Le chant du troll de Pierre Bottero et Gilles Francescano

Le chant du troll de Pierre Bottero et Gilles Francescano

Editions Rageot – 187 Pages

Quatrième de couverture :

- Psssst ! Es-ce que tu es prête ?
– Je ne sais pas de quoi tu parles. Prête pour quoi ?
– Le basculement a débuté…

Pierre Bottero :

Pyair Bohtairo est né sous une tente de la cité de toile des barbares de l’Ouest alors que la treizième lune chaude était à son apogée.
Enfant, il a couru la steppe avec le clan de Hulm, obtenant sa première sagaie à douze ans et l’arc spirite à quinze. Sans être dignes de figurer dans le Grand Livre des Légendes, son pas était suffisamment léger et ses lancers assez précis pour que son destin semble tracé mais, contre toute attente, sa rencontre avec Branan le scribe l’a écarté de l’arbre des chasseurs.
On dit qu’il habite aujourd’hui une paisible cabane de rondins, là-bas, au bout du chemin. Une fée grignoteuse de rêves lui rend parfois visite mais ses deux amis sont le silence et un troll. Il parle avec l’un et boit de la liqueur de framboises avec l’autre. Il écrit aussi. Quand les feuilles des rougeoyeurs dansent dans la lumière.

Gilles Francescano :

Gilles Francescano est né en 1966 à Nice. Après une enfance entre la mer et la ville, Stephen King, Theodore Sturgeon, Tolkien et les pochettes de disques l’amènent à traduire son amour de la lecture. Depuis, ses images qui mêlent la science-fiction, la poésie et le fantastique ornent les couvertures de romans, de jeux informatiques ou de films vidéo.
Il vit aujourd’hui dans la Drôme où il se consacre à l’illustration, à divers projets allant de la bande dessinée au livre illustré et… à la course à pied !

Avis personnel :

Ce roman graphique est une pure merveille. Pierre Bottero nous livre un texte très poétique superbement illustré par Gilles Francescano. Pour ce qui est de l’histoire, Léna, petite fille très discrète, assiste au changement de sa ville. Sa vie n’est pas idyllique : ses parents se disputent, ses camarades de classe ne l’entendent pas ; elle semble invisible aux yeux des autres. Pourtant, elle seule remarque les différents êtes qui surgissent. Elle va voir le ciel se parer de couleurs très éclatantes mais lorsque la nuit approche, le noir remplace ces couleurs, envahissant aussi la ville… Une menace non identifiée plane autour de Léna. Finalement, après quelques péripéties, lorsqu’elle sort de chez elle pour se rendre à l’école, elle se rend compte que la nature a pris le pas sur la modernité. Les bâtiments sont éventrés, les panneaux publicitaires sont attaqués par les plantes sauvages et un parcmètre semble bien seul à côté d’un lac.

Léna rencontre un Sprite, Burph, et un Elfe, Sil, qui vont lui expliquer ce qu’il se passe. Il y a les Réels, autrement dit les humains sur Terre, et les Imaginaires, peuples de toutes races qui vivent dans différents mondes. Il arrive de temps à autre, lors d’un basculement, que ces peuples se rejoignent pour combattre face à la Nuit. Celle-ci emploie des créatures néfastes à son service tandis que les guerriers se battent pour le Jour et la paix. Léna se sent perdue et ne conçoit pas pourquoi elle seule doit rallier tous ces peuples. Elle rencontrera un Troll qu’elle nommera Doudou, comme une évidence. Tous les deux sont liés, depuis toujours et à jamais. Grâce au courage qu’elle puise en lui, elle comprendra peu à peu quelle est sa tâche dans cette bataille.

Léna combat vaillamment sa peur, grâce à une comptine qu’elle fredonne dès que le mal surgit.

Un, deux, trois,
Trois à trois,
Toi et moi.
Un, deux, trois,
Toi et moi,
ça fait deux,
Qui est trois ?
C’est toi !

Ce livre est destiné à un public très jeune pourtant le ton est loin d’être enfantin. En effet, des sujets sérieux sont abordés et le vocabulaire employé est riche. Un adulte n’aura aucun mal à comprendre dès le début les aboutissements de l’histoire tandis qu’un enfant pourra ne pas tout avoir compris au final. Malgré le manque de suspense pour un lecteur averti, la lecture reste néanmoins très touchante. On sait dès les premières pages ce qu’il se passe et la menace prend réellement effet dès que l’on connaît le nom de l’ennemi.

Le monde de Gwendalavir, d’où est originaire Ewilan (La Quête d’Ewilan, Les Mondes d’Ewilan), est représenté dans ce livre. Les personnages, principaux ou figurants, sont aperçus dans d’autres œuvres de Pierre Bottero. Toute une galerie de créatures, bienveillantes ou malfaisantes, est représentée. Nous avons ainsi des Raïs, des Goules, des Ts’lichs, des Faëls ainsi que des créatures plus folkloriques comme les Nains, les Elfes et les Centaures. Un petit défaut de ce livre est que les personnages sont très peu approfondis. Toutefois, ce n’est guère dérangeant puisque ce n’est pas le but de ce livre. Ce qui importe, c’est le pouvoir des mots. Les émotions en surgissent et perdurent tout au long de ce récit enchanteur.

Les mots sont très poétiques, simples mais remplis de douceur. La narration et les dialogues se mêlent à des poèmes descriptifs pour un résultat ensorcelant. Tout est manié parfaitement, les textes se parent de couleurs et les mots transmettent des images au même titre que les dessins. Certains mots attirent par leurs majuscules, renforçant l’impression d’un espace à part où tout est train de se jouer. Le texte est complété parfaitement par de magnifiques dessins. Ceux-ci sont colorés, parfois en noirs et blancs. J’aime beaucoup le style graphique de Gilles Francescano, surtout pour les paysages qui sont vraiment merveilleux. On ne se lasse pas d’admirer chaque page. J’apprécie surtout les petites touches de couleurs pour représenter les fleurs ainsi que le ciel. J’aime moins la représentation des personnages mais c’est subjectif. Le trait est totalement maîtrisé. Des panoramas sont représentés dans une triple page permettant de contempler encore mieux la scène.

C’est un ouvrage plein de sentiments. La tristesse latente s’annonce doucement et explose quand la vérité sort de la bouche de Léna. Cela se lit d’une traite tout en portant attention à chaque mot, à chaque dessin. Tout est présenté en délicatesse. Il y a de la profondeur, tout n’est pas dit mais on cela se ressent quand même. Les mots sont choisis avec une extrême justesse. Tout simplement merveilleux.

En résumé :

Un roman graphique magnifique. La plume poétique de Pierre Bottero s’allie parfaitement aux magnifiques dessins de Gilles Francescano pour livrer un livre plein de tristesse et de beauté.

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14 réflexions sur “Le chant du troll de Pierre Bottero et Gilles Francescano

    • Absolument est bien le mot ! Cet auteur a vraiment un imaginaire débordant et son écriture est très belle.
      Je t’encourage à commencer par La quête d’Ewilan même si ce livre-ci peut se lire indépendamment.

  1. Bonjour, je suis une grande adepte de cet auteur. J’ai lu les 3 trilogies (Ewilan et Ellana) ainsi que Les Âmes Croisées; Mais j’avoue ne pas avoir lu celui-ci; Une amie m’en a dit du bien. Par manque d’argent, je ne peux pas encore l’acheter mais vu ce que tu en dis je meurs d’envie de le lire. Je voudrais juste savoir si c’est un ouvrage à prendre que dans le sens d’un univers fantastique ou si il diffère de ce que l’auteur a déjà écrit ? Désolée du dérangement =)

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