portbail. C’est de là-bas que la lettre a été postée. Claire dispose d’une semaine de congé pour retrouver Loïc. Lui parler. Comprendre.

Avis personnel :

Un petit livre, très court, qui se lit rapidement. Mais un livre bouleversant. 156 pages avalées, défilant aussi rapidement que les courses à la caisse. Le livre pourrait se résumer à un seul nom : Claire. Le récit se questionne sur cette jeune femme et comment elle survit à la disparition de son frère. Elle ne peut affronter la vie seule, sans Loïc qui savait toujours ce qu’il fallait faire. Elle reçoit une carte postale de son frère, postée de Portbail. Peut-être y est-il encore ? Alors, elle s’y rend, se lançant à sa poursuite. Et nous suivons le parcours de Claire, à travers son passé heureux, son présent où elle tâche de vivre et son futur guère envisagé. Pourtant, sa famille est présente pour elle. Comme d’autres personnes. Là pour la soutenir, là pour l’aider à avancer. Et à accepter l’inévitable.

Le style pourra rebuter certaines personnes mais je trouve qu’il colle parfaitement au livre et à la personnalité de Claire. Les chapitres sont très brefs, ne dépassant généralement pas les deux pages. Les phrases sont courtes, s’enchaînant les unes à la suite des autres. Pas de paragraphe bien régulier, mais des blocs de phrases. Cela suscite un rythme prenant, participant aux émotions diffusées. Il y a aussi beaucoup de descriptions et d’énumérations, comme la liste des courses. Certains passages un peu crus m’ont un peu gêné mais ils montrent à la détresse de Claire.

Les sentiments sont bien retranscrits et la lecture du livre nous fait ressentir beaucoup d’émotions. Il y a de nombreux non-dits, mais on lit facilement entre les lignes. Ces chapitres courts, ces phrases brèves, ces descriptions continuelles, cette retenue, participent au portrait qui est brossé de Claire. La fin est un peu précipitée mais elle correspond parfaitement au roman. L’intérêt se porte tout le long du roman sur Claire et cette fin nous offre un certain espoir.

En résumé :

Un livre émouvant, où le portrait de Claire nous est dessiné. Un style très personnel s’alliant parfaitement à la personnalité fragile de l’héroïne.

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Extrait :

Quand elle entre dans l’eau, c’est très doux. Tout s’efface. Son cerveau se vide, récuré à la Javel, ressoudé au chlore. Elle aligne les longueurs en les comptant. Un type nage tout près d’elle, la suit. Elle nage trop vite pour lui. Il décroche. Quand elle sort de l’eau, on voit bien qu’elle est très belle, très fragile. Elle enlève son bonnet, secoue doucement la tête. Elle a quand même un petit air un peu triste.