Jeunesse

Le Monde de Narnia ; Tome 1 : Le Neveu du magicien de C.S. Lewis

Le Monde de Narnia ; Tome 1 : Le Neveu du magicien de C.S. Lewis

Editions Gallimard

L’auteur :

Clive Staples Lewis, plus connu sous le nom de C. S. Lewis, né à Belfast le 29 novembre 1898 et mort à Oxford le 22 novembre 1963, est un écrivain et universitaire irlandais. Il est connu pour ses travaux sur la littérature médiévale, ses ouvrages de critique littéraire et d’apologétique du christianisme.

Plus d’informations sur Wikipédia.

Avis personnel :

Comme beaucoup de monde, je ne connaissais Le Monde de Narnia qu’à travers les films. Possédant l’intégrale, lorsque Harmony a organisé une LC sur Livraddict, je me suis lancée dans cette aventure pour connaître la véritable histoire de Narnia. Ce premier tome est en réalité une préquelle. En effet, les livres ont été publiés selon l’ordre suivant :
Le Lion, la Sorcière Blanche et l’Armoire magique, tome 2 en 1950
Le Prince Caspian, tome 4 en 1951
L’Odyssée du Passeur d’Aurore, tome 5 en 1952
Le Fauteuil d’argent, tome 6 en 1953
Le Cheval et son écuyer, tome 3 en 1954
Le Neveu du magicien, tome 1 en 1955
– La Dernière Bataille, tome 7 en 1956
Pas de Lucy, Edmund, Susan ou Peter mais place à Digory et Polly, deux jeunes enfants très curieux.

Ce tome raconte la création du monde de Narnia. Création pouvant se définir au sens religieux du terme, avec un dieu unique en la personne d’Aslan. De nombreux thèmes religieux sont abordés dans les tomes suivants mais je n’expliciterai pas plus ce sujet là. Même s’il est empreint de religion, on peut facilement oublier ce côté-là.

Digory et Polly, voisins, deviennent rapidement amis. Comme des enfants de leur âge, ils explorent les alentours tout en s’amusant. Ils découvrent un passage secret et tombent sur Andrew, l’oncle un peu fou de Digory. L’oncle Andrew, être fourbe et froussard, envoie les enfants à sa place pour découvrir d’autres mondes. Voici Digory et Polly lancés dans de nombreuses aventures. Ils rencontreront une sorcière, femme très grande, belle mais aussi très froide et cruelle…et oui, notre fameuse Sorcière Blanche ! Après diverses péripéties, ils arriveront bien vite dans un nouveau monde qui est en train de naître : Narnia. Ils feront aussi la connaissance d’Aslan, le créateur et protecteur de ce monde.

L’histoire est enfantine, le public visé est clairement celui de la jeunesse. Le livre se lit rapidement. La lecture est généralement agréable mais parfois un peu ennuyante. Dans mon édition, il y a de nombreuses illustrations réalisées par Pauline Baynes en tête de chaque chapitre qui donnent un aperçu de la scène. Les chapitres, nombreux, sont très courts et permettent de prendre une pause. Choix assez judicieux, la lecture étant parfois légèrement lourde. Le style de l’auteur est simple, parfois un peu trop vieux pour notre époque (une remarque avec l’aspirateur Hoover par exemple). Il y a ainsi beaucoup de réflexions moralisatrices. J’ai plusieurs fois pensé à James Barrie (auteur de Peter Pan), à cette façon d’interpeller le lecteur, de lui donner des leçons et de le rendre impuissant. Simple spectateur d’une histoire dont il doit tirer des enseignements.

Livre destiné à la jeunesse, il n’y a malheureusement que peu d’aventures. Digory et Polly arrivent rapidement dans le monde de Narnia. Découvrir d’autres mondes aurait pu être très enrichissant mais la création de Narnia prend une très grande part dans le roman. De plus, les personnages ne sont que très peu développés et sont difficilement rendus attachants. Ils sont curieux mais l’auteur les utilise, tout comme de nombreux commentaires dans le récit, pour donner des leçons.

En résumé :

Un premier tome racontant l’histoire de Narnia, avec de nombreuses descriptions intéressantes mais un style parfois trop simple et moralisateur. Je conseille plutôt cette lecture aux jeunes enfants qui pourront y voir un monde magique.

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Lecture Commune : Vous pouvez retrouver l’avis de mes co-lecteurs en cliquant sur leurs noms : Harmony, Sunflo, bebere, ptitelfe, comicboy, Frankie, Simi, Felina, TheChouille, Kactusss.

Challenge : Participation au challenge Magie et Sorcellerie Littéraires.

Contemporain

Je vais bien, ne t’en fais pas de Olivier Adam

Je vais bien, ne t’en fais pas de Olivier Adam

Editions Pocket – 156 Pages

Quatrième de couverture :

Une autre lettre de Loïc. Elles sont rares. Quelques phrases griffonnées sur un papier. Il va bien. Il n’a pas pardonné. Il ne rentrera pas. Il l’aime. Rien d’autre. Rien sur son départ précipité. Deux ans déjà qu’il est parti. Peu après que Claire a obtenu son bac. A son retour de vacances, il n’était plus là. Son frère avait disparu, sans raison. Sans un mot d’explication. Claire croit du bout des lèvres à une dispute entre Loïc et son père. Demain, elle quittera son poste de caissière au supermarché et se rendra à Portbail. C’est de là-bas que la lettre a été postée. Claire dispose d’une semaine de congé pour retrouver Loïc. Lui parler. Comprendre.

Avis personnel :

Un petit livre, très court, qui se lit rapidement. Mais un livre bouleversant. 156 pages avalées, défilant aussi rapidement que les courses à la caisse. Le livre pourrait se résumer à un seul nom : Claire. Le récit se questionne sur cette jeune femme et comment elle survit à la disparition de son frère. Elle ne peut affronter la vie seule, sans Loïc qui savait toujours ce qu’il fallait faire. Elle reçoit une carte postale de son frère, postée de Portbail. Peut-être y est-il encore ? Alors, elle s’y rend, se lançant à sa poursuite. Et nous suivons le parcours de Claire, à travers son passé heureux, son présent où elle tâche de vivre et son futur guère envisagé. Pourtant, sa famille est présente pour elle. Comme d’autres personnes. Là pour la soutenir, là pour l’aider à avancer. Et à accepter l’inévitable.

Le style pourra rebuter certaines personnes mais je trouve qu’il colle parfaitement au livre et à la personnalité de Claire. Les chapitres sont très brefs, ne dépassant généralement pas les deux pages. Les phrases sont courtes, s’enchaînant les unes à la suite des autres. Pas de paragraphe bien régulier, mais des blocs de phrases. Cela suscite un rythme prenant, participant aux émotions diffusées. Il y a aussi beaucoup de descriptions et d’énumérations, comme la liste des courses. Certains passages un peu crus m’ont un peu gêné mais ils montrent à la détresse de Claire.

Les sentiments sont bien retranscrits et la lecture du livre nous fait ressentir beaucoup d’émotions. Il y a de nombreux non-dits, mais on lit facilement entre les lignes. Ces chapitres courts, ces phrases brèves, ces descriptions continuelles, cette retenue, participent au portrait qui est brossé de Claire. La fin est un peu précipitée mais elle correspond parfaitement au roman. L’intérêt se porte tout le long du roman sur Claire et cette fin nous offre un certain espoir.

En résumé :

Un livre émouvant, où le portrait de Claire nous est dessiné. Un style très personnel s’alliant parfaitement à la personnalité fragile de l’héroïne.

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Extrait :

Quand elle entre dans l’eau, c’est très doux. Tout s’efface. Son cerveau se vide, récuré à la Javel, ressoudé au chlore. Elle aligne les longueurs en les comptant. Un type nage tout près d’elle, la suit. Elle nage trop vite pour lui. Il décroche. Quand elle sort de l’eau, on voit bien qu’elle est très belle, très fragile. Elle enlève son bonnet, secoue doucement la tête. Elle a quand même un petit air un peu triste.

Contemporain

Les tribulations d’une caissière de Anna Sam

Les tribulations d’une caissière de Anna Sam

Editions France Loisirs – 205 Pages

Quatrième de couverture :

Que voit-on du monde et des gens quand on les voit du point de vue d’une caissière de grande surface ? Que sait-elle de nous en voyant ce que nous achetons, ce que nous disons, les questions que nous posons ?

Le passage en caisse est en réalité un moment très particulier. À tort, nous pensons que tout est neutre dans cette opération et nous ne nous surveillons pas. La caissière est pour nous un regard aveugle, à la limite elle est elle-même une machine. Nous nous montrons donc comme nous sommes. Et lorsque la caissière s’appelle Anna Sam, qu’elle est titulaire d’une licence de lettres et qu’elle n’a pas les yeux dans la poche de sa blouse, elle saisit sur le vif nos petits mensonges, nos petites lâchetés, nos habitudes plus ou moins bizarres, et elle en fait un livre qui ne ressemble à aucun autre.

Avis personnel :

Anna Sam, diplômée d’une licence littéraire, a travaillée pendant huit ans en tant que caissière. En premier lieu pour financer ses études et puis par la suite, ne trouvant pas d’emploi correspondant à son parcours, elle l’est restée. Derrière une caisse, on voit beaucoup de monde. Les rencontres sont fugaces mais certains clients restent en mémoire. Des comportements se répètent assez souvent et Anna Sam nous livre de nombreuses anecdotes, pas toujours roses, sur sa vie derrière la caisse.

Il n’y a rien de réellement surprenant. Malgré des situations que l’on n’aimerait pas vivre – certains clients semblent vraiment pénibles, il n’y a pas de surprise. Un thème est présenté par chapitre et les anecdotes s’enchaînent les unes à la suite des autres. Si les premières sont agréables à découvrir, le style répétitif devient lassant. Il n’y a aucun lien entre les différents chapitres, les anecdotes étant tirées des billets de blog de l’auteur. Une reconstruction pour donner un fil directeur à un récit aurait pu donner un plus grand intérêt à ce livre. De plus, on ne voit que l’aspect négatif avec des clients désagréables mais il n’est jamais question des clients sympathiques ou tout simplement polis.

Le style du livre est léger. L’écriture est simple, l’auteur nous prend à parti. Anna Sam décrit des situations que l’on imagine assez bien. On passe un bon moment mais on ne s’y attardera pas plus que ça. Le style redondant peut aussi agacer. Beaucoup d’anecdotes prêtent à sourire mais pas plus. C’est plutôt un témoignage d’un certain aspect de la vie de caissière et une réflexion amorcée sur la société de consommation. C’est un livre qui peut se lire même si on n’a pas travaillé en tant qu’hôte de caisse. Ces personnes-ci pourront certainement retrouver certains comportements types et les autres pourront découvrir ce métier.

En résumé :

Un livre agréable pour passer un moment de détente. Il ne laissera toutefois pas une forte impression.

Lien : Blog de l’auteur

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Extrait :

Le regard que posent les enfants sur le monde est plein de perspicacité, de candeur, de poésie, de tendresse… Ainsi l’émotion vous étreindra quand vous entendrez :

Le petit Richard (sept ans) vous demande, après avoir observé attentivement votre caisse :
– Il est où ton lit ?

Le petit Nicolas (neuf ans) :
– Et à moi, tu m’en donnes des sous ?
Parce que vous avez rendu la monnaie à sa mère.

Epistolaire

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer

Editions Le Livre de Poche – 348 Pages
Traduction par Anne-Sophie Anglaret

Quatrième de couverture :

Un homme et une femme.
Ils ne se connaissent pas mais échangent des mails. Jusqu’à devenir accros. Jusqu’à ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre, sans se rencontrer pour autant…
Savoureuse et captivante, cette comédie de mœurs explore avec finesse et humour la naissance du sentiment amoureux.

Avis personnel :

Quand souffle le vent du nord est un titre qui a fait parler de lui dernièrement sur la blogosphère ! J’étais très curieuse de le découvrir et je remercie Babelio qui l’a proposé dans le cadre de son opération de Masse Critique ainsi que l’éditeur Le Livre de Poche.

La première chose qui m’avait attiré dans ce livre était le titre. Je le trouve très poétique et il correspond bien à l’ambiance du roman. Il est traduit de l’allemand Gut gegen Nordwind. La quatrième de couverture résume bien l’intrigue. Tout au long du roman, le lecteur se demande si les deux protagonistes vont se rencontrer et si cela sera la fin de leur histoire.

Le roman est uniquement composé de mails, plus ou moins longs mais ceux-ci tiennent généralement sur une page. On est directement embarqué dans une succession rapide de ces mails. On vit en même temps qu’eux leur histoire et c’est un des points forts de ce livre. Lorsque quelques jours se passent entre les mails, on est impatient de connaître la suite. Et lorsque quelques secondes séparent deux mails, on est tellement plongé dans l’histoire qu’on trépigne d’impatience en attendant les mails. Une seule date est donnée, au début du roman, lorsque la correspondance commence. Par la suite, seules des indications de jours, heures, minutes ou secondes sont précisées. Cela crée un espace où le monde extérieur est oublié, rendu encore plus intime par un échange entre deux personnages.

J’ai commencé ce livre avec des espoirs assez hauts vu les critiques élogieuses que j’avais lues. Je m’attendais à quelque chose rempli d’émotion et j’ai été un peu déçue. Cela reste tout de même une lecture très agréable que je ne regrette pas. Le problème essentiel et non des moindres est que je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Ce qui est fatidique pour un roman épistolaire entre deux personnages reliés par une histoire d’amour. De plus, leur relation est assez malsaine. Emmi est « mariée et heureuse » comme elle le dit elle-même mais ne vit plus qu’à travers les mails de Leo. Emmi est agaçante, à toujours vouloir tout contrôler. Leo m’a davantage plu, il est plus réfléchi et sensible.

Nous suivons Leo et Emmi au fil de leurs discussions. Ils apprennent à se connaître en même temps que nous les découvrons. Si au début il s’agit d’échanges sarcastiques, la conversation devient rapidement plus tendre. Ils ne peuvent plus se passer l’un de l’autre mais ne se connaissent pourtant pas. Ils ont une image idéalisée de l’autre et ont peur d’être déçus s’ils se rencontrent enfin. Ils repoussent inévitablement cette rencontre qui sera la fin de leur échange épistolaire. Ils ne veulent pas se perdre.

J’ai été surprise par la fin. Je ne m’attendais pas du tout à ça. J’avoue avoir été déçue en la lisant mais en y repensant, elle va parfaitement à la relation qu’entretient Leo et Emmi. L’auteur n’avait pas pensé écrire de suite mais des lecteurs ont réagi, n’acceptant pas cette fin-ci. Bien que ce roman me laisse un avis mitigé, je lirai la suite nommée La septième vague.

C’est un roman vibrant d’émotions. Que l’on s’attache ou non aux personnages, leur caractère se fait ressentir à travers leurs mails. Le style de l’auteur est aussi très agréable. Le vocabulaire est généralement courant mais quelques mails sont vraiment superbes, très touchants.

En résumé :

Un livre très agréable, avec beaucoup de sentiments.

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